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24 février 2006 5 24 /02 /février /2006 11:45

 

 


Un soir je vais faire une course à l’épicerie qui est en bas de chez nous. Il est tard, le magasin va fermer. Je n’ai pas le temps d’emmener mon petit bonhomme avec moi. Je sorts sans bruit mais à peine la porte est refermée que l’enfant se met à m’appeler en pleurant. Je veux rentrer pour le prendre mais j’ai oublié la clef. Je sonne. J’entends James qui arrive, un bruit de gifle, un cri de douleur, des pleurs, je frappe, demande qu’il ouvre… il répond : " Non, je vais le dresser ce petit c**"

Derrière la porte, des piétinement, des bruits sourds, des meubles heurtés et les cris plus stridents entrecoupés de silences … et je ne peux rien faire, je supplie qu’il m’ouvre cette porte…

Les voisins tentent d’intervenir, il les insulte. Je cours chercher de l’aide au commissariat qui est juste en face.

Je reviens avec deux policiers. Les voisins sont restés sur le palier, ils attendent. Il n’y a plus de bruit à l’intérieur. J’ai peur qu’il ne soit arrivé quelque chose de grave.

Les policiers ordonnent à James d’ouvrir.

Le petit se précipite dans mes bras, les vêtements en désordre, une marque très rouge sur un côté du visage. Ses pauvres petits yeux pleins de larmes et son corps secoué par des sanglots.

James déclare froidement que c’est moi qui ait frappé l’enfant et que pour me calmer, il m’a jetée dehors… ensuite, il refusait d’ouvrir car j’étais en proie à une crise d’hystérie…

Pendant qu’il s’explique, la joue du petit est devenue moins rouge et on voit distinctement la marque d’une main. Les policiers confondent James en comparant les traces avec ma main puis avec la sienne. Il est bien obligé d’avouer.

Les policiers demandent si je porte plainte en précisant que si je le fait, mon mari ne pourra plus exercer sa profession.

J’imagine la situation : mon mari sans travail par ma faute et toute la famille contre moi… Je dis que je ne porte pas plainte pour cette fois. Les policiers sermonnent James et lui font quelques menaces au cas où une autre intervention s’avérerait nécessaire.

Après le départ des policiers, James fait son cinéma, s’excuse, évoque le stress du travail, dit qu’il ne sera jamais un bon père, qu’il ferait mieux de se tuer, il pleure… et je pardonne. 
 


enfant battu,gendarmerie,coups

 




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Published by Camomille - dans 1971 - 1972
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commentaires

Syven 02/03/2006 09:47

Pas étonnant comme attitude de la part de J. Il n'est pas le genre à assumer ses actes. A l'époque ça devait être encore plus dur que maintenant de porter plainte, je te comprends bien. Quelle longue mauvaise passe...

Camomille 02/03/2006 19:31

Oui c'était plus difficile et il était instituteur, il jouissait d'une certaine notoriété.

marie 02/03/2006 08:25

je suis venue te lire. je ne connais pas la fin de l'histoire, je ne sais pas si tu es partie. ne te laisse pas détruire, ne le laisse pas détruire ton fils par la terreur. ton mari, si on peut employer ce terme, n'a aucune excuse. protège toi, protège ton fils, barre toi. vite, si tu ne l'as pas encore fait. tu ne pourras pas aider ton petit bout si tu te laisses démolir. je t'embrasse, t'es une sacrée bonne femme.vraiment.

Camomille 02/03/2006 19:24

Merci Marie c'est le besoin de protéger mon petit qui m'a donné autant de force. Sans lui  je ne serai pas allée plus loin...

mireille 27/02/2006 10:15

"Bon"jour,

Ton "mari" est prof ???

Tu ne peux pas en parler entre 4 yeux au supérieur de ton mari ?

Pourquoi est-il ainsi ? L'était-il aussi lorsque vous n'aviez pas d'enfants ?

Courage,

Mireille

Nb : il a de la "chance" que tu sois si maganime...

Camomille 28/02/2006 00:12

Mireille les choses ont beaucoup changé depuis 1972, à cette époque un prof était intouchable.Non il n'était pas ainsi avant l'enfant, je sais que c'est en grande partie la jalousie qui le pousse à agir ainsi mais je ne pouvais quand même pas noyer notre enfant pour lui faire plaisir.

arteashow 26/02/2006 10:38

ooo...Camomille!je te découvre au fil des articles...les pauvres enfants...j' ai la larme à l'oeil.c'est insupportable je ne sais quoi dire Camomille,je me représente les scénes et tout ce qui en découle le J en question n'a aucune excuse d'étre insultant et pire encore d'être violent avec ses propres enfant,comment peut il se permettre de se justifier,n'a t il aucune limite? la situation n'est pas NORMALE Camomille,sors de cette situation au plus vite! pour toi et tes enfants.vraiment Camomille je te souhaite bien bien mieux que ce goujat protége toi Camomille.
Artea.

Camomille 26/02/2006 17:17

Merci Artea, tes mots me font chaud au coeur. Bises

mel 26/02/2006 07:58

bonjour camomille..tu sais, je peux comprendre plus que tu ne crois tout ce qui touche à la violence...même si je n'en parle pas non plus..et je sais qu'en sortir nécessite une démarche personnelle..je ne peux qu'accompagner et soutenir ce cheminement..comme tu dis l'écoute sans jugement mais aussi une aide concrète dans les démarches..les premiers pas ont déja été fait..l'éloignement physique.mais c'est la domination psychologique qui reste le plus difficile à effacer...il faut bcp de patience et de douceur...gros bisous et bon dimanche !

Camomille 26/02/2006 08:40

On n'échappe jamais à la domination psychologique. Aujourd'hui mon fils et moi avons toujours peur de lui. Tu vas lire jusqu'où cette peur est allée.Ce que je veux dire c'est qu'il faut que la personne soit décidée à sortir de son enfer. On ne décide pas qu'une personne alcoolique ou droguée va se soigner et guérir, il faut que la personne soit prête, tant qu'elle n'a pas fait sa démarche intérieure on ne peut rien pour elle sauf l'écouter... Bien souvent le fait de raconter permet à la personne de se rendre compte que sa situation est inacceptable.

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  • : C'est l'histoire d'une vie mouvementée, la mienne avec des joies et des peines. Le poids du silence devenait trop lourd, j'ai souhaité partager mes souvenirs avec d'autres pour qu'ensemble nous apportions des réponses à certaines de mes questions.
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Pour parler ! pour dire enfin ce que tout le monde me conseille de taire.

« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… » s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir. Si vous voulez lire mon histoire, cliquez sur le lien suivant :

 

 


J'ai créé une catégorie supplémentaire :

La médecine et moi 

Une rubrique indépendante dans laquelle je parle de mes relations conflictuelles avec la médecine et de ma façon personnelle de me soigner.


 

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