Les résultats de l’entreprise pour 2008 montrent un très net fléchissement en fin d’année. Le premier semestre 2009 est très calme.
Aidée du comptable, je décide Mick à vendre l’entreprise pour profiter du fait que le dernier bilan (200) est positif.
La crise venant s’ajouter au désintérêt de Mick pour le travail font que la probabilité de survie de l’entreprise est tout au plus de
deux ans. Je suis fatiguée de me démener pour trouver des clients que mon époux refuse même de rappeler et quand il le fait, il me faut réclamer encore et encore pour qu’il me donne les
prix afin que je rédige une offre commerciale…
Je me croirais face à un enfant qui refuse de faire ses devoirs !
Je passe les premières annonces en juin 2009. On dit que la vente d’une entreprise dure quatre à cinq ans. C’est long, je me demande
comment je vais trouver l’énergie pour tenir et je doute fort que nous puissions survivre tout ce temps.
Quelques repreneurs se font connaître. Cela me donne du courage mais il est clair que mon époux n’est pas prêt à vendre. Il ne veut
plus travailler mais il ne veut pas encore vendre… Cette entreprise est son « bébé » ! Il l’a montée de toute pièce, c’est SA création ! C’est l’aboutissement de sa
carrière !
La situation est dangereuse, nous risquons de tout perdre, s’il n’y a plus de chiffre, il faudra faire une cessation d’activité. On ne
vendra rien du tout, on remboursera la banque, on paiera les impôts, les charges sociales, les employés et les fournisseurs et ce sera fini !
Quelques jours avant la fermeture du mois d’août un contact sérieux se présente. Pour lui nous retardons notre départ en Bretagne. La
rencontre est très satisfaisante, tout est parfait sauf qu’il ne connaît rien au marquage industriel… Mick n’y connaissait pas grand chose non plus, alors pourquoi pas…
Les vacances permettent à Mick d’accepter de vendre. Enfin il concrétise le fait mais il veut encore trop imposer sa manière de faire à
son successeur.
Un voilier composé de fleurs
Au retour des congés, les rencontres avec le repreneur se multiplient mais certains détails me chiffonnent :
Il habite dans la banlieue de Paris opposée, son temps de parcours est long car très encombré.
Son épouse refuse catégoriquement de déménager.
Quand nous sommes en rendez-vous, son épouse l’appelle systématiquement pour lui dire de rentrer.
Il ne répond jamais à nos questions, il se retranche toujours derrière son beau-frère ou un ami expert comptable et avocat.
Je lui ai remis un certain nombre de documents, ce qui est normal mais il demande à venir passer 15 jours à plein temps avec nous,
rencontrer les clients et notre banquier.
Ma petite sonnette d’alarme intérieure retentit ! Ce Monsieur a t-il vraiment l’intention de nous racheter ? N’est-il pas
entrain de s’inspirer de nous pour s’installer comme concurrent à proximité de chez lui !
Nous stoppons tout. Il est temps de signer un compromis de vente afin de nous garantir au moins une indemnisation en cas de
désistement. Le Monsieur n’est pas content, il part fâché.
Quelques jours plus tard nous recevons une proposition de compromis nous imposant de mettre toute l’entreprise en conformité (machines,
ventilation, évacuation des eaux usées) assortie d’une obligation d’assistance bénévole pour mon mari et moi pendant six mois.
Suite à notre refus des conditions, le Monsieur ne donne plus signe de vie.
Lundi 21 février 2011
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16:20
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Publié dans : 2009
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Par Camomille
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