Une amie m’a fait remarquer que mon rapport à la médecine n’est pas particulièrement serein et qu’il serait peut-être apaisant d’en parler avec d’autres personnes.
J’ouvre donc une rubrique que j’intitule « La médecine et moi ».
Il est vrai que les choses ont plutôt mal commencé pour moi :
A un an, j’ai fait des convulsions. Ce n’est que très longtemps après que j’ai su qu’elles étaient la conséquence d’une vaccination antivariolique
sur-dosée.
Quelques mois après le début de ces convulsions, mon père est décédé après une agonie qui a duré plus de 3 heures. Bien que mes sœurs soient allées sonner et
supplier à plusieurs reprises le médecin pour qu’il vienne d’urgence, celui-ci n’a pas cru utile de se déranger avant 7 heures du matin. Mon père venait de mourir.
A cette époque (1950) on ne portait pas plainte contre son médecin et d’ailleurs ma mère n’en avait pas les moyens. Le comble est de l’avoir gardé comme médecin
traitant.
Sur les instances de ma mère, ce médecin finit par donner un nom à mes convulsions : je faisais des crises de tétanie.
Il me prescrit pendant des années du Largactyl, médicament destiné aux schizophrènes. Ce
médicament inadapté n’apportait aucune amélioration à mon état, bien au contraire, il l’aggravait. Ne sachant comment se débarrasser de mon cas, devant les crises de plus en plus fréquentes, les
contractions de muscle (provoquées par le médicament) qui me rendaient difforme et pleine de tics, le médecin tenta de persuader ma famille de me placer à l’asile…
Un des effets secondaires du Largactyl est le glaucome détecté depuis quelques années, qui me rendra aveugle un jour.
Alors que ma mère refusait de me faire enfermer, la chance voulut qu’un médecin s’installe dans notre rue et qu’il soit spécialisé dans les maladies
mentales.
Son premier soin fut donc d’arrêter le fameux médicament pour le remplacer par des décontractants légers et du calcium.
A ce médecin, qui m’a sauvée de l’enfermement, et qui plus tard m’a prescrit le fameux Valium
qui m’a enfin permis de vivre normalement, je ne reproche que le fait d’avoir cru que ma mère, qui avait élevé 4 enfants avant moi, me faisait boire des boissons tellement chaudes que j’en
avais des aphtes plein la bouche et même dans l’estomac !!! En fait je faisais des allergies à un antibiotique. Il aurait dû stopper immédiatement la prise du médicament mais non, il disait
de continuer à le prendre en me badigeonnant la bouche avec du bleu de méthylène. Je ne sais par quel miracle j’ai échappé au choc allergique !
Jusqu’au jour où j’ai décidé que c’était fini, toute mon enfance a été rythmée par les heures passées dans une salle d’attente.
Du plus loin que je me souvienne, je ne passais JAMAIS une semaine sans voir le médecin, sauf, et cela n’a jamais étonné personne, quand j’étais en vacances chez ma
grand-mère…
Pourquoi ma mère faisait-elle si souvent appel au médecin ? Avait-elle peur que je meurt comme ma petite sœur qui n’avait vécu que quelques jours ou comme
mon père ?
Je fuis les médecins comme la peste.
Si j’ai développé une très grande méfiance envers le monde médical, il s’avère que cela m’a sauvé la vie et celle des miens à plusieurs reprises.
Lundi 21 janvier 2008
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2008
16:59
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Publié dans : La médecine et moi
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Par Camomille
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