Nous habitons chez ma mère. Mon ancienne chambre est grande et confortable, elle se trouve au bout d’un couloir avec un accès direct pour sortir. Pourtant, dès le
deuxième jour James décide que la proximité avec ma mère est trop pesante et me persuade de nous installer au grenier dans une petite chambre mansardée.
C’est exiguë, glacial l’hiver et irrespirable l’été mais nous sommes en automne, la température y est encore agréable. J’ai une mauvaise grossesse, beaucoup de
nausées, ce n’est pas commode de descendre quatre à quatre à chaque fois. Il persiste à vouloir rester au grenier, il prétend que ma mère nous épie.
Il n’est plus question de gentillesse ou de prévenance. Elle est devenue l’ennemie. Je ne me rends pas bien compte de la situation car égoïstement je focalise sur
mes malaises.
Ma mère fait tout son possible pour nous être agréable car elle a très peur de rester seule. Elle prépare les repas, s'occupe de tout, du linge, de la vaisselle, du
ménage... il laisse ses vêtements et ses affaires traîner partout, ne range rien, il agit comme si elle était à son service…
Il ne lui adresse plus la parole et répond par des grognements, quand il daigne lui répondre. Un soir qu’elle lui demande gentiment si sa journée s’est bien passée
(il est instituteur remplaçant) il lui dit " occupez-vous de votre c** "… Personne ne lui a jamais parlé comme ça, elle ne supporte pas un tel manque de respect. Elle pleure, à ma
demande, il s’excuse.
Il n’a plus besoin de lui dire des grossièretés, son regard suffit. Il va jusqu’à la bousculer sournoisement dès qu’elle s’approche de lui.
Quand il rentre à la maison, ma mère part dans sa chambre et n’en sort qu’après que nous soyons couchés.
En allant l’embrasser pour lui dire bonsoir je la trouve souvent en pleurs mais elle dit de ne pas m’inquiéter…
Je préviens mes sœurs : cette situation ne peut pas durer, il faut trouver rapidement une solution.
Soeur n°2 nous obtient des emploi dans un Ministère à Paris, sœur n°4 nous cède le studio en banlieue parisienne qu’elle s’apprêtait à quitter. Nous
partons pour Paris.
Ma mère pleure beaucoup, elle est seule et surtout elle est très inquiète pour moi. Elle entrevoit maintenant qui est
vraiment James.
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