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Pourquoi ce blog ?

 
 

Pour parler ! pour dire enfin ce que tout le monde me conseille de taire.

« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… » s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir.

 


Le début de mon histoire...

 

 

 Avertissement : J'ai enfin fini la reprise de mes anciens articles. Je peux donc continuer mon blog...

J'ai créé une catégorie  supplémentaire :

La médecine et moi : Une rubrique indépendante dans laquelle je parle de mes relations conflictuelles avec la médecine et de ma façon parfois "spéciale" de soigner.

 

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Nul ne peut imaginer sans l’avoir subi, la souffrance ressentie quand on est victime de ce harcèlement.

Je rappelle que nous vivons en Afrique, sous une fausse identité et qu'il est donc impossible de porter plainte sans risquer d’attirer l’attention sur nous.
 
 
Un matin, je reçois un appel au cours duquel je n’entends qu’une respiration.
Je pense qu’une personne malade cherche du secours. Je n’ose pas raccrocher, attendant qu’elle réussisse à s’identifier. Je n’imagine pas un instant qu’il peut s’agir d’un appel malveillant.
 
La personne ayant raccroché, je retourne à mes occupations, soucieuse de n’avoir pu l’aider. Etait-ce une personne inconnue qui aurait composé un numéro au hasard ou une personne familière ? Le téléphone sonne de nouveau. Deux fois de suite, le même scénario se déroule. Je commence à soupçonner une mauvaise plaisanterie.
Au quatrième appel, je me fâche, disant que ce n’est pas drôle. Pour les appels suivants, je raccroche dès que j’entends la respiration et finis par laisser le combiné posé sur la tablette du téléphone. Le jeu dure une bonne heure. Dès que je raccroche, ça recommence.
 
Le lendemain et les jours suivants, les appels continuent à divers moments de la journée. Bien entendu, je ne prononce pas un mot, j’attends, espérant entendre un son qui me permette d’identifier l’appelant.
 
 
Après une quinzaine de jours, mon harceleur, probablement déçu du manque de réaction, commence à parler en transformant sa voix. Comme dans les films, la voix est tantôt grave, tantôt aiguë, impossible de savoir si j’ai affaire à un homme ou à une femme.
La voix crache des obscénités contre moi et ma famille. Lorsqu’une autre personne que moi décroche, le harceleur ne fait pas son numéro, l’action est donc dirigée contre moi.
 
Je soupçonne tout le monde. Nous ne parlons à personne de ce qui m’arrive, il ne faut pas que l’on sache à quel point ces appels me perturbent.
En fait, je ne dors plus. Dès que la sonnerie du téléphone retentit je tremble de tout mon corps, j’ai peur et dès que j’ai raccroché, je pleure pendant de longues minutes même si l’appel provenait d’une amie.
Je dois découvrir rapidement qui me joue ce vilain tour et pourquoi. Les insultes très crues peuvent s’adresser à n’importe qui, je n’ai aucun indice qui me permette de progresser dans mes investigations.
 
Voyant que rien dans mon attitude ne change (je me donne beaucoup de mal pour cela) le harceleur passe aux menaces.
La voix dit que mes enfants vont être victimes d’un chauffard à la sortie de l’école, que ma villa va être incendiée et mes chiens empoisonnés. Je ne réponds jamais, j’espère ainsi forcer la personne à se trahir.
Je note consciencieusement sur un carnet tout ce qui m’est dit ainsi que les heures d’appels.
 
 
Un soir de concours au Club hippique, je croise le regard d’une jeune femme rencontrée à diverses occasions et que je sais un peu « dérangée ». Son regard est tellement insistant et chargé de haine qu’immédiatement je comprends que c’est elle qui me tourmente depuis presque deux mois.
 
Je me renseigne discrètement sur ses activités et son emploi du temps. Le timing correspond aux appels. Avec mes enfants, nous montons un piège. Dès qu’elle sera en ligne, mon fils ira lui téléphoner de chez un voisin pour voir si la ligne est occupée. Pendant ce temps ma fille ira en vélo et sonnera à sa porte sous prétexte de chercher une copine.
Le plan fonctionne parfaitement : pendant que je la retiens au téléphone en la suppliant de cesser, mon fils vérifie que sa ligne est bien occupée et quand elle vient ouvrir la porte à ma fille, cela fait moins d’une minute qu’elle a raccroché d’avec moi…
 
Quand elle appelle, le lendemain, c’est mon compagnon qui décroche : il l’appelle par son prénom et menace de venir lui remettre les idées en place si elle ose encore appeler.
Elle n’a pas dit un mot et elle n’a plus recommencé.
 
Voulant connaître la raison d’une telle haine, je raconte l’aventure à tout le monde en me gardant bien d’exprimer ma souffrance. Je dis que cela m’a beaucoup amusée, que j’ai tout de suite compris que j’avais affaire à une folle…
Je n’ai pas attendre longtemps. Mon amie belge se souvient d’avoir entendu la jeune fille exprimer des menaces contre moi après avoir surpris une conversation dont sa mère était le sujet.
Sa mère est une excentrique qui traite tout le monde de haut. Elle est la risée de la communauté européenne. Le malheur pour moi est que sa fille m’ait entendue rire faire une plaisanterie que je reconnais de très mauvais goût. La pauvre femme avait perdu ses cheveux pour une cause inconnue et je me suis moquée de la perruque ébouriffée qu’elle porte systématiquement de travers.
 
Le fait que mon châtiment soit mérité m’a fortement aidé à surmonter l’événement. Même si d’autres que moi auraient dû être punis (tout le monde se moquait de cette femme), il n’en est pas moins vrai que j’avais bien mérité mon sort.
 




harcélement


Mardi 17 avril 2007
communauté : Etre pour les autres. publié dans : 1977 / 1991
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Miguel est déjà parti depuis deux jours quand je me présente à l’aéroport. Son départ n’a pas été facile, non seulement il quitte le pays qu’il adore mais surtout il me laisse seule. Il a pris l’habitude de me protéger contre tout ce qui peut me démoraliser mais aussi contre Boris qui fait des crises au cours desquelles il casse des objets, hurle et fait mine de vouloir me frapper. Avant de partir, mon fils lui a fait comprendre que s’il me touche une nouvelle fois, il aura affaire à lui…

Pendant les deux heures d’attente après l’enregistrement des bagages, je suis seule avec Boris, les amis ne sont pas venus car je ne veux surtout pas me faire remarquer.
Nous sommes gênés, nous n’avons plus rien à nous dire. 
Il me demande de pardonner, il n’a pas pu résister aux femmes mais c’est de ma faute car je n’ai pas voulu le suivre en brousse; d’ailleurs ses amis africains, et même la mère de ma filleule lui ont conseillé de prendre une autre femme sur place…

Je dis que je pardonne, que l’éloignement va nous permettre de réfléchir, que pour le moment je ne maîtrise pas l’avenir. Je promets de revenir… Au fond de moi, je ne sais vraiment pas ce que je vais faire… je n’y pense même pas.
Après le procès, il n'y a que le vide, et ce sera dans une éternité.

Un ami de Boris devait m’assister pour effectuer les formalités de police au cas où... Il est introuvable… On appelle les passagers, je dois y aller. Je suis morte de peur.

Boris pleure, il me parle de lui, lui et encore lui… Il me fait pitié. Il dit qu'il n’a pas d’argent. Il ne sait même pas s’il aura suffisamment de carburant pour rentrer à la maison et il ne peut pas en acheter. Je lui donne la totalité des CFA qu’il me reste en pensant qu’il va ainsi pouvoir se consoler en boîte et se payer une fille.
Il va déjà beaucoup mieux. Il repart à la recherche de son ami qui est quelque part dans l’aéroport.

Le policier prend mes papiers, demande mon passeport, je donne le laissez-passer. Il bloque sur la date, regarde le calendrier, lit attentivement tous les documents et au moment où il relève la tête pour poser des questions, il se met au garde-à-vous, son chef est derrière moi. Son chef me donne l’accolade, tend la main pour récupérer mes papiers, le policier tamponne les documents sans rien demander et les rend.

Nous passons la douane, l’ami de Boris répond pour moi que je n’ai rien à déclarer et il me laisse dans la salle d’embarquement. Je viens de franchir une étape très difficile.

Alors que nous attendons je ne sais quoi au bas de l’avion, des cars de police et une Jeep de l’armée arrivent, nous sommes cernés. Ca y est, c’est pour moi : quelqu’un a donné l’alerte ! mais non, nous devons tout simplement reconnaître notre bagage avant qu’il soit embarqué. Il n’y a pas de piège, je reconnais mon bagage comme tout le monde et personne ne vient m’arrêter.

Après un temps interminable, l’avion décolle enfin, je regarde pour la dernière fois les lumières de cette ville qui m’a offert son hospitalité pendant 13 années. Je quitte ce pays grâce auquel j’ai pu donner à mon fils une vie normale, sans coups et sans violences.
Merci cher Pays, merci à tous ces Africains, particulièrement à ceux qui savaient et qui ont compris.
  
 
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Mercredi 24 mai 2006
publié dans : 1977 / 1991
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Miguel doit accepter de quitter ce pays où il a trouvé la paix après les violences infligées par son père. 
Il laisse ici son enfance, ses amis et ses chevaux qui ont été vendus quand nous n’avions plus d’argent, mais à qui il rend visite très souvent.
Il vend les poissons qu’il a élevés avec passion, les consoles de jeux qu’il s’est payées et enfin,  la voiture que je lui ai donnée.
Il doit laisser ses trophées sportifs et les photos de concours, treize années de souvenirs qu’il faudra garder uniquement en mémoire.

Il ne peut rien emporter, il faut que Boris croit que nous allons revenir. Boris qui s’inquiète de se trouver seul et qui pourrait empêcher mon départ. Il connaît beaucoup de monde. 
Si je ne me présente pas à ce procès ce n’est même plus la peine que j’essaye un jour de rentrer en France…

Je prépare mon retour point par point. Je ne peux donner de détail sur la façon dont j’ai procédé sans impliquer les nombreuses complicités dont j’ai bénéficié.
Après le quitus des impôts, il me faut une autorisation de sortie signée par le service de l’immigration. Cette autorisation ne devrait être valable que pour le vol précisé sur le laissez-passer. Je parviens à convaincre le Commissaire, en lui disant tout simplement la vérité,  de me donner une autorisation sans limites de temps.

Une entreprise retire un billet d’avion à mon nom pour un vol qui aura lieu trois jours avant le procès. Avec ce billet j’obtiens le laissez-passer du Consulat. Dès que je serais arrivée en france, l’entreprise annulera le billet pour ne pas avoir à le payer.

Mon plan me paraît solide :

- Prendre un autre billet sur une compagnie étrangère qui me fera arriver dans un pays limitrophe une semaine avant le procès.
- A l’arrivée, présenter ma carte d’identité à la police de l’aéroport en prétendant qu’on a volé mon passeport, logiquement je ne devrais pas être signalée puisqu’on m’attend une semaine plus tard.
- Etre reçue et hébergée par une amie pour la nuit,
- Prendre le train pour Paris,
- Loger chez Rosalie où la police ne risque pas de me chercher.
- Donner procuration à Miguel sur mon compte bancaire afin qu’il ne soit pas démuni pendant mon séjour en prison,
- Rencontrer mon avocate pour mettre au point les derniers détails,
- Acheter des vêtements de saison (on est en novembre).
- Me présenter le matin du procès, me constituer prisonnière et être mise en cellule dans le Palais de Justice en attendant l’heure de l’audience.

Après… je ne sais pas…




 
 
 
Mardi 23 mai 2006
publié dans : 1977 / 1991
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LE POINT SUR LA SITUATION :

Ce qui est positif :

Mon avocate est assez optimiste. Elle pense que grâce " au " témoignage, ma peine sera assez légère, elle craint cependant une médiatisation de l’affaire qui pourrait entraîner un verdict pour " l’exemple ". 
Mon " ex " ayant souvent fait appel aux médias pour se poser en victime, il pourrait bien les convoquer pour le procès.

Mon fils et moi sommes très proches. Les relations sont inversées : bien que je reste décisionnaire, il est devenu l’élément fort qui me force chaque jour à avancer.

Rosalie m’envoie des lettres très gentilles et m’offre son aide. J’accepte volontiers son hospitalité à mon arrivée en France. Il semble que l’éloignement lui a fait du bien. Je suis très heureuse d’avoir retrouvé ma fille.

Mon cercle d’amis est très soudé, chacun se relaye pour que je ne reste jamais seule.



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Ce qui est négatif
 :

Mon avocat local ne se déplacera pas pour plaider l'affaire. Il dit que sa consœur fera cela mieux que lui. Il m’assure cependant que si les choses tournent mal, il viendra. En fait, il me laisse tomber. Lors de notre première rencontre il était convenu qu’il s’occupait de moi gratuitement à condition que mon affaire soit médiatisée et lui apporte une notoriété supplémentaire.
Mon avocate refuse la médiatisation : il se désiste.

Je suis écœurée par l’égoïsme de Boris qui n’a pas hésité à s’approprier l’argent que j’avais économisé pour acheter nos billets d’avion. Avant de partir, je vais me venger des humiliations endurées tout au long de ces années pendant lesquelles il m’a trompée.
Un soir, je prétexte, comme il l’a fait bien souvent, un rendez-vous de travail, pour rejoindre mon amant.
Quand je rentre, Boris m’attend, il a tout cassé dans la maison, il me frappe et met le canon de la carabine contre ma tempe. Je n’ai pas peur, la vie ou la mort, m’indiffèrent… 
Il me demande de rompre avec mon amant, j’accepte d’autant mieux que c’était notre dernière soirée avant qu’il parte en déplacement.
Une chose est maintenant certaine, quoi qu’il arrive je ne reviendrai jamais vivre avec lui.

Je n’ai plus de nouvelles de ma sœur depuis qu’elle m’a dit en avoir assez de mes histoires. Je vais devoir organiser mon arrivée sans son aide. Ce n’est pas évident, car en 13 ans beaucoup de choses ont changées.



 



 
Lundi 22 mai 2006
publié dans : 1977 / 1991
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Au cours de ces derniers mois j’ai reçu des propositions un peu "spéciales". 
Deux personnes pouvaient faire "éliminer" James pour une somme modique. 
J’ai refusé car ma conscience n’aurait pas supporté le poids d’un tel acte.

Une troisième personne pouvait lui faire donner une correction pour qu’il retire sa dernière plainte et qu’il cesse de harceler ma famille. 
J’étais séduite mais connaissant James ,je crains qu’il se venge sur ma famille.

Une quatrième proposition m’est faite par celle qui a été mon amie pendant de longues années mais avec qui je suis en froid depuis qu’elle est entrée dans le jeu de Rosalie. Je ne lui pardonne pas son attitude hostile et sournoise alors qu’elle aurait dû venir tout simplement me parler pour comprendre.
Elle vient me donne son passeport pour que je rentre en France sans me faire arrêter.
Son idée est loin d’être stupide car nous nous ressemblons tellement qu’on nous confond souvent.

Mais je ne veux pas l’impliquer dans une affaire aussi grave. Son geste généreux nous réconcilie et me donne une idée :

- au lieu d’arriver en France, je vais simplement transiter par un pays voisin quelques jours avant le vol par lequel on m’attend,
- à l’arrivée en Europe, je présenterai ma carte d’identité en prétendant que l’on a volé mon passeport. Je ne devrais pas être signalée dans les aéroports puisque je suis attendue à Paris quelques jours plus tard,
- il me suffira d’aller à Paris en train ou en voiture.

Il reste de nombreux détails à régler, le premier (et pas des moindres) étant l’achat d’un deuxième billet d’avion.

Je fais part du plan à mon avocate. 
Elle dit qu'il est possible que je me constitue prisonnière le matin même du procès. Dans ce cas je resterai enfermée quelques heures dans une cellule du Palais de Justice en attendant l'heure du procès.

C’est une solution (bien que très risquée) pour tenter d'éviter de faire de la prison préventive.



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Vendredi 19 mai 2006
publié dans : 1977 / 1991
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