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31 mars 2006 5 31 /03 /mars /2006 15:34
 


 


A moi de faire en sorte que l’on ne nous retrouve pas.

Maintenant que la décision est prise il est nécessaire d’être le plus discrets possible. Nous ne nous affichons pas ensemble aux abords de mon appartement ni de celui de ma mère. Il faut éviter que quelqu’un puisse donner le signalement de Boris.
La partie ne va pas être facile car mon fils est celui qui risque le plus de me trahir. Il aura bientôt sept ans, il peut donner des indications sur mes préparatifs et il est trop petit pour pouvoir garder un secret. Il ne doit se douter de rien au moins jusqu’à la dernière visite de son père, j’aurai ensuite deux semaines pour faire les choses visibles comme préparer les valises, vendre les meubles, vider l’appartement…

Boris est encore là pour quinze jours, nous faisons connaissance de nos familles réspectives, pour moi c’est très limité : ma mère, ma sœur et son futur époux. Je ne peux en aucun cas faire confiance à mes autres sœurs.
Je suis malade. J’ai un arrêt de travail, de toute façon cela ne sert plus à rien que je continue ma formation. Les symptômes sont ceux d’une MST mais les analyses sont négatives. Le médecin m’envoie à un spécialiste qui exerce dans le 16ème arrondissement de Paris (décidément…). Il ne sait pas ce que j’ai, à tout hasard, il va m’enlever les ganglions de l’aine puisqu’ils sont enflés ! ! !
Je suis très étonnée…il continue en me mettant en garde : je risque de boiter après cette opération qui est très délicate, douloureuse et sans aucune garantie de résultat… Il enchaîne en me proposant de réserver immédiatement ma chambre dans sa clinique privée. Je demande un temps de réflexion. Il n’est pas question qu’il m’opère.
Quelques jours plus tard je suis guérie, et j’oublie momentanément cet incident.

Je fais une liste de tout ce que je dois faire avant de partir. Il est essentiel que les administrations ne me recherchent pas.
- démissionner,
- solder mes impôts, je prépare une lettre que ma sœur postera après mon départ, expliquant que je suis à l’étranger,
- résilier mon assurance à compter de la prochaine échéance,
- faire établir un passeport, mais je ne fais pas de demande de visa pour ne pas laisser de trace, à l’époque il était encore possible d’obtenir un visa à l’arrivée.
- nous faire vacciner.

Je prépare une lettre en cinq exemplaires à l’attention de mon avocat, du Commissariat de Police, de la Préfecture, du Tribunal dont je dépend, en expliquant les raisons de ma fuite, et surtout que ni l’enfant ni moi ne sommes en danger, enfin que cette fuite est volontaire. Ma sœur postera cette lettre (antidatée) dans quinze de jours.



plan de fuite

 

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Published by Camomille - dans 1973 - 1977
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commentaires

eva 01/04/2006 21:17

oui, je comprends...ça devait etre un véritable saut dans le noir...tu sais, les parents de mon ami ont étés en Afrique pendant trois ans peu avant que mon ami naisse - et deux de ses frères sont nés là-bas - c'est peut etre pour cela que je suis moins vite impressionnée par ce départ (en plus j'ai une cousine qui a épousé un européen qui faisait du commerce en Afrique, et ils y ont vécu pendant 30 ans...) - mais n'importe où, le fait de partir dans l'inégalité et de tout quitter derrière toi devait etre éprouvant...!oui, une véritable aventure!bis et à plus ;)

Camomille 01/04/2006 23:28

Les autres expatriés avaient la chance de rentrer en vacances chaque années pendant 2 mois, je savais que pour moi ce serait différent, il me serait impossible de rentrer, impossible de garder des contacts avec des gens en France : rien... seule à 6000 km avec seulement des nouvelles par ma soeur quand elle le pouvait ... Partir en sachant que si ça ne va pas on peut toujours revenir, c'est quand même plus facile... Bises petite éva. demain je me repose...

eva 01/04/2006 13:57

coucou ma douce!!wow, je suis impressionnée par les précautions prises - ça ne devait pas etre simple du tout...de se cacher en pensant à tout, mince, quel courage! au meme temps tu devais éprouver une certaine éuphorie de la délivrence - quand on est proches de la sortie d'un tunnel dans lequel on se croyait perdus, l'émotion d'enfin revoir la lumière est motivante !!je te lis en retenant le respire - comme un best seller, ton écriture me captive et me donne envie de continuer la lecture! bravo, encore, pour cette capacité que tu as à te remettre dans la situation, à retrouver les sensations éprouvées, les pensées...cela doit etre bien épuisant!je t'envoie des doux baisers Camomille, bon courage pour la suite et bon week-end,baisers.

Camomille 01/04/2006 17:31

Non éva, pas vraiment de l'euphorie, j'avais envie de partir, de quitter cette vie qui était un véritable suplice mais il y avait de la peur, beaucoup de peur et de la détresse de tout quitter et je ne savais pas si j'allais réussir, et il existe des lois internationales. je savais que je ne serai jamais tranquille.
Je sortais d'un tunnel mais pour aller où? tu sais en 1977 on était bien moins documentés que maintenant sur l'Afrique, je ne savais pratiquement rien du pays où j'allais... C'était une véritable aventure...  

line 01/04/2006 09:43

souvent  la meilleure défense c est la fuite, mais là c'est vraiment  exemplaire car c est la fuite vers l'inconnu

Camomille 01/04/2006 17:23

Une possibilité de sauver mon petit m'était offerte, il est peu probable qu'une autre chance se serait présentée.

cocole 01/04/2006 09:39

heureusement qu'on ne sait pas lire dans l'avenir, sinon, on ne ferait rien,c'est ton instinct qui t'a conduit, je ne connais pas l'issue de tout cela, mais je peux te dire que tu as eu beaucoup de courage et de bon sens!

Camomille 01/04/2006 17:21

Dans cette situation désespérée, je pensais que même si j'échouais, au moins mon enfant ne pourrait pas me reprocher de n'avoir rien tenté... 

mel 01/04/2006 02:51

Un petit bonjour bien matinal..encore une étape franchie..sur le chemin de la liberté et de la vie...que de choses à faire..bravo de garder l'esprit clair..dans cette situation si compliquée...même si je sais que tout ca c'est du passé...je ne peux m'empêcher de stresser en revivant avec toi..l'angoisse du départ..du secret à garder...je t'embrasse fort..à bientôt j'espère...

Camomille 01/04/2006 06:50

Bonjour Mel, merci pour cette visite nocturne. Quand je suis partie je ne me rendais pas compte de l'ampleur de ce que je faisais, j'ai répondu à une impulsion. Je sautais dans le vide sans savoir ce qu'il y avait en bas ni la hauteur de la marche... . je me disais que je sauvais mon fils mais aussi que je l'entraînais peut-être à la catastrophe.

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  • : C'est l'histoire d'une vie mouvementée, la mienne avec des joies et des peines. Le poids du silence devenait trop lourd, j'ai souhaité partager mes souvenirs avec d'autres pour qu'ensemble nous apportions des réponses à certaines de mes questions.
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Pour parler ! pour dire enfin ce que tout le monde me conseille de taire.

« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… » s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir. Si vous voulez lire mon histoire, cliquez sur le lien suivant :

 

 


J'ai créé une catégorie supplémentaire :

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Une rubrique indépendante dans laquelle je parle de mes relations conflictuelles avec la médecine et de ma façon personnelle de me soigner.


 

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