Dans tous les domaines, nous sommes débutants et nous tombons dans les pièges.
Si de nombreux projets n’aboutissent pas, il en est d’autres qui n’avaient d’autre vocation que de se faire créer un modèle pour
l’exploiter à moindre coût.
Nous sommes contactés par de nouveaux clients qui demandent la réalisation d’un prototype en précisant que si nous réussissons, il
nous faudra réaliser d’énormes quantités du produit pendant de nombreuses années. Impressionnés par cette perspective, ne voulant pas paraître mesquins, nous ne faisons pas payer le
travail.
Pourtant, Mick consacre de nombreuses heures à leur réalisation. Il fait preuve d’imagination afin d’améliorer l’idée originale. De
son côté le client demande de nombreuses modifications.
Comme il n’a pas le temps dans la journée, c’est la nuit, souvent très tard, qu’il travaille. Quand l’image ne suffit pas, nous
envoyons les modèles, à nos frais, bien entendu.
Après l’accord final, le client ne manque jamais de nous faire savoir qu’il est très satisfait et qu’il va maintenant soumettre le
modèle à son client…
Curieusement, en quatre années, nous n’avons jamais obtenu une seule de ces fameuses grandes séries.
C’est en évoquant un jour notre déception auprès d’autres chefs d’entreprises que nous avons eu confirmation de ce que nous
soupçonnions déjà et compris à quel point nous avions été naïfs.
Pendant que nous faisions des plans pour acheter du matériel et embaucher une personne supplémentaire pour faire face aux mirifiques
commandes, nos prototypes étaient déjà exploités en Asie et les pièces fabriquées en multiples exemplaires pour un prix dérisoire.
Bien entendu nous ne sommes pas les seuls à être tombés dans le piège, toutes les entreprises y sont tombées au moins une
fois.
Si le proto est gratuit, c’est encore mieux mais les entreprises sont prêtes à payer, même cher, sachant que le modèle sera d’un
profit considérable.
Nous réalisons toujours des prototypes mais nous les faisons payer. Mick se fait plaisir en utilisant son sens créatif.
Secrètement, nous espérons toujours un peu qu’une de ces belles commandes finira par tomber…
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