Chaque jour, je réponds aux offres des journaux. Je cherche dans les annonces de l’ANPE, je téléphone aux connaissances, je lis les annonces sur les vitrines et les
panneaux d’affichage.
Je découvre que les agences de travail temporaire proposent des CDI mais je ne veux pas faire d’intérim, d'après ce qu'on m'a dit, c'est trop aléatoire.
Je refuse les formations que me propose l’ANPE. Je souhaite continuer à faire de la relance client, cela me plaît et je sais qu’il y a de la demande.
Consciente que je ne sais pas mener un entretien d’embauche, je m’entraîne en répondant aux offres de l’ANPE. Je décroche souvent deux entretiens par jour.
Cela me permet de me sentir plus à l’aise en face d’un recruteur et de me remotiver. Je suis très fière qu’à 51 ans j’arrive encore à intéresser autant de
monde.
Il est vrai que pour des salaires au SMIC, les employeurs sont moins regardants. Je suis surprise qu’ils me demandent d’accomplir des tâches supplémentaires qui
n’ont rien à voir avec la comptabilité.
Une agence immobilière que demande de faire la poussière sur les bureaux, préparer le café, faire des permanences le samedi et rester tard le soir…
Une boutique de parquet me demande de faire de la vente et de dépoussiérer les tas de planches chaque matin.
Un garage m’informe qu’il faudra livrer les véhicules chez les clients…
Je fréquente de moins en moins l’ANPE. Je ne crois pas que je trouverai par cet intermédiaire.
Sur une trentaine d’offre d’emploi gérées par l’Agence à qui j’ai remis directement mon CV et ma lettre de motivation, je ne reçois aucune réponse.
Je comprends pourquoi le jour où le responsable de l’agence prend mes lettres, et les jette en vrac dans la boîte sans même agrafer CV et lettre d’accompagnement. Il jette ainsi, sous mes yeux,
plusieurs heures de travail … et mes espoirs.
Par les journaux je décroche quelques entretiens intéressants. Malheureusement, dès que je me présente, je vois bien à l’expression du recruteur que mes 51 ans sont
un obstacle infranchissable. Comment se débarrasser de moi ? Il doit trouver la question qui tue, celle qui risque d’entraîner une réponse négative, du genre : " maîtrisez-vous
parfaitement Exel et en particulier les tableaux croisés" ?
Cela n’a rien à voir avec la relance clients et comme je réponds "non", en proposant d’apprendre… mon recruteur, soulagé, referme mon dossier en disant que dans ce
cas, il est impossible de m’embaucher…
Il me reste une solution : les agences de travail temporaire. Pour celles de ma ville, je suis trop vieille. Pour se débarrasser de moi, on me demande de faire
des tests sur Word ou Exel, c’est ridicule, j’ai une expérience de neuf années dans la profession ! Je refuse.
Je sélectionne dans le journal les agences d’intérim parisiennes qui recrutent et je me présente. Je passe des tests (comptables, cette fois), des entretiens et
m’enregistre comme personnel intérimaire.
Commentaires