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28 juin 2006 3 28 /06 /juin /2006 17:34


 

Ma sœur ne communique pas. Quand elle m’appelle, elle pleure mais ne veut rien dire… Elle attend du réconfort mais sans rien confier.

C’est ainsi que lorsque je lui souhaite son anniversaire, mon beau-frère m’annonce qu’elle va être hospitalisée d’urgence à Paris car cela fait trois mois qu’elle est très malade et qu’on ne trouve pas l’origine de ses malaises.

Dès son arrivée, je me précipite à l'hôpital. Je trouve ma sœur complètement défigurée, bouffie par la cortisone qu'on lui a administrée à forte dose.

Ce traitement cache les maux réels. Il faut attendre que le produit soit éliminé avant de commencer les examens.

Elle souffre d'un lymphome. Je ne vous raconterai pas les traitements, les opérations, les séjours en soins intensifs puis la chimiothérapie et l’isolement.

Ma sœur bascule entre la vie et la mort pendant trois mois. Je vais la voir pratiquement tous les jours car elle réclame sans cesse ma présence.

Son mari est resté auprès d’elle aussi. En le relayant je lui permets de tenir car nous ne sommes que deux.

Je fais tout ce que je peux pour elle et même davantage. Je suis épuisée, elle me fait courir partout. Je me souvient d’un dimanche 26 décembre où j’ai cherché partout des fruits fourrés à la pâte d’amande. La plupart des boutiques étaient fermées. J’ai fini par les faire moi-même en catastrophe car c’était la seule nourriture qu’elle acceptait de prendre.
Après, elle m'en demandait tout le temps ; non pas parce qu’elle les mangeait à toute vitesse mais parce que la famille de son mari se les goinfraient sans complexe ! Je devais en faire plusieurs fois par semaine le soir après ma journée de travail et ma visite à l’hôpital.

Chaque jour elle me demandait de faire des achats. J’ai acheté une perruque, des tonnes de bonnets, de foulards et une eau de Cologne introuvable mais dont elle avait envie. Parfois quand j’arrive le soir à la maison, l’infirmière me demande de revenir car elle n’arrive pas à calmer ma sœur qui pleure et fait des arrêts cardiaque.

J’ai vieilli de dix ans en trois mois.

Enfin elle s’en est sortie, tout doucement.

Dès qu’elle s’est trouvée hors de danger et que ma présence est devenue moins indispensable, mon beau-frère m’a fait comprendre que je devais m’effacer. Ses enfants prenaient le relais.

En remerciement pour ce que j’avais fait, non sans me dire que j’étais responsable de la maladie de ma sœur, puisque selon lui, le lymphome était la conséquence directe des contrariétés provoquées par ma fuite en Afrique, mon beau-frère m’a donné un chèque pour mon argent de poche (nous partions au Canada) en me recommandant comme à une môme de ne pas le dépenser avant de partir.




 

cancer,chimiothérapie,lymphome,cortisone,perruque

 

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Published by Camomille - dans 1993 - 1995
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commentaires

cocole 12/07/2006 18:38

je suis écoeurée du comportement de ton beauf!je ne sais quoi dire tant il m'atterre!!!

eva 12/07/2006 11:21

imressionnant...de voir jusqu'où des gens peuvent être bornés - même dans des situations aussi graves - on est quand même entre la vie et la mort !! - certains gens ont le toupé de penser à leur petit orgueil blessé...ton beau-frère est accablant.
on espère toujours qu'au moins là les masques tombent...hélas, l'entêtement de certains est inépuisable...
je pense à toi, ma Camomille, encore face à des souvenirs délicats.
doux baisers!

Camomille 12/07/2006 18:27

En fait, tant que ma soeur était entre la vie et la mort (elle a été ranimée 3 fois dans une même journée) il était charmant. C'est après qu'il est redevenu lui-même il avait peut-être honte d'avoir eu besoin de mon aide...
Une chose est bonne dans tout cela. Je considère que je ne dois plus rien à ma soeur, que nous sommes quittes.

pom' 12/07/2006 08:15

Tu as fait ce qu'il fallait, tu étais auprès de ta soeur quand elle a eu besoin de toi. Bien souvent on ne reçoit pas de remerciement pour cela mais on a la conscience tranquille.

Camomille 12/07/2006 09:45

Ma soeur a été reconnaissante, de toute façon je n'attendais rien en retour, j'ai fait ce que je devais faire, c'est tout. Je pense que mon beau-frère a été jaloux du rapprochement qui s'est fait entre ma soeur et moi et qu'il s'est empressé de détruire. Il avait peur que je fasse prendre conscience à ma soeur de sa dépendance et de son asservissement.
Heureusement pour leur couple, tout est rentré dans l'ordre (SON ordre).

line 12/07/2006 07:14

c'est évident que tu n es pas responsable de la maladie de ta soeur, c est tout aussi évident que tu l as aidée généreusement mais qu'elle est d'une ingratitude stupéfiante et que son mari est un ... je ne voudrais pas être grossière alors je me calme :)bonne journée Camomille

Camomille 12/07/2006 09:41

Tu sais, il m'a déjà accusée d'avoir tué ma mère, alors maintenant je suis responsable de la maladie de ma soeur.... pourquoi pas.... Il peut me dire responsable du mauvais temps, du prix du pétrole et d'autres choses.... Il n'empêche que ce genre de parole fait très mal !!!!

flo-h 11/07/2006 20:32

difficile période! les maladies graves sont un enfer, pour la victime et les proches!il n'y a pas grand chose a faire à part prier ! (même Mère nature)
je pense à une chose, en lisant les descriptions de ton beau-frère, c'est  quelqu'un de profondément mysogine, pour lui les femmes sont d'éternelles mineures irresponsables et capricieuses,(c'est rassurant pour la virilité fragile) ta soeur ne devait pas vivre le parfait bonheur avec lui  même si elle ne disait rien...(sacrée croix pour elle, on comprend son aigritude)(personnellement, je ne peux m'empêcher d'envier parfois ceux et celles qui se contentent des "apparences" pour s'imaginer heureux..mais au fond c'est ne pas pas vouloir (ou pouvoir) regarder leur profonde solitude intérieure...)
amitié et courage ^_^
 

Camomille 12/07/2006 06:07

Merci Flo, tu m'aides beaucoup à analyser les événements de ma vie et les personnages qui la peuplent.
En effet, mon beau-frère traite les femmes commes des objets. Il dit clairement qu'il a "acheté" une belle femme plus jeune que lui de 18 ans à qui il ne demande que d'être belle. Elle est traitée comme un objet.
Pour le peu qu'elle me confie elle en souffre mais elle dit qu'elle a fait le choix de ne jamais manquer d'argent. Elle est couverte de bijoux (assurés et immédiatement légués par testament aux enfants de son mari qui sont devenus les siens puisqu'il l'a obligée à les adopter dès que sa première épouse est décédée), s'achète des vêtements à profusion mais elle ne possède RIEN en propre. Je crains fort qu'au décès de son mari elle ne se retrouve sans rien, mais elle ne veut pas m'entendre... 
Tu as raison de dire que cela explique son aigritude mais je ne suis pas disposée à être son exutoire.
Bises

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  • : C'est l'histoire d'une vie mouvementée, la mienne avec des joies et des peines. Le poids du silence devenait trop lourd, j'ai souhaité partager mes souvenirs avec d'autres pour qu'ensemble nous apportions des réponses à certaines de mes questions.
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Pour parler ! pour dire enfin ce que tout le monde me conseille de taire.

« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… » s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir. Si vous voulez lire mon histoire, cliquez sur le lien suivant :

 

 


J'ai créé une catégorie supplémentaire :

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Une rubrique indépendante dans laquelle je parle de mes relations conflictuelles avec la médecine et de ma façon personnelle de me soigner.


 

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