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Pourquoi ce blog ?

 
 

Pour parler ! pour dire enfin ce que tout le monde me conseille de taire.

« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… » s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir.

 


Le début de mon histoire...

 

 

 Avertissement : J'ai enfin fini la reprise de mes anciens articles. Je peux donc continuer mon blog...

J'ai créé une catégorie  supplémentaire :

La médecine et moi : Une rubrique indépendante dans laquelle je parle de mes relations conflictuelles avec la médecine et de ma façon parfois "spéciale" de soigner.

 

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Je viens à peine de rentrer chez nous qu’une des agences m’appelle pour me proposer une mission de six mois. Je suis folle de joie.

Je me présente le lendemain matin.
Aie ! je connais bien ce regard maintenant : mon interlocuteur ne s’attendait pas à une personne de mon âge. Il me demande immédiatement quels seraient les avantages fiscaux qu’il obtiendrait en retenant ma candidature.
Il n’y en a pas. Je ne suis ni assez âgée, ni chômeuse de longue durée… Il propose de réduire mon salaire au SMIC, je refuse. Dans ces conditions, je ne l’intéresse pas !

En sortant je vais m’asseoir sur le banc d’un parc voisin. Il fait froid, nous sommes à quelques jours de Noël, je pleure.

J’appelle l’Agence. Ma responsable est désolée. Ce Monsieur est un nouveau client, elle ne comprend pas, les réductions éventuelles ne le concernent pas et mon salaire a été négocié entre lui et l’agence, il n’a pas à revenir dessus…
Elle me propose une mission qui vient de tomber mais m’avertit que le client est très, très difficile et que beaucoup d’intérimaires refusent d’y retourner.
Si j’accepte, je dois tenir toute la mission qui est de 30 jours. Il ne sera pas question d’arrêter avant la fin. Le salaire et les avantages sont très alléchants. Elle me promet, si je la dépanne sur cette affaire, de me donner une mission facile après…

Bien sûr que je prends ! Je viens de galérer pendant deux mois (j’ai l’impression que cela fait des années) je ne vais pas faire la fine bouche pour un salaire qui est le double de ce que me verse l’Assedic !

Je me prépare au pire.


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Mardi 29 août 2006
communauté : Les périodes sombres publié dans : 1999
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Chaque jour, je réponds aux offres des journaux. Je cherche dans les annonces de l’ANPE, je téléphone aux connaissances, je lis les annonces sur les vitrines et les panneaux d’affichage.
Je découvre que les agences de travail temporaire proposent des CDI mais je ne veux pas faire d’intérim, d'après ce qu'on m'a dit, c'est trop aléatoire.
Je refuse les formations que me propose l’ANPE. Je souhaite continuer à faire de la relance client, cela me plaît et je sais qu’il y a de la demande.

 

Consciente que je ne sais pas mener un entretien d’embauche, je m’entraîne en répondant aux offres de l’ANPE. Je décroche souvent deux entretiens par jour.
Cela me permet de me sentir plus à l’aise en face d’un recruteur et de me remotiver. Je suis très fière qu’à 51 ans j’arrive encore à intéresser autant de monde.
Il est vrai que pour des salaires au SMIC, les employeurs sont moins regardants. Je suis surprise qu’ils me demandent d’accomplir des tâches supplémentaires qui n’ont rien à voir avec la comptabilité.
Une agence immobilière que demande de faire la poussière sur les bureaux, préparer le café, faire des permanences le samedi et rester tard le soir…
Une boutique de parquet me demande de faire de la vente et de dépoussiérer les tas de planches chaque matin.
Un garage m’informe qu’il faudra livrer les véhicules chez les clients…
Je fréquente de moins en moins l’ANPE. Je ne crois pas que je trouverai par cet intermédiaire.
Sur une trentaine d’offre d’emploi gérées par l’Agence à qui j’ai remis directement mon CV et ma lettre de motivation, je ne reçois aucune réponse.
Je comprends pourquoi le jour où le responsable de l’agence prend mes lettres, et les jette en vrac dans la boîte sans même agrafer CV et lettre d’accompagnement. Il jette ainsi, sous mes yeux, plusieurs heures de travail … et mes espoirs.

 

Par les journaux je décroche quelques entretiens intéressants. Malheureusement, dès que je me présente, je vois bien à l’expression du recruteur que mes 51 ans sont un obstacle infranchissable. Comment se débarrasser de moi ? Il doit trouver la question qui tue, celle qui risque d’entraîner une réponse négative, du genre : " maîtrisez-vous parfaitement Exel et en particulier les tableaux croisés" ?

Cela n’a rien à voir avec la relance clients et comme je réponds "non", en proposant d’apprendre… mon recruteur, soulagé, referme mon dossier en disant que dans ce cas, il est impossible de m’embaucher…

Il me reste une solution : les agences de travail temporaire. Pour celles de ma ville, je suis trop vieille. Pour se débarrasser de moi, on me demande de faire des tests sur Word ou Exel, c’est ridicule, j’ai une expérience de neuf années dans la profession ! Je refuse.

Je sélectionne dans le journal les agences d’intérim parisiennes qui recrutent et je me présente. Je passe des tests (comptables, cette fois), des entretiens et m’enregistre comme personnel intérimaire.

 

 

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Vendredi 25 août 2006
communauté : Les périodes sombres publié dans : 1999
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La situation professionnelle de mon compagnon continue à se dégrader, je dois trouver du travail rapidement ! Mon chômage lui met une pression supplémentaire.

Côté réconfort, ma sœur dit que j’aurais mieux fait de rester tranquille même si je ne gagnais qu’un salaire de misère. Elle qui part en croisière plusieurs fois par an, dit que dans la vie, il faut savoir se contenter de ce qu’on a.
Comme je pleure, elle ajoute  : " je vais jouer à la Loterie Nationale, et si je gagne, je te donnerais un peu d’argent ! ".
Elle ne prend pas de risque : la Loterie Nationale n’existe plus depuis de nombreuses années et je note qu’elle ne me donnerait " qu’un peu " d’argent !
Elle finit par ce conseil : maintenant que tu t‘es mise dans cette situation, tu n’as plus qu’à accepter n’importe quel emploi.
C’est facile ! comme de dire : " moi, si j’étais chômeur, je ferais n’importe quoi, mais je ne resterais pas à rien faire ! "
Ceux qui disent cela savent-ils vraiment ce qu’est le " n’importe quoi " ?.
Comment faire lorsqu’on a accepté le " n’importe quoi " pour en sortir ? quand on est épuisé physiquement et démoli moralement ?
Comment ne pas être condamné à rester au bas de l’échelle quand ce " n’importe quoi " sert de référence auprès de l’éventuel futur employeur ?

Non, je ne ferai pas " n’importe quoi " ! Je vais me battre, comme je l’ai toujours fait !

 

 

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Jeudi 24 août 2006
communauté : Les périodes sombres publié dans : 1999
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J’entame avec sérénité les démarches d’inscription au chômage.

Une chose fait très mal : l’indifférence de ceux qui ne sont pas concernés. Je demande à la Mairie s’il faut commencer par l’ANPE ou par l’Assedic. La personne après m’avoir toisée avec insistance dit qu’elle ne sait pas, qu’il faut certainement commencer par l’ANPE. Elle ne cherche même pas à se renseigner, elle passe à la personne suivante… je ne suis rien, je n’existe plus !

La ville est grande, je dois me déplacer en métro et en bus. Bien entendu je me fais jeter de l’ANPE… il fallait commencer par l’Assedic.

On me donne une feuille avec la liste des documents nécessaires à mon inscription. J’ai un rendez-vous pour le lendemain matin.
Le moral en prend un coup quand on est dans la file d’attente. Les autres sont désabusés, découragés, agressifs… et tellement nombreux !


J’ai apporté un tas de documents mais l’employée trouve quand même une chose bloquante. Une prime qui doit être spécifiée comme exceptionnelle ou non. Je dois retourner voir mon employeur (pas le dernier, l’autre). Pour le dernier, j’ai de la chance, à quelques jours près, je n’avais pas droit au chômage.
J’ai honte de demander une attestation à mon ancien employeur. J’étais si fière de lui claquer la porte au nez ! Maintenant il va savoir que je suis chômeuse.
Je fais ma demande par courrier. Mon dossier est régularisé la semaine suivante.

Maintenant, à moi l’ANPE et la recherche de travail !



ANPE,ASSEDIC,recherche de travail,attestation
Mercredi 23 août 2006
communauté : Les périodes sombres publié dans : 1999
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Je suis embauchée par une agence immobilière. J’ai déjà une expérience dans ce domaine. Je comprends très vite que la personne que je remplace n’a aucune envie de me montrer le travail, son seul souci est de préparer son départ pour les Antilles. Elle se moque bien de savoir si je vais ou non pourvoir assumer la fonction.
 
En fait, elle ne me montre rien du tout, elle m’a prise parce qu’elle a déjà essayé plusieurs personnes qui ont décliné l’offre et qu’elle n’a plus le temps de chercher.
Dès son départ, je me trouve dans une situation innommable, je ne comprends rien. Il n’y a aucune note, elle n’a même pas fait de tableau de bord. C’est une catastrophe.
Je soupçonne des mouvements de fonds douteux entre les diverses SCI. Les associés s’enferment dans le bureau à côté.
Les bruits qui me parviennent ne laissent aucun doute sur la nature de leur activité, d’ailleurs ils sortent en se rhabillant sans aucune gêne vis à vis de moi…
Le gérant me parle très mal. Il fait de terribles colères, surtout contre moi, à la moindre occasion.
Le fils est un paresseux. Quand il passe une annonce dans le journal pour louer un appartement, le jour de la parution, il ne vient pas…
Je reçois quelques 300 appels dans la journée. Je dois noter ces appels et faire subir un mini interrogatoire à chaque appelant.
Impossible de faire autre chose que de répondre aux deux lignes téléphoniques qui sonnent sans arrêt. Je suis épuisée, à bout de nerf mais cela n’empêche pas les deux associés et le fils de m’incendier parce que je n’ai pas eu le temps de faire mon travail !
Un soir, alors que le père me traite non seulement d’incapable mais aussi de menteuse car il prétend que je n’ai pas fait une déclaration d’impôt (en fait il s’est trompé d’année), je craque. Tout le monde s’excuse, et le calme revient.
Ayant moins de pression, j’assume de mieux en mieux ma tâche, tout n’est pas encore parfait mais ça va bien.
Un matin, quand j’arrive, j’entends une voix de femme dans le bureau de direction. Quand il sort, le père me présente une jolie jeune femme qui va me remplacer. Elle lui a été recommandée par son comptable, je dois la mettre au courant.
Le fils du gérant s’occupe "personnellement" de sa prise de fonction. Il l’emmène au restaurant et au retour ils s’enferment dans son bureau d’où s’échappent des sons qui n’ont aucun rapport avec la gestion immobilière.
Je deviens très gênante dans ce milieu où je n’ai pas ma place. Je demande qu’on me licencie.
Je suis vexée, déçue par cet échec mais malgré tout soulagée de ne plus évoluer dans cette ambiance malsaine.



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Mardi 22 août 2006
communauté : Etre pour les autres. publié dans : 1999
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