Il faut faire vite à cause des jours fériés. Nous avons commandé un sommier (le matelas est posé sur le parquet), un
congélateur et divers appareils ménagers indispensables. A peine arrivés, nous déchargeons la voiture et montons le lit que nous avons apporté. Nous avons à peine fini que le livreur apporte le
sommier...
Mick vient juste de mettre les prises de courant en place que le congélateur est livré. Tout
est comme ça, il faut courir dans les magasins avant la fermeture pour trouver le petit matériel nécessaire. Tous, ferment tôt en raison des fêtes.
Nous avons tout juste le temps d'acheter de quoi faire un repas de Noël. Il sera accompagné de cidre - on est en Bretagne, non ?
En fait c'est surtout moins cher que le vin.
Chaque jour nous travaillons jusqu'à épuisement pour mettre les choses en place. Me concernant c'est essentiellement le nettoyage qui m'occupe à plein temps. Pour ne pas sentir la douleur au dos et aux genoux, j'avale des analgésiques à tour de bras.
Kate fait du forcing pour que nous nous rencontrions. Comme je refuse catégoriquement d'aller chez eux, ils viennent le
jeudi. Je n'ai pratiquement rien pour préparer un repas et nous n'avons pas les moyens de les inviter au restaurant.
Je fais une poule au riz, cela ne demande pas beaucoup d'attention et je peux la préparer la veille.
Quand ils arrivent (très tard, Miguel croyait que nous étions plus près de chez eux), c'est comme une tornade qui s'abat sur la maison.
Les enfants, sans dire bonjour, se précipitent sur le canapé avec les chaussures et, comme s'ils se trouvaient sur un trempolling, se
battent avec les coussins en hurlant. Alors que je reste quelques secondes ahurie par ce spectacle, des cris me font courir à l'extérieur.
Mon fils, ma belle-fille et mon époux crient tous en même temps. Mon époux tient notre chien bavant de rage sous le bras. Kate et
Miguel examinent leur chiot à la recherche d'une morsure.
Notre chien est un « dominant ». Il
considère mon fils et sa famille comme sa propriété. Alors qu'il faisait la fête aux arrivants, le chiot est descendu de voiture. Notre Fox, surpris, s'est jeté sur le chiot, heureusement sans le
mordre.
Le ton monte entre Mick et Miguel. Tout le monde a eu peur. Les enfants pleurent. On met le
chiot terrorisé dans la cuisine pendant que notre Fox est tenu enfermé.
C'est dans cette ambiance électrique que nous prenons notre repas. Dans la panique j'oublie complètement de finir la
sauce sensée accompagner la poule. C'est franchement mauvais, tout est raté...
Je suis énervée, épuisée, rien ne va. J'ai envie de pleurer, cette journée est complètement ratée,
j'ai envie qu'ils partent. J'ai hâte de retrouver calme et sérénité.
Nous faisons une petite
promenade sur le port. L'air vif me fait du bien.

Quand ils nous quittent, je suis enfin calmée.
Il nous reste encore trois jours pour travailler à notre
maison mais cette mauvaise journée nous a fait perdre le bel enthousiasme des jours précédents.
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