Boris retourne en Afrique, où il nous attendra. Quelques jours après je vais chercher nos billets d’avion qui sont payés par l’associé de Boris. Je reçois aussi une
grosse somme d’argent pour acheter des vêtements.
Je connais maintenant la date de départ.
Mauvaise nouvelle, en fonction de la dernière date de visite, James devrait me ramener le petit la veille de notre départ. C’est impossible! A cette date je
n’aurai plus d’appartement. Je vais devoir ruser.
Quand James vient pour la dernière fois je tremble tellement que je finis par pleurer, je lui dit que c’est parce que mon copain m’a laissée tomber, il me croit.
Comme d’habitude Miguel hurle et supplie mais au fond de moi je pense que c’est la dernière fois.
Dès son retour de droit de visite, ma soeur conduit l'enfant chez ma mère. Je ne prends pas le risque qu’il raconte ce qu'il voit à son
institutrice.
Je vend mes meubles, rend l’appartement mais laisse les rideaux aux fenêtres.
Le vendredi précédant mon départ, je téléphone à James que l’enfant est malade, qu’il ne peut pas le prendre ce week-end. Il accepte, je dois le rappeler au milieu de la semaine prochaine
pour lui dire s’il peut prendre le petit pour le week-end suivant.
Avec ma mère et ma sœur, nous passons les deux derniers jours à chercher si je n’ai pas commis d’erreur. Nous pleurons beaucoup, nous savons que nous ne nous
reverrons pas avant de nombreuses années.
Ma mère me fait promettre de ne pas revenir, même si elle meurt.
Nous restons éveillées toute la nuit. Miguel qui ne sait rien dort dans la chambre à côté. Au matin nous allons à l’aéroport. J’annonce à M. que nous partons en
vacances en avion, que c’est une surprise que je lui ai préparée. Je déteste lui mentir mais il le faut. Il peut nous trahir à tout moment.
Justement, je suis fouillée, pendant que je suis dans la cabine, Miguel reste avec un policier qui lui pose quelques questions sur ce que nous allons faire en
Afrique. Heureusement que je lui ai fait croire que nous partions en vacances…
Je pleure tellement dans l’avion que l’hôtesse vient me demander si j’ai un problème. Je me ressaisis, c’est exactement le genre de détail dont les gens se
souviennent. Il ne faut surtout pas nous faire remarquer.
Avant l’atterrissage nous subissons un violent orage. Nous avons très peur et les cris des passagers ne sont pas faits pour nous rassurer. Enfin
l’avion se pose. 6 000 kilomètres nous séparent de James. Il est trop tôt pour me réjouir, il me reste à obtenir le visa d’entrée dans le pays…

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