Pour parler ! pour dire enfin ce que tout le monde me
conseille de taire.
« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… »
s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir. Si
vous voulez lire mon histoire, cliquez sur le lien suivant :
Depuis qu’il est venu chez nous en Bretagne pour rechercher sa fille, nos rapports sont tendus. Ses appels téléphoniques
s’espacent. Comme je suis très occupée par mon contrôle fiscal, je n’ai pas le temps de bavarder avec lui et encore moins lnvie de m’étendre sur la progression du contrôle.
Il a créé une entreprise de rénovation et d’aménagements intérieur. En septembre, comme il fait des travaux sur Paris, il
nous rend visite. Tout se passe bien, les choses se passent toujours bien quand il est seul.
Il faut savoir qu’en présence des enfants il est IMPOSSIBLE d’échanger deux phrases de suite sans être interrompu par des
« fais pas ci ! fais pas ça ! laisse ça ! Arrête ! » adressés aux enfants par Miguel ou par Kate.
Quand les enfants ne font pas de bêtises, les chères têtes blondes interrompent les conversations à tout instant en
exigeant l’attention des adultes sur des considérations primordiales telles que le fait qu’un petit bonhomme Playmobil ait ou non un chapeau par exemple…
Pour mon fils et son épouse, répondre au moindre balbutiement d’un de leurs enfants est une priorité absolue.
Quelque soit le sujet, quelque soit son importance, la conversation entre adultes est interrompue immédiatement. On peut ainsi recommencer une conversation interrompue quatre ou cinq fois sans
jamais obtenir un minimum d’attention.
Que fait-on dans ce cas là ? On abrège et on se tait. On en arrive à ne plus parler de rien. On se tait et on
s’ennuie en réprimant une envie folle de partir…
Lors de son passage à Paris, Miguel nous a invité à l ‘anniversaire de son épouse qui aura lieu en juillet 2009.
Nous avons refusé : aucune envie de faire de la « figuration » derrière « ces dames » tout en bijoux et manteaux de fourrure comme au baptême de la
petite.
Début décembre, Kate est licenciée pour raison économique. C’est un très gros coup pour eux. Miguel ne gagne pratiquement
rien et le couple doit rembourser l’emprunt pour son matériel de chantier en plus des emprunts pour la maison et pour la voiture. Ils sont abattus quelques jours mais très rapidement retrouvent
leur assurance.
Comme nous passons la période des fêtes de Noël en Bretagne, Miguel annonce qu’ils vont venir nous voir et… je refuse.
Oui, je refuse ! Je dis aussi pourquoi. Je ne veux pas revivre la même chose qu’en août : la mauvaise humeur, l’énervement, le sentiment de gêner dans ma propre maison, d’être mauvaise
en tout, d’avoir tout raté, d’être à côté de la plaque en toutes circonstances…
Miguel est triste et déçu, je m’y attendais, ça me fait mal. Le lendemain, il demande des précisions car il ne comprend
pas ce que je lui reproche. Son épouse lui a confirmé le sentiment que « tout c’est bien passé en août »…
Non, désolée : les choses se sont mal passées et je ne souhaite ni les recevoir, ni leur rendre visite pour le
moment.
Quelques jours avant Noël, Miguel apprend que Boris est décédé. C’est un choc, il le considérait comme son père – Boris
l’a élevé pendant 13 ans, c’est grâce à lui qu’il a pu échapper aux violences infligées par son père biologique, c’est aussi grâce à lui qu’il a vécu une jeunesse hors du commun en
Afrique.
Lors de l’enterrement où je ne suis pas allée, Miguel a revu Rosalie (la fille que j’ai recueillie et élevée en Afrique)
qu’il considère comme sa soeur, d’ailleurs c’est elle qui l’a prévenu du décès de Boris. Ils n’ont échangé que quelques mots après 15 ans de silence. Elle ne souhaite visiblement pas renouer de
contacts.
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C'est l'histoire d'une vie mouvementée, la mienne avec des joies et des peines. Le poids du silence devenait trop lourd, j'ai souhaité partager mes souvenirs avec d'autres pour qu'ensemble nous apportions des réponses à certaines de mes questions.
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