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Pourquoi ce blog ?

 
 

Pour parler ! pour dire enfin ce que tout le monde me conseille de taire.

« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… » s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir.

 


Le début de mon histoire...

 

 

 Avertissement : J'ai enfin fini la reprise de mes anciens articles. Je peux donc continuer mon blog...

J'ai créé une catégorie  supplémentaire :

La médecine et moi : Une rubrique indépendante dans laquelle je parle de mes relations conflictuelles avec la médecine et de ma façon parfois "spéciale" de soigner.

 

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Je rêvais de reconstruire une famille mais les choses ne sont pas passées ainsi. Dès ma première rencontre avec les deux filles de mon compagnon, je sais qu’elles vont me livrer bataille.

Je pense être capable de les conquérir. D’abord je veux établir le dialogue entre elles et leur père car il n‘y en a pas. Ils parlent des anciens voisins, de musique, de banalités  mais jamais des raisons qui ont causé le divorce. A quatorze et dix sept ans, elles sont pourtant en âge de comprendre et l'ainée tente constamment d'amener le sujet.

Elle cherche toujours à s’isoler avec moi et démolit son père. Sa mère est une sainte, son père l’a quittée un jour alors qu’ils s’entendaient merveilleusement bien, qu’ils ne s’étaient jamais disputés…
Je connais une autre version mais ce n’est pas à moi d’en parler. Je pense qu’elle cherche tout simplement à connaître la vérité.
Je me contente de dire, espérant provoquer une explication entre le père et sa fille : " quand on divorce, on est deux… personne n’est complètement innocent ".
Ces mots sont prétexte à un véritable scandale. Elle refuse de voir son père pendant deux ans.

Pendant ce temps sa sœur continue à venir chez nous. Dès qu’elle arrive elle part à la recherche de l’anecdote succulente qu’elle pourra raconter à sa sœur et à sa mère.
Pour cela, elle fouille partout (ouvre placards et tiroirs, inspecte la corbeille de linge sale et le contenu de la machine à laver, regarde derrière le rideau de douche… Elle fait des commentaires désobligeants.
Je suis folle de rage ! Tout est moche, tout est sale… Et son père ne dit rien de peur qu’elle aussi refuse de venir.

Pour éviter qu'elle fuine partout, nous l'emmenons dans les Centres Commerciaux. Elle touche à tout. Mais vraiment à tout ! On dirait une môme de cinq ans. Sauf que là on ne peut pas lui mettre une tape sur les doigts.
Elle ouvre les portes des appareils ménagers, tourne tous les boutons, sorts les objets des boîtes… les vendeurs interviennent, elle nous fait honte.



 

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Vendredi 30 juin 2006
communauté : De la Vie publié dans : LA FAMILLE
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Ce voyage (Toronto, Québec, Montréal) tombe à point pour nous retrouver mon compagnon et moi. Les quatre mois écoulés ont été presque exclusivement consacrés à ma sœur et même quand nous étions ensemble, mon esprit était ailleurs.
Visiter le Canada est un rêve commun. Nous bénéficions de prix très attractifs grâce au comité d’entreprise que nous payons par mensualités.

Je m'étais fait une promesse : arrêter de fumer si ma sœur survivait au cancer. Je suis donc en plein sevrage.
Je parle de l’arrêt du tabac pour dire ma fierté tout au long de ce voyage en voyant les " accros de la nicotine " se précipiter dehors à chaque arrêt du car, l’œil hagard, le geste fébrile pour aller téter leur bâton de poison.
Alors que cela fait un peu plus d’un mois que j’ai arrêté de fumer mon paquet et demi journalier, c’est une stimulation bien réconfortante. On ne félicite jamais assez ceux qui arrêtent…


Le voyage bien qu’épuisant par son rythme est une aventure extraordinaire. Tout est conforme et même mieux que ce que nous espérions.

L’architecture et les paysages sont grandioses. L’accueil de " nos cousins " si près et si éloignés de nous est plein de spontanéité et de gentillesse.
Je déplore que leur côté bon enfant les fasse passer pour des naïfs. A mon retour beaucoup restent incrédules quand je parle de technologies beaucoup plus modernes que les nôtres. En France, on imagine que tous les canadiens sont des bûcherons qui vivent dans des cabanes meublées avec des troncs d’arbres.
On refuse d’entendre parler des voitures gigantesques, des gratte-ciel, des villes souterraines, du modernisme à l’américaines… on préfère ricaner et penser que " nos cousins " sont plus stupides que nous, cela réconforte…

Nous sommes déçus et honteux de l’attitude de certains français peu soucieux de l’image qu’ils donnent de leur pays. Agressivité, vandalisme, vulgarité, mépris sont souvent le fait de gens qui se trouvent là par hasard comme un groupe d’employés dont le patron a offert ce voyage à l’occasion de l’anniversaire de l’entreprise.
Une dizaine de personnes de notre groupe dorment toute la journée, ne participant à aucune activité pour être en forme le soir dans les bars dont ils rentrent très tard et fortement avinés.

Nous sommes revenus enchantés, des souvenirs plein la tête avec l’espoir d’y retourner un jour si nous en avons les moyens.



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Jeudi 29 juin 2006
communauté : De la Vie publié dans : 1993 / 1995
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Ma sœur ne communique pas. Quand elle m’appelle, elle pleure mais ne veut rien dire… Elle attend du réconfort mais sans rien confier.

C’est ainsi que lorsque je lui souhaite son anniversaire, mon beau-frère m’annonce qu’elle va être hospitalisée d’urgence à Paris car cela fait trois mois qu’elle est très malade et qu’on ne trouve pas l’origine de ses malaises.

Dès son arrivée, je me précipite à l'hôpital. Je trouve ma sœur complètement défigurée, bouffie par la cortisone qu'on lui a administrée à forte dose.

Ce traitement cache les maux réels. Il faut attendre que le produit soit éliminé avant de commencer les examens.

Elle souffre d'un lymphome. Je ne vous raconterai pas les traitements, les opérations, les séjours en soins intensifs puis la chimiothérapie et l’isolement.

Ma sœur bascule entre la vie et la mort pendant trois mois. Je vais la voir pratiquement tous les jours car elle réclame sans cesse ma présence.

Son mari est resté auprès d’elle aussi. En le relayant je lui permets de tenir car nous ne sommes que deux.

Je fais tout ce que je peux pour elle et même davantage. Je suis épuisée, elle me fait courir partout. Je me souvient d’un dimanche 26 décembre où j’ai cherché partout des fruits fourrés à la pâte d’amande. La plupart des boutiques étaient fermées. J’ai fini par les faire moi-même en catastrophe car c’était la seule nourriture qu’elle acceptait de prendre.
Après, elle m'en demandait tout le temps ; non pas parce qu’elle les mangeait à toute vitesse mais parce que la famille de son mari se les goinfraient sans complexe ! Je devais en faire plusieurs fois par semaine le soir après ma journée de travail et ma visite à l’hôpital.

Chaque jour elle me demandait de faire des achats. J’ai acheté une perruque, des tonnes de bonnets, de foulards et une eau de Cologne introuvable mais dont elle avait envie. Parfois quand j’arrive le soir à la maison, l’infirmière me demande de revenir car elle n’arrive pas à calmer ma sœur qui pleure et fait des arrêts cardiaque.

J’ai vieilli de dix ans en trois mois.

Enfin elle s’en est sortie, tout doucement.

Dès qu’elle s’est trouvée hors de danger et que ma présence est devenue moins indispensable, mon beau-frère m’a fait comprendre que je devais m’effacer. Ses enfants prenaient le relais.

En remerciement pour ce que j’avais fait, non sans me dire que j’étais responsable de la maladie de ma sœur, puisque selon lui, le lymphome était la conséquence directe des contrariétés provoquées par ma fuite en Afrique, mon beau-frère m’a donné un chèque pour mon argent de poche (nous partions au Canada) en me recommandant comme à une môme de ne pas le dépenser avant de partir.




 

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Mercredi 28 juin 2006
communauté : Etre pour les autres. publié dans : 1993 / 1995
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Sa grand-mère a beaucoup insisté pour qu’une rencontre se produise.

 
Il faut à Miguel beaucoup de courage pour accepter. Son père a dit qu’il se moque bien de lui, alors, pourquoi aller plus loin ?

 
Je pousse Miguel, il ne doit pas rester dans un non-dit, il doit montrer à son père qu’il est devenu un homme et qu’il n’a plus peur de lui.
 
Les jours qui précèdent la rencontre sont très difficiles à vivre, pleins de doutes et de questionnements.

 
Depuis son retour d’Afrique, Miguel est allé plusieurs fois chez ses grands parents. Jusqu’à ce jour il n’y a retrouvé que de doux souvenirs.

 
La présence de James ou plus exactement sa voix, les portes claquées, les objets qui tombent et se brisent, les cris, les disputes font surgir les images de scènes violentes. Il se revoit spectateur apeuré de violentes disputes dont il ne comprend pas le motif.

 
Pendant les premières heures de la rencontre, les deux hommes s’observent puis James sert son discours préparé, pratiquement le même que celui qu’a tenu la grand-mère :

 
" on " nous a empêché de nous aimer,
 
" on " lui a menti,
 
" on " a décidé pour lui, etc.

 
Miguel ne peut répondre, tant il est surpris par tant de mauvaise foi.
 

Comme a sa grand-mère, il dit qu’il n’a pas été élevé dans la haine.  Le moment n’est pas bien choisi pour remettre le passé en question mais il serait préférable de créer l’avenir.

 



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James est venu faire mon procès, pas pour parler d’amour, d’avenir et de nouveau départ. Il veut juste régler ses comptes avec moi au travers de son fils.




 

 
Mardi 27 juin 2006
communauté : Etre pour les autres. publié dans : 1993 / 1995
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La mère de Rosalie achète un appartement grâce à la générosité de quelques " amis " âgés dont elle organise les tours de passage avec beaucoup de talent. Elle laisse l’appartement qu'elle louait à sa fille.
Rosalie va partir en vacances en Afrique. Elle est invitée chez sa " Maman " (celle qui l’a hébergée pendant un an et à qui elle voue une reconnaissance sans limite). Elle rend sa chambre de bonne pour ne pas payer un loyer inutile.
J’accepte de garder ses affaires chez nous en attendant qu'elle emménage.
Quand elle part, nous convenons de venir la chercher à son arrivée à Roissy. Nous avons toutes les coordonnées du vol.

Je m'inquiète de trouver ses affaires " installées " dans notre appartement. Il est prévu qu’elle dorme et que nous la conduisions directement, avec ses bagages chez elle. Je trouve ses affaires partout, elle s’est aménagé de petits emplacements… Je me demande si  c’est vrai cette histoire d’appartement que sa mère lui laisse ?

Quelques jours avant son retour, " Maman d’un an " m’appelle. Elle me demande de lui rendre le service d’aller chercher Rosalie à son arrivée à Paris. Je suis surprise puisque cela a toujours été convenu… " Maman d’un an " dit qu'il n'y avait rien de convenu, car elle savait que Rosalie n’avait pas osé me le demander…
Je comprends qu’elle a encore joué le scénario de la petite fille timide qui a trop peur pour me demander...
Le jour de l’arrivée de Rosalie " Maman d’un an" me rappelle. Elle exige que je lui confirme que nous serons bien à l’aéroport. Je lui demande sèchement de ne plus appeler chez moi.
Le lendemain, elle appelle quand même pour s’assurer que Rosalie est bien arrivée.
Je n’ose pas imaginer ce que ma fille a encore pu raconter sur moi. Je suis folle de rage. Je croyais que toutes ces bêtises étaient finies et qu’elle se comportait enfin en adulte.
Il faut qu’elle parte avant que je perde patience. Je sais qu’en m’énervant, je jouerais son jeu.

Mais elle ne parle pas de partir, elle a donné mon numéro de téléphone à tout le monde, ça n’arrête pas de sonner, j’explose… c’est ce qu’elle attendait, son rôle de martyre est parfaitement rôdé. Tout est mis en œuvre pour me faire passer pour un monstre... et ça marche !
Mick, mon compagnon est bouleversé par cette pauvre petite si gentille et si fragile qui part en pleurant et en trainant tous ses bagages.




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Mardi 27 juin 2006
communauté : Etre pour les autres. publié dans : 1993 / 1995
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