Sur le plan privé, l’année s‘est bien terminée. Notre chien a réchappé de justesse à un empoisonnement par raticide. Après être resté entre la vie et la mort pendant
plus d’un mois, il est sauvé.
Si l’année n’avait pas été exceptionnellement bonne, nous n’aurions pas pu poursuivre l’activité. Tout nous claque dans les mains !
Fin décembre le véhicule utilitaire est tombé en panne compromettant les dernières livraisons pour notre gros client. Grâce aux premiers paiements nous avons acheté
un nouveau véhicule d’occasion.
Il a fallu remplacer une grande partie du matériel qui est en fin de course, mal entretenu et rafistolé. L’aspirateur, une table à sérigraphier, le fax, du petit
matériel, tout est à changer.
Le stock est en grande partie inutilisable. Il est composé de restes de matières premières qui ont été achetées pour des commandes exceptionnelles. Il est très
improbable qu’elles nous servent un jour.
Nous achetons du mobilier de bureau d’occasion.
Les trois premiers mois de 2004 sont extrêmement calmes. Trop calmes. Pas d’appels téléphoniques, pas de fax… Rien.
J’ai rangé, répertorié, classé mais je n’ai plus rien à faire. Je commence sérieusement à m’embêter.
La trésorerie fond à une allure fulgurante. Cotisations, impôts, taxes, je n’arrête pas de payer !
Mes prévisions de trésorerie sont alarmantes mais mon mari refuse d’entendre.
Après des années de privations, il a envie de se faire du bien. Il a envie de faire enfin des cadeaux. Cela me fait de la peine mais je dois absolument le freiner.
Je vois des jours très noirs se profiler à brève échéance.
Je prospecte par courrier, par fax et par e-mail mais comme il n’est pas convaincu de la nécessité de trouver de nouveaux clients, Mick traite ceux qui nous
contactent de façon très désinvolte avec le mépris de celui qui a réussi.
J’enrage ! Le retour sur ma prospection est seulement de 3 %… chaque appel est pour moi une victoire mais dès les premiers mots de mon mari, je sais qu’il n’y
aura pas de suite.
Découragée, écœurée de voir mon travail bafoué, je m’écroule et menace de le laisser se débrouiller seul. Touché par mes pleurs, il fait des efforts.
Malheureusement, les devis restent sans suite.
Cela conforte sa position : je suis dans une démarche inutile.
En juin, les chiffres du semestre sont désastreux. Malgré mes relances, les clients de notre prédécesseurs qui ne se sont pas manifesté en 2003, restent
définitivement perdus. Nous en avons perdus aussi quelques uns en donnant priorité à notre gros client.
J’alerte le comptable. Il me trouve pessimiste, la trésorerie est bonne, il ne voit aucune raison de se mobiliser.
Nous partons en vacances et à l’inverse des autres années, c’est moi qui angoisse alors que mon époux est serein.
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