Une semaine après la signature de l'acte de vente, nous allons au Baptême de notre petite-fille. C'est la première fois que nous allons chez mon fils depuis le déménagement.
Mon fils et ma belle-fille sont très fiers de leur nouveau cadre de vie. Tout est joli, le quartier, la maison et les meubles neufs. Je suis heureuse de les voir si bien.
Miguel a invité des membres de sa famille, de mon ex-belle famille donc. Je m'entends bien avec eux, Mick aussi d'ailleurs. Ce sont des gens cultivés et simples.
Notre petit-fils reste fidèle à lui même. Il marmonne un « bonjour » tout en jouant avec sa Game boy. Il présente sa tête, les yeux rivés sur le jeu. Pour le reste, il nous ignore.
A la fin du repas du soir au cours duquel nous avons beaucoup ri, la marraine de la petite offre une gourmette. J'en ai pourtant offert une en sa présence pour les deux ans de ma petit-fille, quelques mois plus tôt. Elle ne peut l'ignorer puisqu'elle devait la faire graver... mais elle a sûrement oublié. Je ne veux pas croire à une mauvaise intention de sa part.
Dimanche matin, au petit déjeuner, voyant mon petit-fils seul en bout de table, je m'assois à côté de lui en disant joyeusement « alors
mon bonhomme, comment tu vas bien ? » Il répond, le regard tourné à l'opposé de moi « Et pourquoi ce n'est pas mon parrain qui s'assoit à côté de moi ? » Je lui demande
« tu veux que je parte ? » Il répond « oui ».
J'ai du mal à refouler mes larmes. Quelque chose en moi vient de se briser.
Quand la famille de Kate arrive, elle investit toute la place. Nous sommes relégués en arrière plan. Ces gens rient et parlent fort...
d'argent, de propriétés, de chevaux et autres luxes.
Les femmes exhibent bijoux et visons lançant des regards amusés et dédaigneux autour d'elles pour s'assurer que l'auditoire est bien
là.
Dans l'église ils prennent possession des premières places. Nous devrions nous imposer en tant que grands-parents mais nous n'avons aucune envie d'être parmi eux. Alors que nous quittons l'église, ma petite-fille m'aperçoit et se jette dans mes bras. J'avais bien besoin de ce réconfort.
Mon petit-fils me demande de tenir son jeu pendant qu'il met ses gants. Je le fais sans dire un mot.
Le repas est organisé dans une crêperie. Quand nous entrons, des petits fours sont disposés sur les tables. Mon petit-fils se précipite sur
celle des enfants et s'empiffre la totalité des petits gâteaux. Ses joues ressemblent à celles d'un hamster, il est rouge, réprime des hauts de cœurs tant sa bouche est pleine. Il soutient mon
regard. Il croit que je vais intervenir mais je me détourne, tout simplement.
J'entends les pleurs des autres enfants qui n'ont pas eu de petits gâteaux. Les parents s'étonnent sans rien comprendre et on apporte d'autres
gâteaux.
Je suis bien contente d'être placée de dos par rapport à la table des enfants.
Mick et moi faisons un repas très agréable en compagnie de mon ex belle-famille. Tout est délicieux.
Je ne me souviens même pas si j'ai embrassé le gamin quand je suis partie, peut-être ai-je eu droit à ses cheveux, comme d'habitude ?
Le retour, sous une pluie battante, est un véritable cauchemar.
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