Il n’y a aucun échange avec James c’est à peine si nous nous disons bonjour. Il vient toujours accompagné de Luce son amie qui attend dans la voiture.
Je suis souvent absente quand il passe chez ma mère, il doit se douter qu’il y a du nouveau dans ma vie. Je revois l’ami que j’ai rencontré en vacances. J’ai le
sentiment de vivre un peu. Je passe souvent le week-end chez lui dans en Normandie.
Je suis très nerveuse, le divorce doit bientôt être prononcé et j’ai tellement peur de ne pas avoir la garde de mon fils.
Un jour une collègue de la Sécu dit qu’elle a remarqué un type qui reste en faction dans le café en face. Je suis sur mes gardes, la dernière fois que j’ai été
épiée, on a tenté de me tuer…
Mes doutes se confirment, il est bien là pour moi. Le soir, le type me suit jusqu’à ce que je monte dans le train de banlieue. Je me garde bien de me tenir près du
quai, je ne connais pas ses intentions… Le matin quand j’arrive, il est déjà installé à son poste d’observation.
Ce type intrigue mes collègues qui avertissent la Chef de Centre. Tout le monde s’affole et fait les suppositions les plus invraisemblables. Je dis que c’est pour
moi. Après avoir vérifié que je dis la vérité, l’attitude de mes collègues change. Je fais un rapide topo de ma situation (je ne veux pas attirer les curiosités malsaines). Tout le monde veut
m’aider, ça devient une sorte de jeu.
Toute la semaine nous baladons le type. Nous échangeons nos manteaux, nos écharpes, nos bonnets et même les perruques qui sont à la mode à cette époque. Le but est
de le déstabiliser pour qu’il ne puisse pas me suivre le vendredi quand je parts rejoindre mon ami.
La veille ou tôt le vendredi matin je laisse mes bagages à la consigne de la gare pour ne pas être repérée à cause du sac. Les collègues, transportent des sacs,
pas moi. Parfois j’arrive le matin avec un bagage mais c’est une collègue qui l’emporte le soir et qui me le remet un peu plus loin. Le lundi, celle qui a été suivie raconte comment elle a fait
courir le type. L’une d’elle réussit a l’emmener à plus de 200 kilomètres…
La filature dure une quinzaine de jours puis uniquement le vendredi puis cesse complètement après la fameuse grande ballade.
Ce sont mes beaux-parents qui ont organisé et financé cette filature dans le but de prouver l’adultère… décidément, ma conduite est une obsession pour eux… cela
aurait pu marcher, car tant que l’on n’est pas divorcé on peut être surpris en adultère.
La date du divorce approche je suis de plus en plus anxieuse, je n’imagine pas la vie en sachant mon enfant victime de brutalités.
Il rentre à chaque fois, le petit visage bouffi par les pleurs. Il dit qu’il ne se souvient pas pourquoi son père l’a grondé et frappé. Cette réponse indique très
souvent que l’enfant n’a tout simplement pas compris ce qu’il a mal fait.
Maintenant il pleure quand son père vient le chercher.
Je fais mine de n’accorder d’importance ni à ses pleurs ni à sa tristesse, il doit assumer courageusement ce droit de visite et n’en retenir que le
côté obligatoire.
Ouf quelle histoire !
bonne contination
a bientôt
après une interruption de quelques jours, je reviens pour te lire....et je suis impressionnée, positivement!, de la sympathie de tes collègues, d'un coté, et de l'outrageante gonflérie de la famille de J. !!
on se dirait dans un film d'action avec toi, dis donc ;)
et toujours le petit M. au milieu, mhm..je vais lire la suite!
doux baisers...
Je vois qu'à défaut d'avoir parfois le soutien de tes amis, tu as eu celui de tes collègues et de qu'elle façon... Ils ont été je l'imagine d'une aide précieuse... comme quoi parfois, le soutien ne vient pas forcément de ceux que le pourrait croire....
Bises à toi et bonne soirée, Syl
Je suis aussi très impressionnée de l'écoute que je trouve auprès des bloggeurs. Très sincèrement je ne pensais pas intéresser des personnes... Si j'étais restée seule à raconter mon histoire ça ne m'aurait pas permis de tourner les pages une à une dans un désir pas d'oubli, c'est impossible mais de ressentir un grand soulagement. C'est un peu comme un fardeau que je dépose petit à petit sur le sol.
Merci de ta venue
Amitiés