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3 avril 2006 1 03 /04 /avril /2006 16:43

 

 

 



Certaines images restent gravées à jamais dans l'esprit. Il me suffit de fermer les yeux pour revoir notre arrivée en Afrique.
Mon fils et moi en haut de la passerelle de l’avion, l’aéroport minuscule dans un paysage gigantesque, le halo de chaleur (il fait plus de 30°), nous respirons difficilement (le taux d’humidité est de 98%), devant nous une foule immense, bruyante et colorée et l’hôtesse qui nous pousse à descendre.
Je n'ai fais que quelques pas et déjà je ruisselle de sueur. Miguel est rouge, le visage humide, il me regarde étonné, nous avons quitté Paris ce matin sous la neige.

Nous avançons, mal à l'aise, Boris nous fait signe derrière les barrières qui retiennent la foule venue accueillir les voyageurs.
Miguel qui n’est pas trop rassuré se précipite dans ses bras. En m’embrassant Boris me fait à voix basses des recommandations concernant mon visa, il ne peut m’accompagner pour accomplir les formalités de police. Des policiers me font signe de m'écarter de la barrière.

Nous attendons une éternité dans la cohue bruyante qui nous bouscule sans ménagement. Mes vêtements trempés de sueur me collent comme une seconde peau. Des gouttes coulent dans mon dos et le long de mes jambes. Boris m'adresse des signes d’encouragement.

Quand arrive mon tour le policier cherche le visa d’entrée, me demande pourquoi je n’en ai pas. Je bredouille que je suis invitée pas des amis et que je n’ai pas eu le temps de faire les formalités car j’ai été malade. Je dois répéter deux fois tellement ma voix étranglée est indistincte. Le policier hésite, tourne les pages du passeport… c’est alors que Miguel lui dit   "  Nous, on va aller voir les lions "…   Le policier regarde l’enfant qui a un magnifique sourire, il prend le tampon, "Poum", nous avons un visa de quinze jours !
Je ne me souviens plus du passage à la douane. Boris s’est occupé de tout.
J’ai envie de hurler, j’ai réussi !



Nous visitons rapidement la ville. Il y a deux monde ici. Le monde de ceux qui ont tout et le monde de ceux qui n’ont rien, enfin c’est ce que je crois à ce moment car les pauvres ont un bien qui ne s’achète pas  : la joie de vivre.

Arrivée à l’hôtel je me précipite sous la douche, j’ai l’impression que cela fait des jours que je ne me suis pas lavée. Je n’ai pas le temps de raconter notre voyage, nous sommes invités chez l’associé de Boris.
Dès que l’on quitte l’hôtel climatisé, on retrouve la chaleur et l’humidité qui ne se sont pas atténués bien qu’il fasse nuit depuis 2 heures déjà ( la nuit tombe tous les jours à 18 heures 30).
Il suffit de faire quelques mètres pour se sentir moite et collant.

Nous sommes très biens reçus mais je trouve que l’attitude de nos hôtes n’est pas celle que l’on doit avoir envers un associé. C’est plutôt une relation employeur à employé.
D’ailleurs dès le lendemain, alors que j’accompagne Boris à une réunion de travail je suis inélégamment invitée à " aller faire un tour "…
Le soir Boris me confirme pourtant qu’il est associé, qu’ils ont créé la société à deux, que petit à petit elle a grossi mais hélas, aucun écrit ne le confirme… Boris négocie actuellement pour demander que tout soit légalisé.

Nous faisons quelques achats car nous n’habitons pas la Capitale, mais dans une petite ville à 250 km de là où le climat est très agréable paraît-il.
Nous sommes arrivés depuis quatre jours. Avant de partir, je téléphone à James pour lui confirmer comme convenu, qu’il peut venir chercher son fils pour le week-end…
Cet appel sera déterminant pour la suite des événements car la police pensera que j’ai appelé AVANT notre départ et aucune recherche ne sera effectuée sur les jours précédents.


je debarque en afrique

 

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Published by Camomille - dans 1977 - 1991
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commentaires

line 04/04/2006 15:18

Bonjour Camomille,
J'avais besoin de connaître la suite tout de suite cette fois, enfin vous êtes en sécurité même si d'autres épreuves t'attendent, j ai l impression - à tort? - que vous êtes en partie tirés d'affaire
bises

Camomille 04/04/2006 18:18

Mon fils est en sécurité, c'est déjà ça. et chaque jour qui passe est un jour sans violence. Chaque jour il grandit un peu et se rapproche du moment où il sera assez grand pour se défendre.
Cela a été ma motivation journalière.

flo-h 04/04/2006 11:46

"la joie de vivre" et la capacité au bonheur....
il n'y a rien de pire pour un bourreau que de voir (ou savoir) sa (ses) victimes heureuses...c'est pourtant un combat de chaques jours que de garder l'espoir dans une vie meilleure....trés beau récit...amitié
 

Camomille 04/04/2006 18:15

Tu as parfaitement raison, la suite de mon récit va le confirmer.
Amitiés

mel 03/04/2006 19:00

Bonsoir ma camomille..un nouveau départ certes, mais un long chemin à parcourir encore..pour trouver le repos de l'esprit..mais comme d'habitude..c'est un petit ange..cette fois ton petit, qui avec son sourire a su ouvrir la première porte..j'espère que d'autres s'ouvriront encore...gros bisous et à bientôt !

Camomille 04/04/2006 00:17

Mel tu ne crois pas que tout le monde a un petit ange? mais encore faut-il le voir... C'est de voir cet ange qui m'a permis d'avancer.  C'est comme de sentir les choses qui vont arriver : tout le monde reçoit des messages mais peu de gens les entendent. Je t'embrasse tendrement

eva 03/04/2006 17:59

bonjour Camomille!quel saut dans un autre monde...combien de bouleversements...en plus, je lis entre les lignes les problèmes qu'il y aura par la suite...au boulot de B....la recherche de la police...ouf!surtout, tout va tellement vite..quand est-ce qu'il y aura un moment de repos...pour se retrouver, pour te retrouver...?je t'embrasse tendrement, à la prochaine!bonne journée, j'espère que tu as passé un bon week-end!ciao ciao

Camomille 04/04/2006 00:02

A ce moment là je ne pensais pas au repos. J'étais en plein dans la guerre...J'ai passé un bon WE, j'espère qu'il en est de même pour toi? En fait je ne sais que très peu de choses sur toi, j'aime quand tu te confies un peu... Je t'embrasse.

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  • : C'est l'histoire d'une vie mouvementée, la mienne avec des joies et des peines. Le poids du silence devenait trop lourd, j'ai souhaité partager mes souvenirs avec d'autres pour qu'ensemble nous apportions des réponses à certaines de mes questions.
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« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… » s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir. Si vous voulez lire mon histoire, cliquez sur le lien suivant :

 

 


J'ai créé une catégorie supplémentaire :

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Une rubrique indépendante dans laquelle je parle de mes relations conflictuelles avec la médecine et de ma façon personnelle de me soigner.


 

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