Pour parler ! pour dire enfin ce que tout le monde me
conseille de taire.
« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… »
s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir. Si
vous voulez lire mon histoire, cliquez sur le lien suivant :
Pas le temps ou plus exactement, pas les moyens de m’occuper de ma santé car malheureusement au cours des premières
années qui suivent notre arrivée dans la capitale africaine, notre situation financière ne cesse d’être particulièrement précaire.
Mon cas n’étant pas prioritaire, je supporte les désagréments des accès de mon mal avec patience. Après tout, cela ne se
manifeste que cinq ou six fois par an.
Quand enfin, notre situation s’améliore, que les catastrophes cessent de s'accumuler, je décide de consulter celui qui
passe pour être le meilleur médecin de la capitale. J’attends « une crise » pour qu’il puisse constater le problème.
Cela ne fait aucun doute pour le médecin, bien que les précédents examens aient été négatifs, il s’agit bien d’une MST.
Et re-prélèvement et re-examens de laboratoire. Le tout facturé fort cher d’autant que non remboursables puisque mon compagnon n’a pas de contrat d’expatrié.
Quand je retourne chez le médecin avec les résultats négatifs, il est bien embêté. Il me prescrit de la cortisone, c’est
très commode quand on ne sait que faire…
Quand les symptômes reprennent quelques mois après, il est encore plus embêté. Je veux des explications, savoir la nature
et le nom de mon mal mais il se dérobe en disant qu’il va interroger ses confrères en France puisque je ne « veux » pas aller en France moi-même.
Dès l’accès suivant, pleine d’espoir, je vais aux nouvelles. Il m’apparait nettement que la promesse de se renseigner n’a
pas été tenue. Il prétend être en contact régulier avec ses confrères à mon sujet mais que pour le moment, personne n’a de réponse ( !!!).
La fois suivante, il dit avoir quelques réponses, ses confrères ayant confirmé qu’il s’agit bien « d’une
sorte » d’herpès.
Bon, au moins, mon mal a un nom. Il dit que l’herpès est inguérissable, que j’ai le virus à vie mais que l’on peut
soulager ma douleur.
A l’époque, pas d’Internet mais je trouve des renseignements sur l’herpès. S’il est vrai que certains signes ressemblent
fort à l’herpès, d’autres pas du tout… comme ces plaques rouges et dures dans les mains et sous les pieds.
Je retourne chez le médecin. Il dit, agacé, que c’est normal que les signes ne correspondent pas exactement car il a bien
dit « une sorte » d’herpès… enfin, en attendant, il a travaillé pour moi. Ses fameux confrères lui ont fait part d’un traitement expérimental qui semble marcher. Il s’agit de
pratiquer cinq vaccinations anti-tétaniques à raison d’une tous les 15 jours… Si ce traitement ne fonctionne pas, on essaiera la même chose mais avec le vaccin
anti-variolique.
Je suis suis très effrayée. Les vaccins et moi avons un lourd contentieux, surtout le vaccin anti-variolique mais j’ai
tellement d’espoir de guérison que j’accepte.
Au bout de 2 mois, arrivée au quatrième vaccin, je suis puisée. Une immense fatigue s’est emparée de moi mais je veux
tellement guérir que je fais quand même la dernière injection.
Le résultat, ou plus exactement le non-résultat ne se fait pas attendre, un nouvel accès, aussi violent que les
précédents ne tarde pas à m’anéantir un peu plus physiquement et encore plus moralement.
Je décide de ne pas faire d’autres vaccins ! Je souffre d’un mal mystérieux, soit ! mais pas question de servir de
cobaye!
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C'est l'histoire d'une vie mouvementée, la mienne avec des joies et des peines. Le poids du silence devenait trop lourd, j'ai souhaité partager mes souvenirs avec d'autres pour qu'ensemble nous apportions des réponses à certaines de mes questions.
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