Il n’est pas facile de recueillir des témoignages. Les gens ont peur de mon mari.
Je ne suis pas trop inquiète car je crois détenir une pièce maîtresse. Mon avocat a envoyé un huissier demander à James de revenir au domicile conjugal et de
reprendre la vie commune. Il a répondu et signé qu’il refusait et qu’il souhaitait vivre avec L.
En toute logique cet abandon de domicile conjugal devrait faire prononcer le divorce en ma faveur.
J’ai les témoignages de ma mère et de ma sœur, mais sans véritable valeur car c’est la famille…
Deux couples de voisins acceptent. Ils racontent les cris et les brutalités de James envers le petit.
Ma meilleure amie refuse. C’est un coup terrible pour moi, que je ne m’explique toujours pas. Un an auparavant elle était enceinte, dans une situation très difficile
vis à vis de sa famille et de son nouvel employeur.
Avec l’aide de ma sœur, j’ai pris le risque de m’occuper de la faire avorter. Nous avons pris les rendez-vous, les réservations de train, lui avons avancé l’argent
pour qu’elle se rende en Angleterre.
Ma sœur l’a accueillie à Paris et hébergée à son retour.
A l’époque l’avortement ou la complicité d’avortement était passible de prison et d’une amende,
Quand je lui demande de témoigner, uniquement de ce qu’elle a vu, elle me dit non sans motif, seulement non…
Ce coup me fait si mal qu’il me décourage de poursuivre la chasse aux témoins.
Les témoignages recueillis par mon mari sont beaucoup plus concrets. Un ancien chef de l’armée qui l’a vu pleurer tellement j’étais méchante et il m’a vue de
nombreuses fois avec d’autres hommes quand mon mari était absent.
C’est complètement faux, je n’ai jamais été infidèle et concernant les larmes de James on sait qu’il est très fort pour jouer la comédie.
Concernant mon infidélité, les tantes, religieuses témoignent être venues à la maison, avoir sonné et comme je n’ouvrais pas elles ont entendu des gémissements et
des grognements derrière la porte…
Elles avaient sans doute oublié que nous avions un chien...
Mes beaux-parents et leur femme de ménage décrivent ma méchanceté et me reprochent surtout de ne jamais laver mon enfant. La femme de ménage l’a vu souvent
très sale.
Quand il vient à la campagne, il joue, il se salit, c’est bien normal, non ?
Je ne sais pas si on demande encore de fournir ce genre de témoignages ridicules en cas de divorce, j'espère que non.
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