Je suis heureuse de reprendre le travail. Même si c'est très difficile de laisser la maison de Bretagne, j'ai hâte de ne
plus repenser au passage de mon fils. D'autres détails me sont revenus, très douloureux.
Je suis persuadée que Miguel a été à deux doigts de me frapper. C'est effroyable mais je suis certaine de l'avoir lu dans
son regard. Je cherche encore à m'expliquer pourquoi il a réagi avec une telle violence.
Depuis que ses parents sont arrivés, notre petite-fille semble nous haïr. Elle ne supporte même plus que nous la
regardions. Elle fronce le visage et va se réfugier dans les bras de ses parents... Pas question non plus de lui donner un verre d'eau ou de l'aider à mettre ses chaussures par exemple, elle nous
lance un regard haineux et la bouche tordue par la rage hurle 'Non ! pas toi ! c'est Papa ou c'est Maman ! '
Elle n'a rien inventé, tous les enfants font cela, à la différence que là, les parents n'interviennent pas, sans doute
flattés de se voir préférés.
C'est dans cette circonstance, la petite vient de me repousser méchamment alors que je voulais l'aider à nouer sa
serviette, que je dis tristement à la petite : « tu es vraiment vilaine avec moi... »
Miguel, qui était assis, se lève d'un bond, se place à quelques centimètres de moi et me toisant de toute sa hauteur, le
regard fixe, les mâchoires serrées, dit entre ses dents « pourquoi tu dis ça à ma fille ?»
Je bredouille que je suis déçue qu'elle me repousse ainsi alors qu'elle a été si mignonne pendant son
séjour...
Pour éviter le conflit, je préfère quitter la pièce avant qu'il ne me réponde.
C'est bien ! La petite vient d'être confortée dans son attitude agressive.
Cela me rappelle un dimanche après midi chez Miguel, il y a de cela deux ans, alors que je montais l'escalier, les bras
chargés de paquets, mon petit fils m'avait lancé violemment un coussin en plein visage, pas par jeu, non, simplement comme ça...
Comme son père avait vu la scène, je m'attendais à ce qu'il intervienne. Mais comme il n'en faisait rien, j'avais juste
dit à l'enfant, doucement, « tu n'est vraiment pas gentil... ».
Miguel m'avait alors demandé, menaçant : « Pourquoi tu dis ça ? »
« mais parce qu'il vient de m'envoyer un coussin au travers de la figure... »
Miguel avait répondu : «... et il a raison ! tu n'as pas à lui dire qu'il n'est pas gentil !
».
J 'avais alors surpris le regard de l'enfant qui arborait un sourire satisfait. Son attitude à notre égard se
modifia très rapidement car si j'avais bien compris que mon fils m'interdisait de dire quoi que se soit à l'enfant, l'enfant avait compris que mon mari et moi n'étions pas dignes de
respect.
A propos de notre petit-fils, j'avais acheté pour lui un jeu des 7 familles. Alors qu'il s'apprêtait à partir de la
maison de Bretagne, je lui présente le jeu. Il demande
« c'est le jeu des 7 familles de quoi ? »
« des familles de régions Bretonne, les personnages sont très amusants... »
Il ne prend même pas la peine de saisir la boîte que je lui tend, il tourne les talons en disant :
« Je n'en veux pas, j'en ai déjà plein... ».
Pendant ce temps, à l'étage, Kate rassemble les affaires de sa fille, Mick qui l'aide, se prend lui aussi son "rateau".
Kate sort le DVD que nous avons acheté à notre petite-fille du sac de jouets : elle ne veut pas l'emporter, « les jouets que vous avez achetés, doivent rester chez
vous ».
Il en sera de même du seau, de la pelle et des petits jouets que la petite à demandés.
« Nos cadeaux, on se les garde ! ».
Mick a réussi à placer le DVD dans le sac de jouets, à l'insu de Kate, bien entendu, quant au seau et à la pelle, nous
les avons placés au-dessus de nos poubelles, cela fera peut-être le bonheur d'enfants moins gâtés !
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