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Pourquoi ce blog ?

 
 

Pour parler ! pour dire enfin ce que tout le monde me conseille de taire.

« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… » s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir.

 


Le début de mon histoire...

 

 

 Avertissement : J'ai enfin fini la reprise de mes anciens articles. Je peux donc continuer mon blog...

J'ai créé une catégorie  supplémentaire :

La médecine et moi : Une rubrique indépendante dans laquelle je parle de mes relations conflictuelles avec la médecine et de ma façon parfois "spéciale" de soigner.

 

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Pour se rendre chaque jour à l’IMP, James a acheté une voiture, l’ancienne était une véritable épave.
Il n’a plus de salaire, et je débute dans mon nouvel emploi. Après avoir payé le loyer et remboursé l’emprunt pour la voiture, il ne reste pratiquement plus rien. Je dois payer la nourrice et manger… Ma mère m’envoie de l’argent.

Mes conditions de travail sont terribles. Je suis au service courrier. Il y a un siège pour deux personnes car nous sommes debout tout le temps. Après avoir ouvert et trié le courrier nous sommes à la disposition des décompteurs pour chercher les dossiers. La recherche s’effectue sur trois étages et les fiches de remplacement sont mal tenues, il faut chercher partout ! C’est épuisant physiquement et nerveusement, nous sommes malmenés par tout le monde et considérés comme des esclaves.
Je suis éreintée. A la maison je dois m’occuper de mon petit et du chien qui a besoin de se dépenser et ne se contente pas de faire le tour du pâté de maison…
Au bord de la rupture, je trouve une solution. Une collègue facturière va partir en congé maternité. Je propose de la remplacer pendant son absence. Ma demande est acceptée. Je suis enfin assise !
Mon soulagement est de courte durée : le rythme est infernal. Comme je ne suis pas rapide je travaille avant l’heure et pendant mes heures de repas pour faire mon quota.


Après " ses classes " James rentre tous les soirs. L’avantage c’est qu’il peut s’occuper du chien, l’inconvénient c’est qu’il faut le nourrir et assurer la consommation et l’entretien de la voiture. Il n’a pas eu l’habitude de se priver. Il utilise la voiture pour faire 300 mètres, laisse la lumière allumée, gaspille la nourriture, enfin il achète de nombreux accessoires automobiles.
Quand ma paye est virée sur le compte, il ne reste déjà plus rien… cette fois ma mère n’est plus d’accord pour m’aider. Je demande de l’aide à mes beaux-parents. Avec eux, rien n’est gratuit, ils deviennent très envahissants. Ma belle-mère lit le courrier qu’elle prend dans un tiroir, mon beau-père intervient dans mon travail auprès de mon chef de service…

Je mets les choses au point : le fait de nous aider ponctuellement ne leur donne pas le droit de s’immiscer dans ma vie privée et professionnelle, même si leurs intentions sont bonnes.



securite sociale

 
Vendredi 17 février 2006
publié dans : 1970
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Je souhaite rentrer chez moi après un séjour de presque deux mois chez mes beaux-parents.
James  n’arrête pas de dire qu’il en a marre de Paris et que son job ne lui plaît pas. Justement (!) ma belle-mère lui a obtenu un poste de Maître auxiliaire dans un IMP (établissement qui a la charge d’assurer les soins, l'éducation et l'enseignement général des enfants handicapés ). Ce poste se trouve dans le département et il faudrait que nous nous installions à proximité. Je ne suis pas contre, j’ai toujours préféré la campagne à la ville.

J’ai appris quelques années après qu'en réalité, James avait été prié de démissionner afin d’éviter des poursuites judiciaires. Il a été surpris dévalisant les sacs de ses collègues. Cela durait depuis des mois. J’ai compris l’origine des billets qu’il sortait des poches, et le mystère des prétendus chèques envoyés par ses parents directement au travail.
Dans le soucis de m’épargner, mes sœurs ne m'ont rien dit.

Ma belle-famille nous trouve un appartement. C’est à 40 km de lchez eux, c’est une bonne distance. Nous nous installons. J’ai récupéré une partie des meubles de ma grand-mère.
J’essaie de garder un enfant en nourrice mais je ne suis pas faite pour cela. Je m’ennuie avec ces deux bébés…


James a commencé l’année scolaire. Il est satisfait. Il ne s’occupe toujours pas de son fils et je fais en sorte que l'enfant ne pleure pas.

Une mauvaise nouvelle arrive : James doit aller faire son service militaire. Comme il a fait la forte tête pendant ses trois jours, il est affecté dans un camp disciplinaire.

En passant devant un centre de Sécu je voit que l’on recrute. Je m’inscrit à l’examen et le réussi.


service militaire,securite sociale,ennui,pas d'argent

 

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Jeudi 16 février 2006
publié dans : 1970
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Le chien est resté avec moi. Il me suit partout, nous allons nous promener, et je fais ce qui est interdit : je joue avec lui.
Il semble s’intéresser à sa gamelle, il la sent, la pousse du nez puis s’éloigne. C’est étonnant, d’habitude dès qu’il la voit, il va se cacher dans une autre pièce. Je vais essayer de le faire manger.
Au lieu de le " gaver " je plonge la main dans la pâtée et lui fait lécher ce qui reste collé. Petit à petit, je rapproche la main de la gamelle, je plonge le bout des doigts dans la nourriture et il mange, la truffe en contact avec ma main.
C’est la première fois qu’il mange… par petites quantités mais je pense qu’il profite plus d’une petite ration prise de plein gré, que d’une ration par gavage.


Quand James vient pour le week-end, le chien refuse de s’alimenter. Dès le vendredi soir le dressage reprend  : les cris, les punitions, les ordres et les menaces remplacent les jeux et la douceur. Malgré mes protestations, le chien est gavé, il vomit, il est gavé de nouveau… j’ai peur que tout soit à recommencer…


Heureusement, dès que James part, avec beaucoup d’encouragements, il mange, je tiens la gamelle sur mes genoux, les mains de chaque côté.
Au retour de promenade, il réclame même de la nourriture. Il mange peu, c’est insuffisant pour sa taille, il maigrit mais j’ai bon espoir. Bien que James l'interdise, je lui propose la gamelle plusieurs fois par jour. Il sera bien temps d’espacer les repas quand les choses seront rentrées dans l’ordre.


James est jaloux de voir que le chien est très attaché à moi. Il dit que je vais en faire un " toutou à sa mémère ", que je vais le rendre stupide, etc.
Il existe des cours de dressage en ville. Nous nous inscrivons, ce sont les maîtres qui dressent leur chien conseillés par un Maître chien.
Le chien prend beaucoup de plaisir aux séances. Il est doué et le dressage est maintenant structuré, il n’apprend plus sous la menace mais pour faire plaisir.
En bref, il est heureux et oublie ses problèmes relationnels avec la nourriture. Ce chien est un vrai bonheur.

C’est bizarre d’écrire qu’il est heureux mais c’est la réalité, les chiens à la différence des humains savent se contenter de ce qu’ils ont.




chien qui ne mange pas

 



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Mardi 14 février 2006
publié dans : 1970
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Après vingt trois jours interminables en maternité nous sortons enfin. Ma joie est de courte durée.

L’appartement est dans un état épouvantable, il y a de la vaisselle et du linge sale partout, même sous les meubles. Le sol est collant. Je ne peux même pas poser l’enfant dans le lit que j’avais pourtant préparé avant de partir. Il faut tout changer, tout nettoyer.

Nous n’avons pas de machine à laver, je lave le linge à genoux dans la baignoire, mon ventre me fait souffrir… Les couches jetables existent déjà mais elles sont trop chères. Je lave les couches en tissu.

Le petit, Miguel est très mignon, on ne l’entend pas.

Il a presque deux mois, il fait très chaud, une nuit il se met à pleurer. James me dit de pas aller voir sinon " le gosse " va nous embêter tout le temps. Je me lève quand même, recouche le bébé après avoir vérifié que tout allait bien. Je suis à peine au lit que les pleurs reprennent. Je lui tapote le dos pour provoquer un rot et me recouche. De nouveau des pleurs. James se lève furieux et me dit " je m’en occupe ". J’attends, étonnée, il ne s’est encore jamais occupé de son fils…
Il revient quelques instants plus tard et se couche tranquillement. Je n’entends plus rien, ce n’est pas normal, il n’a pas pris suffisamment de temps pour calmer un bébé…J’écoute attentivement. Je perçois des gémissements. Je veux me précipiter, James me retient, je me débats et arrive à lui échapper.
Je trouve le bébé dans sont lit, un coussin sur le visage solidement maintenu par les draps et la couverture enroulés autour du matelas. J’arrache tout, le bébé est rouge, il a du mal à retrouver sa respiration…
Je pleure, ce n’est pas possible ! Il a voulu le tuer ! Je reste près de lui toute la nuit pour le protéger mais aussi parce que je n’ai pas envie de m’allonger près d’un monstre.
Le lendemain je demande des explications, James dit en regardant ailleurs qu’il s’est énervé parce qu’il est fatigué et qu’il a besoin de dormir…

La peur qu’il tue mon enfant ne me quittera plus jamais.

Je décide de passer mes nuits sur le sol à côté du bébé. J’étais déjà très fatiguée, je suis épuisée. Nous ne nous parlons plus, je ne sais pas quoi faire.

Nous sommes invités chez mes beaux-parents. Ma belle-mère propose que je reste quelques jours à la campagne pour me reposer. J’accepte.

Malheureusement ma mère a déménagé, elle est maintenant repartie en région parisienne.






tentative d'infenticide

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Lundi 13 février 2006
publié dans : 1970
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Je me réveille, j’ai mal. J’ai un pansement sur tout le ventre. C’est bizarre qu’il monte aussi haut. Le gynéco passe, dans l’urgence il a ouvert mon ventre du nombril au pubis, il n'avait pas le choix, chaque seconde comptait.
J’ai mal. Je me demande dans quel état est mon ventre?
Mon petit est adorable, il ne pleure pas, je souffre tellement que je n’arrive pas à lui donner le biberon, ce sont les infirmières qui s’en occupent.
Une puéricultrice l’a mis dans les bras de son père, sans même le regarder il est venu le poser sur moi en disant : " tiens, ton chiard… "
Il ne s’en occupe pas, il l’ignore totalement. Il lui a donné mon prénom en troisième, " pour qu’il n’oublie jamais qu’il a failli tuer sa mère en naissant ".

Ma mère est venue. Elle s’est installée chez moi. Elle résiste une semaine. James est odieux avec elle. Elle part. Elle m’a annoncé qu’elle va déménager. Elle a vendu la maison de ma grand-mère et acheté un appartement en région parisienne.

Le petit fait une allergie au lait. On retire mon pansement. C’est une horreur. La cicatrice coupe mon ventre en deux… James me dit " tu étais déjà moche avant, là c’est complet… ". Je suis moche ? c’est bien la première fois qu’on me dit ça. C’est vrai que je suis devenue énorme pendant ma grossesse (j’ai pris 25 kilos) mais je vais les perdre…


Je tombe directement dans la déprime. Impossible d’arrêter de pleurer. Résultat je ne peux pas sortir de clinique… Je reste 23 jours.


Le vieux gynéco vient me demander pardon, il a une fille de 21 ans comme moi et je lui ressemble paraît-il. C’est pour ça qu’il n’a pas pu opérer… Je refuse de lui pardonner, si la césarienne avait été faite plus tôt mon ventre n’aurait pas été massacré. Je suis condamnée à cacher cette mutilation toute ma vie, sur la plage et en privé…

Je l’ai haï d’être venu me demander de soulager sa conscience mais plus tard j’ai compris qu’il avait fait un geste important. Si cela n’a pas soulagé ma douleur, j’ai la consolation de savoir qu’il s’est repenti. J’ai appris qu’il avait cessé d’exercer peu après.

Ma belle-mère est devenue très gentille avec moi, quand elle a vu le bébé elle a hurlé (avec sa délicatesse habituelle) : " c’est bien le fils de James ". Elle qui disait partout que je m’étais faite engrosser par un Espagnol… Elle est rassurée : l’enfant est le portrait de son père.




le gynéco m'a demande pardon

Samedi 11 février 2006
publié dans : 1970
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