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17 avril 2006 1 17 /04 /avril /2006 13:28

 



 

 

Nous considérons Rosalie comme notre fille. Sa mère vient la chercher de temps en temps pour qu’elle rende visite à sa famille. C’est une enfant gaie, vive, agréable et qui travaille bien à l’école.
Elle est parfaitement intégrée à notre vie européenne et tout le monde l’apprécie énormément.

Sa mère nous annonce qu’elle part en France et nous demande de garder sa fille jusqu’à ce qu’elle puisse la faire venir. Nous acceptons, bien entendu.
La petite est partagée entre le soulagement de ne plus aller passer le week-end avec sa mère et la déception de ne pas faire partie du voyage. La France la fait rêver, ses amies, nos amis, tous en parle comme d’un pays où tout est facile et merveilleux.
Elle n’accepte pas ce départ et pose beaucoup de questions. Je trouve des arguments pour la rassurer. Sa mère va certainement revenir prochainement, la vie en France n’est pas si merveilleuse que ce que l’on dit. Au mieux, si les choses se passent bien, sa mère la fera venir pour les vacances…

Nous n’avons aucune nouvelle pendant de longs mois jusqu’au jour où une lettre arrive. La mère de Rosalie s'est mariée. Elle a envoyé des photos. On la voit très souriante : à la sortie de la mairie, en voyage de noce sur la Côte d’Azur et enfin dans une station de sport d’hiver.
La petite hurle de rage, s’en prend à moi, je lui ai menti en disant que sa mère n’écrivait pas parce qu’elle rencontrait des difficultés, ces photos montent qu’au contraire elle est très heureuse…

A compter de ce jour, Rosalie n’ai plus la même. Elle regarde très souvent les photos qu’elle garde dans une boîte.
Je n’ai pas mesuré l’importance de son désarroi. Je croyais que ce que nous lui donnions suffisait à la rendre heureuse. Je n’ai compris que beaucoup plus tard qu’elle n’avait retenu qu’une chose : SA MERE L’AVAIT ABANDONNEE…

Comme personne ne comprend sa détresse elle se fabrique " une situation ". Le moindre refus, la moindre parole de reproche vient s’ajouter à la détresse de l’abandon et constitue une multitude de malheurs dans laquelle elle se complaît.
Elle cherche la compassion, elle ne rencontre qu’envie et admiration à son égard. Elle se débat dans une incompréhension totale.

L’attention particulière que nous portons à l’échec scolaire de Miguel déclenche sa haine.
Elle n’est plus son alliée ni sa grande sœur elle se range aux côtés de ceux qui se moquent de lui. Il devient son premier ennemi.

Je ne m’inquiète pas, je pense que c’est passager et assez courant entre frère et sœur.




enfant recueilli

 



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Published by Camomille - dans 1977 - 1991
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commentaires

sabineb (chorouky) 29/04/2006 12:05

J'aime beaucoup la façon dont tu écris...Je dois arrêter ma lecture, bien à regret, faute de temps. As-tu l'intention de faire un livre ? Ce serait chouette...Bisous, sabineb

Camomille 29/04/2006 14:20

Mon intention est de libérer mon esprit de tout cela, et c'est dejà beaucoup... Bises

angelyz 18/04/2006 06:38

oui, d'accord, c'est pour protéger sa fille que sa mère a agi de cette façon mais pourquoi ne pas lui avoir parlé ? pourquoi ne pas avoir gardé un minimum de contact ?bonne journéebizou

Camomille 18/04/2006 08:23

Le grand problème est là. Je connais beaucoup de drames qui ont pour origine les non-dits... Comme je l'ai dit à Mel, ce n'était pas mes explications qu'elle voulait entendre mais celles de sa mère.

mel 18/04/2006 05:15

C'est vrai que tout l'amour du monde ne peux remplacer celui d'une mère..je n'ai aucun droit de juger, certaine que la mère a fait le meilleur choix..le sien..mais une chose est sure..les mots sont tellement important..des mots pour dire tout son amour...des mots pr expliquer les raisons pr lesquelles elle l'a confié..la déchirure aurait pu être moins violente..même si le sentiment d'abandon est inévitable...mais ce bonheur visible...inacessible...était trop violent pour la petite...quelle douleur pour vous aussi...sentiment d'impuissance...gros bisous !

Camomille 18/04/2006 08:20

C'est exactement ça, Mel. La mère n'a jamais parlé à sa fille, elle ne lui a jamais expliqué le pourquoi. Ce n'était pas mes explications que R. voulait entendre, c'était celles de sa mère. Et surtout ce qui a perturbé la petite c'est de voir ce que moi j'étais capable de faire pour mon enfant. Elle me répondait toujours : Toi tu n'as pas abandonné ton enfant même si la situation matérielle de son père était plus élevée que la tienne...
Pour nous c'est un échec, nous pensions lui avoir tout donné et elle voulait une chose que nous ne maitrisions pas. Nous nous sentions coupables de l'avoir recueillie car nous n'avions plus la certitude de l'avoir enlevée à son triste destin. puisque nous n'étions pas capables de la rendre heureuse, il aurait mieux valu la laisser... nous nous trouvions dans une situation irréversible car impossible pour elle de se réinsérer dans sa famille.

marie 17/04/2006 19:10

J'imagine combien cette sitution doit blesser un enfant mais combien elle doit vous faire souffrir aussi, de voir votre petite si triste. Je ne sais pas trop quoi dire, c'est le premier article que je lis, je vais donc continuer pour mieux apprendre à connaitre votre vie

Camomille 17/04/2006 23:07

Nous ne comprenions pas comment cette situation pouvait lui faire autant de mal alors que nous lui donnions tout... que pouvions nous lui donner davantage? 

angelyz 17/04/2006 17:34

pauvre gosse ! ça me plante un poignard dans le coeur de voir encore ces agissements (en plus des vôtres)bizou

Camomille 17/04/2006 23:01

Sa mère n'a jamais compris pourquoi R. n'avait pas accepté la situation. Elle a fait ce qui était le mieux pour sa fille, jamais elle n'aurait pu lui donner l'éducation et l'instruction qu'elle a maintenant. Que ce serait-il passé si R. était restée avec sa mère en supposant que sa santé se soit améliorée ? Cette femme vivait de ses charmes et la petite aurait fait la même chose. C'est justement pour échapper à cette fatalité qu'elle nous a confié R. ...  

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  • : C'est l'histoire d'une vie mouvementée, la mienne avec des joies et des peines. Le poids du silence devenait trop lourd, j'ai souhaité partager mes souvenirs avec d'autres pour qu'ensemble nous apportions des réponses à certaines de mes questions.
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Pour parler ! pour dire enfin ce que tout le monde me conseille de taire.

« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… » s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir. Si vous voulez lire mon histoire, cliquez sur le lien suivant :

 

 


J'ai créé une catégorie supplémentaire :

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Une rubrique indépendante dans laquelle je parle de mes relations conflictuelles avec la médecine et de ma façon personnelle de me soigner.


 

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