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Pourquoi ce blog ?

 
 

Pour parler ! pour dire enfin ce que tout le monde me conseille de taire.

« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… » s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir.

 


Le début de mon histoire...

 

 

 Avertissement : J'ai enfin fini la reprise de mes anciens articles. Je peux donc continuer mon blog...

J'ai créé une catégorie  supplémentaire :

La médecine et moi : Une rubrique indépendante dans laquelle je parle de mes relations conflictuelles avec la médecine et de ma façon parfois "spéciale" de soigner.

 

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Sandrine,

 
 
Tu nous a quittés dimanche. Tu as quitté ce corps que tu n’aimais pas.

Quand ce corps a envoyé des SOS tu as refusé de les écouter. Tu ne pouvais ignorer toi qui étais professeur de biologie que ces signes étaient alarmants.

Tu as voulu punir ce corps ingrat que personne n’aimerait et qui resterait stérile à jamais.

Pourtant un jour tu as découvert une raison de vivre et même le bonheur.

Hélas, le cancer avait accompli son œuvre. Tu t’es battue, tu ne voulais plus mourir.

Mais hier, IL a eu raison de toi.






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Lundi 30 octobre 2006
publié dans : AUTRES
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Durant les vacances nous avons cherché des moyens d’investir le montant des indemnités de licenciement.
Une crèperie ? une boutique ? certainement pas, Mick n’est pas commerçant.
L’artisanat ? pourquoi pas… mais quoi ?

Dès son retour, Mick a rendez-vous avec la Cellule de reclassement pour une évaluation. Le résultat fait ressortir une attirance très forte pour la mécanique, la créativité et un sens artistique.
Pour réussir une nouvelle orientation, il suffit donc d’exploiter ces aptitudes.
Petit à petit, l’idée de créer une petite entreprise germe. Quelques jours de réflexion et il en fait part à son moniteur de cellule qui se montre très favorable à cette orientation.
Il lui remet une documentation comportant de nombreux renseignements et adresses de sites utiles pour la création ou la reprise d’entreprise.

Après quelques jours de recherche sur le Net, il trouve une activité qui semble correspondre parfaitement  : le marquage industriel.
Le secteur ne lui est pas inconnu puisqu’il sous-traitait cette activité quand il travaillait à l’usine.
Il visite des ateliers à reprendre et plus il avance dans ses investigations, plus il est attiré. Pas de doute, c’est bien ce qu’il veut faire !
Créer une entreprise nouvelle, tout concevoir, tout organiser, embaucher et surtout se créer une clientèle semble trop difficile. Il paraît sage de reprendre une affaire à un artisan qui prend sa retraite.

Je laisse Mick gérer seul car il me semble indispensable pour sa reconstruction qu’il recueille tout le mérite de la mise en place de son avenir professionnel. C’est un homme blessé qui a besoin de montrer qu’il est encore capable de réussir.
Je veux qu’il sache que je suis derrière lui, que quoi qu’il arrive je le soutiendrai dans ce projet. Je sais que cette activité va nécessiter un engagement à plein temps.
Il n’y aura plus d’horaires, plus de week-end, plus de vie privée. La seule priorité sera l’Atelier et son fonctionnement.
J’accepte ces futures conditions de vie.

 

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Samedi 28 octobre 2006
communauté : De la Vie publié dans : 2002
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Les relations avec la fille aînée de mon compagnon sont relativement bonnes. Elle me lance régulièrement de petites piques, elle me monte contre sa sœur mais son petit garçon est très mignon et il m’aime beaucoup. Rien que pour cela je suis prête à faire beaucoup d’efforts.
Je dois cependant rester prudente et faire mine d’être distante car les parents sont très jaloux.
Il a été plusieurs fois bousculé parce qu’il me suivait ou voulait s’asseoir près de moi. Il a même été giflé parce qu’il était allé directement dans l’armoire réservée aux enfants chez nous et avait pris des jouets sans demander la permission. Il n’a pas été giflé pour l’impolitesse (il n’a que deux ans 1/2) mais parce qu’il est à l’aise chez nous…

Le couple et l'enfant viennent passer deux jours dans notre location de vacances.
Nous les invitons au restaurant et comme l’enfant s’impatiente, je vais le promener. Tout à coup le père arrive en courant, affolé, demande en hurlant où nous étions, il est très pâle. Il se saisit de l’enfant et le serre contre lui comme s’il avait échappé à un grand danger… Il me plante là, emportant son petit dans les bras, visiblement fâché.
A t-il cru que j’avais enlevé son fils ? C’est la seule explication que j’ai pu trouver.
Je me demande bien comment lui a été raconté ma fuite en Afrique. L’acte d’une folle, une vengeance, un désir de possession absolue ? En tout cas, je me doute que cela n’a pas été à mon avantage.

Le soir, alors qu’il est très tard, la fille tente une discussion avec son père. Elle veut aborder les sujets qui sont en suspend depuis des années entre eux (au sujet du divorce de ses parents).
Mick se souvient alors brusquement que nous partons le lendemain et se met à charger la voiture. Nous l’appelons à plusieurs reprises mais " il n’entend pas "…
Je ne veux pas répondre pour lui. Après tout, ce sont leurs affaires et non les miennes même si j’en subis les conséquences.
Je n’ai déjà que trop répondu en son nom. Résultat, c’est à moi que les filles en veulent. C’est moi la méchante…

Je profite de ce moment de complicité pour demander que le petit m’appelle Mamie Camomille et non tout simplement Camomille. Sa mère refuse, dit que je n’en ai pas le droit car nous ne sommes pas mariés son père et moi…
Je vis avec son père depuis onze ans, le fiancé de sa sœur est appelé Tonton, la nourrice est appelée Tata, mais moi je n’ai pas le droit d’être appelée Mamie…

J’ai mal.

 



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Jeudi 26 octobre 2006
communauté : De la Vie publié dans : 2002
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La première semaine de Mick se passe bien, c’est comme s’il avait pris quelques jours de congés. Il bricole, regarde la télé, flemmarde un peu…

Il veut s’inscrire à un club maquettiste, faire des achats et tout à coup prend conscience que dans huit mois il ne percevra plus de salaire.
Pour le moment il perçoit ses congés payés qui seront suivis des mois de préavis puis du versement de l’indemnité de licenciement et tout sera fini.
Il fouille en vain les offres d’emploi, cherche une solution miracle. Il se sent seul, inutile. Il ne se rase plus, se laisse sombrer.
Il m’envie d’aller travailler. Le matin il me fait signe par la fenêtre comme un môme. Tout l’agresse, la moindre phrase, un mot, un geste qui rappelle qu’il ne travaille pas.

Il dit que rien ne le pousse à se lever, rien ni personne ne l’attend. Il ne lui arrive rien, il n’a plus rien à dire.

 

Un samedi matin nous croisons un de ses anciens collègues qui demande pourquoi il ne vient pas à la Cellule de reclassement.
J’ignorait qu’il y en avait une. Je pousse Mick à s’y rendre ne serait ce que pour rencontrer ses anciens collègues licenciés.
Il y va, pour me faire plaisir, juste pour voir, vêtu d’un tee-shirt et d’un bermuda lui qui n'était jamais allé travailler sans cravate. Avec la barbe qui couvre son visage on dirait le naufragé d'une île déserte.
Pourtant, le soir il est tout heureux de parler de ses collègues, de leurs projets. Il est surpris des moyens mis à la disposition du personnel pour la recherche d’emploi. L’équipe chargée du reclassement l’a accroché, il a rendez-vous pour un entretien particulier.
L’équipe ne le lâche plus. Evaluation, motivation de groupe, tests, mises en situation, bilan des recherches et actions, les rendez-vous se succèdent et l’obligent à venir chaque jour.

Pris dans l’engrenage, il se rase, a revêtu chemisette et cravate et ressorti l’attaché case. Désormais il part en même temps que moi le matin.

 

Certains anciens collègues se groupent pour constituer de petites sociétés.

Il espère s’intégrer à un de ces groupes mais ça ne marche pas. Un ex collègue propose une association mais pas dans l’immédiat, pas avant un an ou deux…

 

Je le force à partir en vacances. La location était réservée et en partie payée depuis longtemps et je pense que nous en avons vraiment besoin pour retrouver un peu de sérénité.

 

 
 
Mercredi 25 octobre 2006
communauté : Les périodes sombres publié dans : 2002
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Le licenciement n’est pas immédiat car il fait partie d’une procédure collective qui permet de mettre en place l’accompagnement au reclassement des salariés licenciés.

Je ne sais pas comment cette entreprise peut continuer à fonctionner avec si peu de productivité. La moitié du personnel part pour le nouveau site pendant que l’autre est occupée à chercher du travail ou constituer un dossier de préretraite. Un fait est certain, personne ne travaille, chacun rassemble ses affaires pour les mettre dans des cartons.

Mick pensait que le montant de l’indemnité de licenciement ajouté à ses économies lui assurerait une petite rente. Il doit bien vite déchanter, aucun placement ne lui apporterait le moyen de vivre sans travailler.
Il s’inscrit sur des sites de recherche d’emploi. Les seuls postes qui lui correspondent sont à pourvoir dans le nord de la France. Ce n’est pas vraiment ce qu’il espérait mais c’est mieux que rien.
 

Arrive enfin le dernier jour de travail. C’est le moment des adieux. Ils sont très douloureux. Les nombreux revirements de situations ont créés des liens entre les gens. Ceux qui partent aujourd’hui sont les survivants des précédentes vagues de licenciement, ceux qui restent pensent que la prochaine fois ce sera leur tour.

C’est plus de la moitié de sa vie que Mick laisse derrière lui. Après bientôt 32 années passées dans cet endroit, il traverse la cour pour la dernière fois, franchit la grille pour la dernière fois, rentre du travail pour la dernière fois.

Il n’a pas de projet. Il se sent las, vieux, inutile…

 

 

 
Mardi 24 octobre 2006
communauté : Les périodes sombres publié dans : 2002
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