Il est parfois des choses très évidentes que l'on refuse de voir.La mise en évidence du dernier mensonge de ma sœur fait
ressurgir dans ma mémoire, d'autres mensonges plus anciens que je voulais oublier.
L’un des plus graves a été dit alors que d’Afrique je préparais ma défense en vue du procès.
Je suis alors déjà condamnée par contumas à un an de prison ferme et le prochain jugement menace d’alourdir encore cette peine. Il me faut apporter la preuve que mon
fils a bien été brutalisé et qu’il a subi des violences sexuelles.
Je pense aux parents de la petite fille que ma mère gardait. La femme (Anaïs) a vu certaines choses et elle pourrait en témoigner. Quand je demande ses coordonnées à
ma sœur, celle-ci entre dans une violente colère m’interdisant de contacter cette femme qui d'après elle aidait mon ex mari à harceler ma mère en lui fournissant des renseignements.
Bien que peu convaincue, je ne communique pas le nom d’Anaïs à mon avocate.
Malheureusement, deux mois avant la date du procès, ma défense est nulle ! Les personnes dont j’avais donné les noms se sont toutes défilées sous divers
prétextes.
Mon avocate insiste : il faut des témoins. Ma sœur reste sur sa position : interdiction de citer Anaïs, le Juge devra se contenter de SON seul
témoignage.
Mon avocate est formelle : le témoignage de ma sœur ne vaut RIEN. Sans un vrai témoignage provenant d’une personne n’ayant aucun intérêt dans l’affaire, la
peine de prison est inévitable.
Je suis désespérée. A l’insu de ma sœur, je communique le nom d’Anaïs en recommandant la prudence. L’avocate promet de se méfier mais elle doute qu’une femme qui
confie sa fille à ma mère depuis des années fasse en sorte que la pauvre femme soit harcelée jour et nuit.
L’avocate retrouve et convoque Anaïs. Le témoignage de cette femme est en or. Je n'ai pas le droit d'en connaître la teneur mais je sais seulement que l’issue du
procès vient de tourner à mon avantage.
Je préviens ma sœur qu’Anaïs témoignera. Elle hurle que je ne dois pas faire ça, qu’à la barre Anaïs témoignera contre moi.
Mais enfin, en dehors de soupçons sans fondement, qu’est-ce qui justifie toute cette haine ? Ma sœur dit qu’Anaïs est prête à tout pour de l’argent, la
preuve : elle a emprunté à notre pauvre mère qui pourtant n’avait que sa pension pour vivre…
Elle dit cela avec tant de rage que je pense que ma sœur est tout simplement jalouse de l’affection que ma mère éprouvait pour la petite fille qu’elle gardait et
pour ses parents.
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