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Pourquoi ce blog ?

 
 

Pour parler ! pour dire enfin ce que tout le monde me conseille de taire.

« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… » s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir.

 


Le début de mon histoire...

 

 

 Avertissement : J'ai enfin fini la reprise de mes anciens articles. Je peux donc continuer mon blog...

J'ai créé une catégorie  supplémentaire :

La médecine et moi : Une rubrique indépendante dans laquelle je parle de mes relations conflictuelles avec la médecine et de ma façon parfois "spéciale" de soigner.

 

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Dans la jolie maison que nous louons et dont nous avons racheté tout le mobilier se cache un hôte inattendu.
Nous avons aménagé alors que les locataires précédents étaient encore présents Dès les premiers jours je sens une « présence » dans la maison. Quand j’entre dans une pièce je vois les rideaux bouger alors que tout est fermé. Quand je lis dans le séjour et que je lève la tête je peux suivre le mouvement des rideaux devant les deux grandes baies vitrées comme si « quelqu’un » longeait le mur. Ne trouvant aucune explication logique à ces mouvements, je les oublie bien vite.
 
Presque chaque soir, alors que nous regardons des cassettes dans ma chambre je demande à Rosalie d’aller éteindre la lumière dans sa salle de bain puisque c’est elle qui l’a utilisée la dernière. Un jour, elle se fâche : elle en a marre d’aller éteindre alors qu’elle est certaine de l’avoir déjà fait en sortant… elle n’y peut rien si la lumière se rallume seule…
 
Les enfants et moi restons à nous regarder. Il est clair que nous avions tous vu des choses anormales mais que personne n’osait en parler. Chacun raconte :
- Moi, les rideaux qui bougent,
- Rosalie, le miroir fixé dans la salle de bain qui vibre très fort, s’arrête puis recommence. Elle aussi voit les rideaux bouger,
- Miguel le couvercle des toilettes qui vibre comme le miroir et qui parfois se rabat seul… il voit les rideaux bouger.
 
Je plaisante, il y a forcément une explication logique. Un souffle d’air que l’on ne sent pas, les vibrations d’un climatiseur ou de la machine à laver… nous allons résoudre ce mystère. 
Quand Rosalie entend le miroir vibrer, nous coupons l’électricité au compteur. Nous attendons derrière la porte, le miroir continue à vibrer, puis s’arrête, puis repart…. Dehors, rien ne peut provoquer de vibrations : pas d’avion, pas d’engin et pas de camion : le silence est presque total.
 
Je parle des vibrations (surtout pas des rideaux qui bougent) à des amis. Tous disent « il doit y avoir une explication » mais sont bien incapables d’en donner une.
 
J’interroge discrètement la bonne qui dit que l’autre Madame (l'ancienne locataire) faisait « parler » la table. 
Une invitée voit la fameuse table et dit qu’elle s’est déjà livrée à ce genre d’exercice. Je lui demande de venir voir ce qu’il se passe dans la salle de bain. Quand elle pose la main sur la poignée pour entrer le miroir vole en éclats. Elle est prise de panique, dit qu’il y a là un mauvais esprit qui a été appelé par l’ancienne locataire et elle part.
 
Nous sommes inquiets et continuons à subir les manifestations jusqu’à ce que je rencontre une personne qui m’explique que l’esprit, appelé par l’ancienne locataire se sent abandonné et ne sait où aller. 
Pour s’en débarrasser, il suffisait de lui dire de partir.
Au risque de passer pour des fous c’est ce que nous avons fait pendant quelques jours, chaque fois qu’il se manifestait… 
            et il est parti…
                              du moins les manifestations ont cessé.

De nombreuses années se sont écoulées depuis ces événements et je sais maintenant que nous avons été victimes d'une allucination collective que nous avons alimentée et emplifiée comme les enfants qui ont peur du noir et qui voient des ombres partout. 

Une chose reste certaine : nous avons eu une très grande peur !  




 

 

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Dimanche 30 avril 2006
publié dans : AUTRES
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Miguel ne veut plus aller à l’école. Il ne progresse pas, redoublant, il se trouve avec des élèves plus jeunes ce qui n’est pas fait pour le faire rattraper son retard de maturité.
Il se sent amoindri et je perçois un désespoir grandissant. Il est temps de le déscolariser si je ne veux pas qu’il commette l’irréparable.
C’est un garçon courageux et plein de ressources. Le matin il part avec Boris et l’aide à livrer les légumes. Ainsi Boris a plus de temps pour prospecter et proposer son projet de haricots verts.
L’après-midi Miguel travaille dans un magasin d’aquariophile, il n’est pas payé mais il peut obtenir du matériel gratuitement en compensation de son aide. A la maison, il fait de l’élevage de poissons qu’il vend pour se faire de l’argent de poche.

Pendant ce temps, Rosalie vit dans son monde, la mine continuellement renfrognée. Elle se montre agressive envers nous, douce et timide envers les autres. Elle affiche une attitude indifférente et distante. J’essaie régulièrement de communiquer mais sans succès : elle reste obstinément muette. 
Nous pensons que c’est l’adolescence.

Après de multiples refus, Boris rencontre enfin un groupe international qui est intéressé par le projet d’exportation de produits frais. Ce groupe, séduit  par les promesses démesurées de Boris voit les choses en grand, en très grand même…

Au cours d’un dîner les projets " personnels " sont exposés :
Le groupe va acheter un avion russe réformé pour transporter les haricots.
Ils vont aussi construire un centre de conditionnement sur une colline isolée au pied de laquelle il y aura une cité où vivront tous les collaborateurs et leur famille. On fera une grande piscine et un court de tennis pour la détente. Les victuailles seront apportées par avion pour ceux qui ne voudront pas aller faire leurs achats eux même en France.
J’imagine une communauté vivant en autarcie… Cela ne me fait pas rêver, bien au contraire. Je n’ai pas envie de cela et je le dis.
Ces Messieurs disent que ce n’est pas une utopie mais un projet bien réel qui leur permettra de disposer des gens et de leur famille à chaque instant…Ils concluent que les personnes qui ne seront pas d’accord sur le principe de communauté seront exclues.
Devant le regard suppliant de Boris,  je fais mine de croire qu’une prison dorée vaut mieux que la vie que je mène actuellement.

Tout cela ne devrait commencer que dans deux ans, une éternité pour moi. Depuis quelques temps l’avenir a pour point final le procès et après le procès, la prison… 
Je ne fais plus partie du futur…




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Samedi 29 avril 2006
publié dans : 1977 / 1991
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Mon travail à l’agence Immobilière consiste à rédiger les baux de location et répondre au téléphone. Je dois trouver des excuses aux retards continuels de Mme Parks. Elle manque tous les rendez-vous, se présente deux heures trop tard et comme le client est parti, elle arrive furieuse en m’accusant de lui avoir indiqué une mauvaise heure…
Même si j’inscris les heures de rendez-vous, c’est quand même de ma faute si elle a manqué le client : j’aurai du lui téléphoner pour dire de partir de chez elle…
Je suis systématiquement responsable de ses " loupés ". Au début sa mauvaise foi me met en colère, après je la regarde sans rien dire et nous éclatons de rire.

Son mari travaille le matin à la comptabilité, l’après-midi, il va au club de golf . Elle arrive à l’agence vers 11 heures et ils se disputent pendant deux heures.
L’après-midi je suis seule jusqu’à ce qu’elle arrive vers 17 heures. Je m’ennuie à mourir…
Après avoir reçu quelques clients qui attendent depuis des heures, elle passe quelques coups de fils, après, nous bavardons.


Elle m’aide à faire le point sur ma situation. Mon fils a 17 ans, l’âge que je redoute depuis toujours, c’est la fin de la cavale. L’âge où il fallait qu’un garçon se fasse recenser en vue de faire son service militaire. Grâce à une indiscrétion, j’ai appris qu’en remettant le dossier à la date limite qui coïncide avec les vacances, le dossier ne sera exploité en France que lorsque Miguel sera à 6 mois de la majorité. Je sais que les autorités militaires vont immédiatement signaler à la Police que Miguel est retrouvé. Il ne me reste que très peu de temps avant que les événement s’emballent.

Que va-t-il se passer quand nous serons localisés? La France va certainement demander mon extradition. Je vais être mise directement en prison et j’attendrais pendant des mois, peut-être des années de passer en jugement…

En supposant que je puisse rester ici, Miguel et Rosalie vont partir, est-ce que je veux rester seule avec Boris et cette vie pleine d'aléas ? Ne va t-il pas m’abandonner quand j’aurai quelques années de plus, il me trompe déjà tout le temps avec des Africaines…

Elle me pousse à devancer les événements et à prendre un avocat dès maintenant. Elle va me mettre en relation avec un de ses amis qui me conseillera gratuitement.
 



 
 

 

 

 
Vendredi 28 avril 2006
publié dans : 1977 / 1991
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Les relations avec sœur n°3  se sont fortement dégradées. Avant mon départ, elle ne se confiait pas facilement, elle ne se confie plus du tout.
J’apprends son mariage en recevant une photo prise devant la mairie. Elle dit que si elle ne m’en a pas parlé avant c’est parce que je ne pouvais pas venir… Cela me fait l’effet d’une trahison.
J’ai appris plus tard qu’elle avait subit une IVG sous la pression des enfants de son mari. Là non plus elle n’a pas jugé utile de m’en parler, j’aurai peut-être pu lui apporter un peu de réconfort.

Mes lettres sont pleines d’anecdotes et comme je m’adresse à ma sœur, je lui confie des choses très intimes… Ses réponses sont toujours négatives. 
Concernant mes amis, je ne dois plus les fréquenter, ils n’en valent pas la peine. Concernant l’échec scolaire de mon fils,  je dois le punir sévèrement, mon laxisme fera son malheur. 
Concernant les difficultés de communications avec Rosalie la solution est de m’en débarrasser au plus vite. 
Concernant Boris,  c’est pareil, je dois le quitter…
Et pendant des mois, les lettres se ressemblent, sans jamais un mot gentil ou de réconfort me laissant complètement désespérée.

Il y a une tentative de coup d’Etat et je prends de gros risques pour lui faire passer un message rassurant. Je l’imagine très inquiète. Quelques jours plus tard, je reçois un mot furieux disant que je prends plaisir à lui causer des ennuis ainsi qu’à son mari et que je suis la personne la plus égoïste qu’elle connaisse.
Je l’excuse, pensant qu’elle ne connaît pas l’importance des événements qui se sont déroulés. Je fais un courrier racontant que pendant trois jours nous sommes restés cachés chez nous sans même oser allumer car l’Armée sillonnait les rues et tirait sur les passants. Nous subissons des contrôles de police, de la gendarmerie et de l’Armée tous les 300 mètres. Ces contrôles sont terrifiants, les soldats nous menacent de leurs fusils mitrailleurs, et parfois les hommes sont ivres et susceptibles à tout instant d’ouvrir le feu. J’ai été dépouillée à plusieurs reprises du contenu de mon sac, bien contente de pouvoir m’en sortir vivante.
La réponse de ma sœur est : " je sais tout cela, je l’ai vu à la télévision. Mais puisque vous êtes toujours vivants, c’est que ce n’était pas si grave que ça… "

Elle m’informe un jour que ma mère ne peut plus vivre seule et qu’il faut que chacune de nous l’héberge à tour de rôle. C’était au moment où tout allait bien pour moi et je propose de prendre ma mère pendant un an puisque je dispose de la place et du personnel pour la recevoir. Elle me répond que jamais elle ne me laissera notre mère, nous ne entendons pas, j’ai toujours été méchante avec elle et je la ferais souffrir. Ce courrier me fait très mal. Je m’incline devant cette décision.

Au moment de la grande déception du jus de fruit je lui fait une longue lettre où j’étale ma détresse, tout le chagrin accumulé depuis mon exil.
Elle m’adresse une lettre incroyablement violente me " priant " d’avoir la politesse de commencer mes lettres par cher H et chère N. et non seulement par chère N. comme j’ai l’habitude de le faire. J’apprend ainsi que mon courrier est lu par mon beau frère… il a joint une lettre dans laquelle il m’ordonne de suivre ses instructions A LA LETTRE faute de quoi il ne faudra plus JAMAIS rien lui demander…
-  Je dois immédiatement quitter Boris,
-  Je dois mettre Rosalie dehors le jour même,
-  Je dois rentrer immédiatement, il attend mon accord pour nous envoyer les billets,
-  J’irai en prison et je ferai comme les autres, je survivrai…

Curieusement dans sa lettre il n’est pas question du sort de Miguel après notre retour…
Je refuse la proposition en m’adressant bien à Cher H et Chère N. et j’accepte que Cher H. ne s’occupe plus jamais de moi.

Les échanges de courrier suivants deviennent d’une banalité consternante, souvent les lettres restent plusieurs jours sur la table avant que je ne les ouvre.

Aujourd’hui je me demande s’ils ne désiraient pas tout simplement que tout cela finisse, quelque soit le prix que Miguel et moi aurions à payer, pourvu qu’ils aient la paix. 




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Mercredi 26 avril 2006
publié dans : 1977 / 1991
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Les économies que nous avons (peu car par manque de sagesse nous avons profité de la vie au lieu d’économiser) servent à racheter une partie de nos meubles et assurer les dépenses en cours. Nous devons maintenant payer le loyer et l’électricité qui sont très chers.

Boris essaye de sauver la situation en trouvant un repreneur pour l’usine mais l’installation est trop énorme, personne n’accepte de se lancer dans l’aventure. Il reprend ses livraisons de légumes aux revendeurs et instaure un système de commandes de paniers. Les paniers arrivent tout prêts au nom de la cliente. On y ajoute souvent une surprise : des asperges, des fraises, de l’oseille (des denrées que l’on ne trouve pas ici).

Avec les légumes arrivent aussi des fruits de la passion, c’est la saison mais la consommation est très faible. Boris qui n'arrive pas à les vendre. les garde dans des caisses chez nous.
J’ai du temps libre, ,je ne vais plus à la gym et je ne trouve pas de travail. Je cherche à utiliser ces fruits qui m’encombrent. Je fais des gelées et des jus de fruits. Ces jus sont très bons, j’ai trouvé le bon dosage d’eau et de sucre. Tout le monde est unanime, c’est délicieux !
Je prépare des bouteilles et Boris en offre une avec chaque panier. C’est un succès, nous avons des commandes.

Pourquoi ne pas commercialiser ce jus sur une plus grande échelle ? La saison des fruits ne dure que trois mois ; il faut faire des réserves. Boris a démarché un fabriquant de yaourt qui est intéressé par le jus concentré. Il propose de nous prêter une chambre froide pour stocker nos bouteilles en contrepartie de la fourniture gratuite de quelques litres.
J’ai embauché 5 personnes pour m’aider (il faut ouvrir les fruits et presser la pulpe qui entoure les grains).

Boris raconte partout que nous allons gagner " des millions et des milliards " avec ce jus… cela attire la convoitise du fabriquant de yaourt qui propose de racheter tout le lot pour quelques francs car il déduit les frais de stockage !
Nous refusons, il nous donne 8 jours pour libérer la chambre froide et garde une centaine de bouteilles en paiement. Boris parle de notre problème à une de ses clientes, Mme Parks qui propose une association pour la fabrication du jus. Elle loue une chambre froide et nous déménageons les bouteilles.

Mme Parks prend à sa charge le paiement des gens qui font le jus chez moi (une quinzaine de personnes maintenant). Nous travaillons de 6 heures à 16 heures, il y a du jus partout, ça colle, nous sommes épuisés mais l’ambiance est géniale. Nous attendons avec impatience l’autorisation d’exploitation, le local est déjà trouvé.

Boris est arrêté par la police, et placé en détention. Il est accusé d’avoir proféré des injures contre le Président (c’est le motif classique d’expulsion). C’est le fabriquant de yaourt qui a trouvé ce moyen pour se débarrasser de nous et exploiter le jus de fruit.

Mme Parks fait libérer Boris mais elle est furieuse : il a failli tout faire échouer par ses bavardages stupides. Dans sa rage, elle tarde à payer la facture d’électricité du local, le courant est coupé et toutes les bouteilles de concentré fermentent et explosent…
Je suis désespérée, tant de travail, tant d’espoir réduits à néant…

Mme Parks me convoque. Elle est furieuse contre moi : elle dit que j’aurai pu avoir " la dignité " de venir l'aider à mettre toutes les bouteilles à la benne !
Je lui hurle à la figure que c’est sa faute, que j’ai travaillée plus de 10 heures par jour pendant trois mois, que par sa faute je n’ai plus rien, qu’elle devrait avoir au moins " la dignité " de s’excuser et reconnaître que tout cela est du à sa négligence !
Elle me croyait docile et soumise, ma réaction la séduit. 
Elle s’excuse et me propose de travailler avec elle dans son agence immobilière. J’accepte bien que ce travail ne m’enchante pas, je vais sortir de l’isolement dans lequel je vis depuis trois mois et l’énergie de cette femme m’attire
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Passiflore, Fleur du fruit de la passion,jus de fruit,bavardages,vantardise



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Mardi 25 avril 2006
publié dans : 1977 / 1991
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