Depuis le mois d'août -date à laquelle elle n'a pas « pu » me recevoir, même pas juste le temps de se dire bonjour, sœur n°4 ne m'a parlé qu'une seule fois, en novembre, pour me souhaiter un bon anniversaire.
J'ai décidé de ne pas la forcer, je n'espère rien d'elle.
Je suis donc étonnée qu'elle me souhaite une bonne année. Nous échangeons des banalités. Elle a appris par sœur n°3 que j'avais une maison en Bretagne et elle s'en réjouis.
D'apprendre que nous passons à 20 km de chez elle ne l'incite pas pour autant à nous inviter à lui rendre visite. Je ne demande rien non plus.
Sœur n°3 est hospitalisée pour une intervention sérieuse. Elle me téléphone de l'hôpital puis me laisse sans nouvelle. Folle d'inquiétude, au bout de deux jours j'appelle chez elle. Elle est là, car la personne qui devait veiller sur son mari n'a pas entendu qu'il avait un malaise, il est tombé et resté au sol plusieurs heures. Ma sœur, appelée d'urgence a quitté l'hôpital pour mettre son mari en sécurité.
Elle est complètement accablée, sans solution. Je lui conseille de téléphoner aux maisons de retraite qui pratiquent de courts hébergements pour permettre au conjoint ou à la famille de s'absenter ou de se faire soigner.
Trois jours plus tard, ma sœur m'appelle de l'hôpital où elle est de nouveau rentrée après avoir placé son mari dans une maison de retraite médicalisée. Elle me remercie et m'annonce que son mari va me tenir au courant du résultat de l'opération.
Deux jours passent. Rien ! Pas de nouvelles ! J'appelle mon beau-frère qui commence par me demander d'un ton agressif comment j'ai eu son numéro puis dit qu'il a bien pensé à tenir sœur n°4 informée mais qu'il n'a pas du tout pensé à moi !
C'est toujours agréable à entendre...
Je suis bien stupide de m'inquiéter de personnes pour qui je ne compte pas vraiment.
Quelques jours plus tard, n°4 m'appelle. Pour la première fois elle se laisse aller aux confidences. J'ai bien fait de jouer l'indifférence.
Elle me parle de ses enfants et petits enfants, elle dit que c'est plus facile avec moi qu'avec n°3 qui, sans enfant, « ne peut pas comprendre ».
Je devrais me réjouire de ce rapprochement mais au travers de nos conversations jaillissent des révélations qui contredisent ce que n°3 m'a fait croire pendant des années.
Je me pose toujours la même question : « pourquoi n°3 a toujours prétendu avoir rompu toute relation avec n°4 alors qu'elles se fréquentaient assidûment » ? Je ne trouve pas de réponse et je me sens... trompée.
En fait je suis jalouse. N°3 m'a toujours fait croire qu'elle entretenait avec moi une relation particulière alors qu'il n'en était rien. Je découvre que n°4 sait tout de moi jusqu'au plus petit détail alors que l'inverse n'est pas. J'ai été tenue à l'écart de tout.
Je dois me retenir pour ne pas crier à la trahison sous peine de perdre les deux sœurs qui me restent.
Plus le temps passe et plus le doute s'insinue en moi... Qu'en est-il de mes deux autres sœurs qui d'après n°3 ne veulent plus entendre parler de moi ? Se voient-elles en cachette ?
N°3 n'a jamais été capable de me donner la raison pour laquelle elles ne voudraient plus me voir. Je n'ai jamais compris
quel pouvait-être leur motif. Je vais devoir attendre que n°4 le dise mais il me faudra ruser car dès que je pose une question directe elle change de sujet. Le terrain est miné, je dois être
patiente bien que ce ne soit pas dans ma nature.
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