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10 juin 2006 6 10 /06 /juin /2006 16:28
 
 
 



Complètement désorientée je me laisse entraîner par les miens. Mon beau-frère invite tout le monde à dîner mais personne n’en a réellement envie. Nous allons dans le café qui fait face au Palais de Justice.

Je fais part de ma gratitude à mon couple de témoins grâce à qui j’ai été relaxée. Elle m’explique que depuis treize ans les remords la rongent, elle n’a pas cessé de regretter de n’avoir pas révélé ce qu’elle savait. C’est elle qui me remercie de l’avoir appelée comme témoin car je lui ai permis de soulager sa conscience.

Mon beau-frère s’occupe (à sa manière) de mon avocate :
" ça doit vous étonner d’avoir gagné un procès…
Elle : c’est toujours une grande victoire mais en 16 ans de métiers, ce n’est pas la première fois…
Lui : Ah, bon… je croyais…
Elle rougit de colère mais ne dit rien.

Il recommence : "et mes 50 000 F, vous me les rendez quand ?
Elle : ce n’est pas moi qui les ait, il faut attendre que la procédure soit close donc après les dix jours d’appel, ensuite il faut attendre l’enregistrement des actes avant que l’on me rembourse et ensuite je vous rembourserai.
Lui : j’espère que vous n’allez pas faire la fête avec mon argent…
Elle préfère partir en prétextant un rendez-vous urgent. Elle me préviendra dès qu’elle saura quelque chose concernant l’appel.

Seule ma fille a accepté l’invitation à dîner. Ma sœur essaye de l’en dissuader : elle ferait mieux de rentrer tout de suite car ce n’est pas prudent de rentrer seule la nuit puisque Miguel et moi dormons à l’hôtel avec eux.
Le repas est triste, il est clair que la présence de Rosalie importune.

Le lendemain nous rendons visite à ma mère qui ignorait que nous étions rentrés d’Afrique. Nous avions préféré lui épargner l’angoisse du procès. La visite est très éprouvante, je n’ai pas vu ma mère depuis huit ans et son état s’est beaucoup dégradé dans cette maison de retraite où elle vit enfermée dans une petite chambre refusant le contact des autres pensionnaires. Quand nous partons elle dit : Merci mon Dieu, maintenant je peux mourir…

Nous retournons en province.
Miguel va se déclarer à la caserne pour faire son service militaire (les expatriés ne sont pas appelés). Il souhaite s’engager, la vie militaire l’attire. Mon beau-frère est venu avec nous et quand mon fils dit qu’il aimerait apprendre la cuisine mon beau-frère lui crache : tu ne vas quand même pas faire : " marchand de soupe ! ".
Moi je veux bien qu’il fasse " marchand de soupe " pourvu que ça lui plaise… mais Miguel  blessé, se laisse influencer et dit qu’il ne veut plus " faire cuisine ".
Dommage, il a peut-être manqué sa vocation car il est très doué pour la cuisine…

Les dixième et onzième jours, je vis sur la terrasse à l’écoute d’une sonnerie du téléphone. Ce n’est que le lendemain dans la soirée que mon avocate annonce que tout est bien fini : personne n’a fait Appel. Elle a attendu pour être certaine en raison des délais d’acheminement du courrier.

J’annonce la bonne nouvelle à quelques amis d’Afrique qui vont se charger de répandre l’information. J’ai décidé de rester en France.




 

temoins,caution,appel,militaire,engagé

 

 

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Published by Camomille - dans 1991 (le procès)
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commentaires

Line 12/06/2006 08:55

une histoire, ton histoire racontée avec tant d'humanité que tous tes lecteurs se sont sentis concernés
et enfin tu vois le bout du tunnel même si tout n est pas gagné

Camomille 12/06/2006 23:38

Après avoir vécu cela, on supporte mieux les petits désagréments de la vie. Quand ça n'allait pas il me suffisait de penser : si j'étais en prison ce serait bien pire... et bizarement les choses désagréables perdaient de leur importance...
Bises

cocole 12/06/2006 08:29

même si c'est passé depuis longtemps, j'ai envie de te serrer dans mes bras pour t'aider à trouver la force de continuer ton chemin.je t'embrasse bien fort.

Camomille 12/06/2006 23:35

Je te remercie de tout mon coeur, de la force j'en ai, mais je ne suis pas en fer et cela fait drôlement du bien de recevoir des encouragements. C'est en effet trop tard pour les événement passés mais il est encore temps de m'aider pour les accepter.
J'avais besoin que l'on me dise que tout cela n'était pas rien. Il fallait que l'on reconnaisse l'importance de ces événements.
Je t'embrasse aussi très fort.

claire 11/06/2006 00:38

terrible histoire mais tu as eu de la force.merci pour ton comment.bisou
claire

Camomille 11/06/2006 06:55

Merci Claire.

Congregation mariale 10/06/2006 22:36

T'écris bien

Camomille 11/06/2006 01:01

Merci.

angelyz 10/06/2006 21:08

alors, de retour au pays et tranquille en plus :)bizou

Camomille 11/06/2006 01:01

tranquille, tranquille.... tu oublies le beau-frère !!!
Bises à toi

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  • : C'est l'histoire d'une vie mouvementée, la mienne avec des joies et des peines. Le poids du silence devenait trop lourd, j'ai souhaité partager mes souvenirs avec d'autres pour qu'ensemble nous apportions des réponses à certaines de mes questions.
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« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… » s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir. Si vous voulez lire mon histoire, cliquez sur le lien suivant :

 

 


J'ai créé une catégorie supplémentaire :

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Une rubrique indépendante dans laquelle je parle de mes relations conflictuelles avec la médecine et de ma façon personnelle de me soigner.


 

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