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19 octobre 2006 4 19 /10 /octobre /2006 17:07
 
 


Un matin de janvier, alors que je m’apprête à aller travailler, le téléphone sonne. C’est le numéro de portable de Miguel qui s’affiche. J’hésite à répondre, je vais être en retard… je décroche quand même.
C’est un pompier. Miguel a été accidenté sur la voie publique et va être transporté à l’hôpital. Le pompier me donne le nom de l'établissement hospitalier et me demande de prévenir l'épouse de Miguel.
J’entends mon fils parler. Le pompier dit de ne pas s’affoler.

Ne pas m'affoler? Je sais bien que si mon fils a demandé que je sois prévenue en premier, c'est qu'il estime que son état est grave !
Je préviens Kate. Nous irons ensemble à l'hôpital. Nous devons emmener l'enfant avec nous car sa nourrice est malade.
Après plus d'une heure d'attente, j'ai enfin l'autorisation de voir mon fils. Kate reste avec le bébé en salle d'attente des urgences.


Il est sur un brancard dans un couloir, il y a des malades partout. Les cas les plus graves sont dans une salle, avec des rideaux de séparation et le personnel soignant s’agite entre les lits. Son cas ne doit pas être trop grave.
Avant même de nous parler nous échangeons un long regard. Nous n'avons pas besoin de parler.
Pour être certain que j'ai bien compris, il dit : "je ne peux plus bouger les jambes et mes bras s’engourdissent"
Je réponds : "ne t'inquiète pas, je suis là !"
Il sait ce que cela veut dire. Je lui ai juré que s’il se trouvait un jour lourdement handicapé, je ferais le nécessaire pour abréger ses souffrances.
Le médecin dit qu’après le choc très violent qu’il vient de subir, la paralysie momentanée des membres, n’est pas alarmante. Il faut patienter.

Je l’accompagne à la radiologie. Nous attendons des heures dans un couloir plein de courants d’air. Il a froid, je lui donne mon manteau et mon écharpe, il s’endort. Kate est partie après l’avoir embrassé et rassuré. Elle doit s'occuper du bébé dont la place n'est pas dans une salle d'attente des urgences pleine de microbes.

Miguel m’a raconté l’accident. Il a été percuté par un automobiliste qui ne l’avait pas vu alors qu’il attendait tranquillement sur son vélo que le feu passe au vert. Son casque l’a sauvé.

Après les radios, le médecin urgentiste décide de l’hospitaliser en traumatologie. Je l’installe, dans une chambre, Kate peut revenir avec l’enfant maintenant.
Petit à petit Miguel retrouve l’usage de ses membres, il a mal partout, surtout à la tête mais il est soulagé.

Le vélo est broyé, le genou aussi. Il va souffrir de pertes de mémoire et de maux de tête pendant plus d’une année.

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Published by Camomille - dans 2002
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commentaires

M 26/10/2006 22:24

il faut rappeller que j ai dejas un un grave accident de voiture plus jeune et j ai failli la aussi rester paralise de la tete aux pieds  tout devait etre mort  innerte tel un legume ma mere ne vous dit pas qu elle est ma vie ma vie c est ma famille ,le sport :natation 3 h par semaine ,footing 40  km par semaine et une heure de salsa par semaine,mes amis,ma maison  et mon boulot plus jeune il ny avait que le sport  dance judo equitation footingla dance 2 fois le judo entre 2 et 4 tout ca par semaine  footing de temps en temps l equitation 2 a 3 heures par jours je ne vois pas la mort comme une ennemi bien au contraire la vie ici bas n est qu un passage et rien ne nous oblige a le vivre tel que la societe nous l impose je ne vois pas quel est le bien a vivre comme un legume apres ce dernier accident j ai toujours des mauts de tete (chose que je ne connaissais pqs avant ) des troubles de la memoire lointaine et presente et si j etais reste paralise quel aurait ete ma vie entre impotance  douleurs et la memoire qui flanche il faut le vivre pour le comprendre chaque douleur ,souffance , d un individu a l autre est differante et si cela ressemble a de la lachetee pour certain pour d autre c est une preuve de courage mais ai je le droit de decide de mon droit de vivret ou ai je le droit de faire subire mon andicap a ma famille et pire a mon fils et maintenant a ma fille ?  DIEU merci je  n ai plus rien a part la tete de temps en temps desole d avoir ete si long et merci a vous de lire ma mere et de lui etre fidel

Camomille 26/10/2006 23:25

Ce qui m'inquiète et qui est d'ailleurs le problème essentiel : à quel moment la vie n'est-elle plus supportable? C'est la question que je me posais en te voyant aux urgences. Ce qu'une personne va considérer comme supportable ne le sera pas pour l'autre... Que faire ?

Lucquiaud 23/10/2006 10:28

La peur d'être paralysé se comprend... Parfois la vie nous réserve de pénibles situations que nous n'envisagions surtout pas. Ainsi, mon épouse Annie qui, en 2002 a fait un AVC et qui, depuis est invalide à 80% , en partie hémiplégique, côté droit  et aphasique ...  Elle marche un peu avec sa cane  mais pas lontemps. Son bras droit est "comme mort" , elle ne peut plus le "piloter" Dieu merci , elle a conservé toute son intégrité mentale et a encore de la joie de vivre ... Nous qui avons passé notre vie professionnelle à l'accompagnement de personnes handicapées, nous voici à la retraite en la situation ... A priori la vie ne semble pas toujours juste ... Mais rien ne sert de se plaindre. Il faut savoir vivre avec ce qui se présente et surmonter en s'interressant à tout ce qui nous entoure... Il y a plein de belles et bonne schoses à voir , à découvrir et à vivre...
Farfadet

Camomille 23/10/2006 23:04

Je te remercie pour ce témoignage très émouvant mais tout le monde n'a pas la force d'accepter de vivre la vie "en partie" seulement. Je refuse de vieillir non pour mon aspect physique, ça je m'en moque mais pour mes capacités qui diminuent. Quand je vois une personne âgée je ne peux m'empêcher de penser que je ne veux pas devenir comme elle...  Tant que l'on a de bonnes et belles choses à faire, je comprends que cela puisse avoir de l'intérêt mais quand il faut vivre pour vivre, à quoi bon...

Brigitte 20/10/2006 15:19

Ta phrase : "Je suis là" et tout ce qu'elle implique pourrait lancer un vaste débat. Mais j'adhére totalement à ta façon d'envisager l'existence ou plutôt une pseudo-existence...

Camomille 20/10/2006 15:52

C'est un accord entre nous que même son épouse ignore. Maintenant je peux te dire qu'entre le dire, le promettre et le faire... il y a un monde! La première question à résoudre : est-ce vraiment définitif? n'y a t-il aucune chance pour que les choses s'arrangent? et aussi : les enfants n'auraient-ils pas préféré avoir un père même handicapé que pas de père du tout? Ai-je le droit de décider pour eux, pour sa femme ? Est-ce que lui, le choc passé ne s'adapterait-il pas à son handicap comme l'ont fait une foule de personnes? Quelle est la limite entre le handicap acceptable et l'inacceptable? Ce qui est inacceptable pour moi l'est-il aussi pour lui? Quelle est la limite ?
On imagine un légume qu'il faut juste débrancher, là oui, il est facile de savoir que c'est inacceptable mais entre une simple boîterie et le légume il y a un sacré éventail de possibilités...

Sad Song 19/10/2006 22:10

Comme quoi le casque est indispensable...

Camomille 19/10/2006 23:38

Si tu voyais l'état du casque ! il est complètement fendu !

:0026:framboise:0026: 19/10/2006 19:27

encore beaucoup de souffrance pour lui et pour toi. Tu as dû te demander quand ça allait cesser ...

Camomille 19/10/2006 23:37

Je ne me pose jamais cette question. Ma vie est ainsi, c'est tout !

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  • : C'est l'histoire d'une vie mouvementée, la mienne avec des joies et des peines. Le poids du silence devenait trop lourd, j'ai souhaité partager mes souvenirs avec d'autres pour qu'ensemble nous apportions des réponses à certaines de mes questions.
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Pour parler ! pour dire enfin ce que tout le monde me conseille de taire.

« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… » s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir. Si vous voulez lire mon histoire, cliquez sur le lien suivant :

 

 


J'ai créé une catégorie supplémentaire :

La médecine et moi 

Une rubrique indépendante dans laquelle je parle de mes relations conflictuelles avec la médecine et de ma façon personnelle de me soigner.


 

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