Au soir de mon anniversaire, un courriel me surprend beaucoup. Par l'intermédiaire d'un site de retrouvailles, je suis avertie qu'une certaine Marielle souhaite
entrer en contact avec moi. Si je reconnais cette Marielle, il me suffit de payer une cotisation pour avoir ses coordonnées.
Oui, je la reconnais, je la reconnais même très bien Lire ici l'article. La colère se
ravive en moi. Quel toupet de vouloir me parler !
Je réfléchis un moment puis décide de cocher la case, reconnaissant que Marielle est bien une ancienne relation. Je ne veux pas payer de cotisation, surtout que ce
que j'ai à lui dire tient en quelques mots : tu m 'as trahie quand j'avais besoin de toi, tu ne m'intéresse plus...
Dès le lendemain, elle m'envoie un message plein de points d'exclamation sensés exprimer sa joie. Elle a donc payé sans tarder pour entrer en contact avec
moi. Elle va être très déçue.
Au moment de lui répondre vertement, je ne trouve pas le courage de l'envoyer promener comme je me l'étais pourtant juré. Ma vieille colère me semble tout-à-coup
ridicule. Une simple explication devrait suffire. Elle avait peut-être un motif pour refuser son témoignage, elle a peut-être eu peur des représailles, comme tant d'autres ?
Je décide que cela peut attendre et le dialogue s'établit. Je reste sur la défensive. Je suis ainsi, tant que j'ai quelque chose sur le cœur, je reste
crispée.
Nos relations sont malgré tout très fortes, très intimes comme elles l'étaient sans doute quand nous fréquentions le même lycée.
J'attends ses messages avec impatience. Il faut absolument crever l'abcès, je ne supporte plus d'avoir cela sur le cœur. C'est alors que je prépare mes arguments
que je me pose (enfin) les vraies questions :
Qu'a t-elle fait au juste ?
Elle a refusé de témoigner... mais de témoigner de quoi, puisqu'elle ne nous fréquentait pas ?
Son témoignage aurait-il changé quoi que se soit à mon destin ? Bien sur que non. Ce n'est pas parce qu'elle aurait déclaré que j'étais malheureuse que mon
mari aurait été jeté en prison à vie...
Je me demande bien pourquoi j'ai gardé une telle rancune pendant toutes ces années.
La seule chose que je puisse reprocher à Marielle c'est de ne pas m'avoir soutenue par sa présence et son amitié. A sa décharge, je comprends que pour une jeune
fille de 22 ans ce n'était pas une chose aisée. Je conçois très bien qu'elle se soit sentie effrayée et pas assez forte pour répondre à mon attente.
Je ne lui en veux plus du tout, je ne veux même plus aborder ce sujet. J'ai honte de ne pas avoir analysé plus tôt mon sentiment de façon sereine. Je suis vraiment
heureuse qu'elle m'ait retrouvée, cela en valait la peine.
Je viens de lui donner l'adresse de ce blog et j'attends avec inquiétude sa réaction à l'article qui la concerne. J'aurai pu le supprimer mais cela aurait été lui
mentir. J'espère qu'elle comprendra que si je lui ai consacré ces deux articles c'est que son amitié compte beaucoup pour moi...
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