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13 février 2006 1 13 /02 /février /2006 17:43

  





Après vingt trois jours interminables en maternité nous sortons enfin. Ma joie est de courte durée.

L’appartement est dans un état épouvantable, il y a de la vaisselle et du linge sale partout, même sous les meubles. Le sol est collant. Je ne peux même pas poser l’enfant dans le lit que j’avais pourtant préparé avant de partir. Il faut tout changer, tout nettoyer.

Nous n’avons pas de machine à laver, je lave le linge à genoux dans la baignoire, mon ventre me fait souffrir… Les couches jetables existent déjà mais elles sont trop chères. Je lave les couches en tissu.

Le petit, Miguel est très mignon, on ne l’entend pas.

Il a presque deux mois, il fait très chaud, une nuit il se met à pleurer. James me dit de pas aller voir sinon " le gosse " va nous embêter tout le temps. Je me lève quand même, recouche le bébé après avoir vérifié que tout allait bien. Je suis à peine au lit que les pleurs reprennent. Je lui tapote le dos pour provoquer un rot et me recouche. De nouveau des pleurs. James se lève furieux et me dit " je m’en occupe ". J’attends, étonnée, il ne s’est encore jamais occupé de son fils…
Il revient quelques instants plus tard et se couche tranquillement. Je n’entends plus rien, ce n’est pas normal, il n’a pas pris suffisamment de temps pour calmer un bébé…J’écoute attentivement. Je perçois des gémissements. Je veux me précipiter, James me retient, je me débats et arrive à lui échapper.
Je trouve le bébé dans sont lit, un coussin sur le visage solidement maintenu par les draps et la couverture enroulés autour du matelas. J’arrache tout, le bébé est rouge, il a du mal à retrouver sa respiration…
Je pleure, ce n’est pas possible ! Il a voulu le tuer ! Je reste près de lui toute la nuit pour le protéger mais aussi parce que je n’ai pas envie de m’allonger près d’un monstre.
Le lendemain je demande des explications, James dit en regardant ailleurs qu’il s’est énervé parce qu’il est fatigué et qu’il a besoin de dormir…

La peur qu’il tue mon enfant ne me quittera plus jamais.

Je décide de passer mes nuits sur le sol à côté du bébé. J’étais déjà très fatiguée, je suis épuisée. Nous ne nous parlons plus, je ne sais pas quoi faire.

Nous sommes invités chez mes beaux-parents. Ma belle-mère propose que je reste quelques jours à la campagne pour me reposer. J’accepte.

Malheureusement ma mère a déménagé, elle est maintenant repartie en région parisienne.






tentative d'infenticide

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Published by Camomille - dans 1970
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commentaires

anic 15/05/2009 12:01

l'horreur,c'est le sentiments que je ressens.j'ai 51 ans et j'ai l'impression de lire un roman de Zola,je ne sais que dire les mots me manquent...Vous avez rencontré un monstre ,de la pire espèce

Camomille 15/05/2009 15:18


Malheureusement CE N'EST PAS UN ROMAN DE ZOLA ! Savez-vous, Anic, que beaucoup de gens vivent des choses semblables. Quand on vit cela, le premier sentiment que l'on ressent c'est la honte. On se
sent toujours responsable. Ainsi moi je pensais que c'était ma faute, que c'était moi qui avait donné la vie à cet enfant, que j'aurai mieux fait d'avorter, c'était donc MOI la responsable de tout
ce qui arrivait...
Quand on a honte, on se tait, on se cache... on finit par oublier (enfin presque, on garde cela bien enfui au fond de son coeur).
On ignore combien de gens croisés dans la vie ont vécu leur propre roman de Zola. Moi j'ai parlé, j'ai choqué aussi mais on n'arrête pas une rivière qui déborde...
Ma plus grande joie est d'apprendre que d'autres personnes (hommes et femmes) ont suivi mon exemple et se sont défoulés sur la toile.
Il y en a. Je le sais car certains et certaines me l'écrivent en messagerie privée et comme moi ils en éprouvent un grand soulagement.

Amitiés



mireille 27/02/2006 10:25

... Je suis sans voix ...

La première chose qui me vient à l'esprit est : pourquoi reste-t-elle avec lui ?

Financièrement, il y a certainement des associations qui pourraient t'aider pendant le temps que tu t'organises non ?

Je sais, c'est facile à dire mais là, avec ton enfant, j'ai peur pour vous !

Courage et à bientot.

:0010: Mireille

Camomille 28/02/2006 00:15

En 1972 il y avait peutêtre des assos mais je ne le savais pas. Il faut te dire que dans la région sa famille est toute puissante et qu'il était inutile de demander de l'aide.

Syven 20/02/2006 16:17

Quel monstre....

Camomille 20/02/2006 23:04

...

mel 15/02/2006 19:45

je reviens sur ce texte qui m'a profondément boulversée..je relis les précédents...et comme d'habitude je ne trouve pas les mots...tu sais, j'accompagne au quotidien une amie victime de violence...quand on y a "goûté" on ne peux qu'être touché et revivre avec tes yeux chaque instant de ce calvaire...je trouve que tu as énormément de courage d'en parler..mais surtout d'essayer de comprendre l'incompréhensible...pour pouvoir te construire et continuer à vivre et à soutenir ton enfant...
ton message sur petite soeur m'a bcp touché..tu es aussi une grande soeur que j'embrasse tendrement..

Camomille 15/02/2006 23:48

Je t'embrasse tendrement aussi Mel. Tu m'aides beaucoup.

mel 14/02/2006 10:19

Je ne peux que me joindre, les larmes aux yeux, à cette indignation générale devant cette monstruosité ignoble et intolérable ! Quelque soit ses raisons..et ses souffrances ....ce n'est pas inévitable...et ce n'est jamais une excuse valable pour faire souffrir à son tour des personnes fragiles et impuissantes...c'est révoltant et je suis heureuse que tu t'en sois sortie..gros bisous à toi et à ton petit amour..

Camomille 14/02/2006 23:45

Je ne veux pas l'excuser, j'essaie seulement de comprendre... Il n'est pas fou, il n'était pas ivre, alors pourquoi ? Il devait bien souffrir pour faire une chose pareille... Si les pleurs avaient duré pendant des heures, on pourrait comprendre qu'il "pète les plombs" mais ce n'était pas le cas.... il ne reste donc qu'une souffrance ou reproduire la seule réaction qu'il connaissait : la violence.

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  • : C'est l'histoire d'une vie mouvementée, la mienne avec des joies et des peines. Le poids du silence devenait trop lourd, j'ai souhaité partager mes souvenirs avec d'autres pour qu'ensemble nous apportions des réponses à certaines de mes questions.
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Pour parler ! pour dire enfin ce que tout le monde me conseille de taire.

« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… » s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir. Si vous voulez lire mon histoire, cliquez sur le lien suivant :

 

 


J'ai créé une catégorie supplémentaire :

La médecine et moi 

Une rubrique indépendante dans laquelle je parle de mes relations conflictuelles avec la médecine et de ma façon personnelle de me soigner.


 

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