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Pour parler ! pour dire enfin ce que tout le monde me conseille de taire.

« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… » s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir. Si vous voulez lire mon histoire, cliquez sur le lien suivant :





J'ai créé une catégorie supplémentaire :

La médecine et moi 

Une rubrique indépendante dans laquelle je parle de mes relations conflictuelles avec la médecine et de ma façon personnelle de me soigner.


 

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Quelques jours plus tard, nous sommes invités chez Clarence pour fêter Noël. Elle a aussi invité sa sœur et son fiancé.

L’ambiance est curieuse, malsaine. Les deux couples parlent à mots couverts, pouffent de rire sans raison apparente, échangent des regards de connivence, nous nous sentons indésirables. Nous sommes relégués en bout de table, nos offres d’aide sont repoussées avec dédain, ils nous ignorent.
Un astucieux manège nous exclut complètement. L’un va fumer sur le balcon, bientôt rejoint par les trois autres. Ils prennent soin de fermer la porte-fenêtre derrière eux. On les voit rire et gesticuler derrière la vitre. Dès qu’ils entrent dans la pièce, ils n’ont brusquement plus rien à dire. Après quelques minutes, ils se retrouvent dans la cuisine (qui nous est interdite) parlent à voix basse, et rient très fort.
Nous passons la majeure partie du repas seuls à table. Mick ne dit rien mais il est de plus en plus énervé.
Pensant détendre l’atmosphère, il propose que nous échangions les présents. Il est très fier de ce qu’il a acheté. Grâce à une vente privée au personnel de l’entreprise pour laquelle je travaille, il a pu acquérir (j’ai participé) des briquets en argent pour ses filles et des ceintures pour les garçons.
Ces cadeaux semblent les mettre mal à l’aise. Peut être parce qu’en échange nous recevons des choses minables. Un pull marron pour Mick qui a toujours détesté cette couleur et des gants trop petits pour moi.
Eux s’échangent dans la joie de nombreux paquets, oubliant notre présence. Ils évoquent longuement ce qu’ils ont offert aux autres membres de leurs familles. Une chose est certaine, cela n’a rien de commun avec ce qui a été fait pour nous.
 
Mick se dit brusquement fatigué. Nous partons dans l'indifférence générale. Quand je veux parler de la soirée avec Mick, il dit que tout était très bien et qu'il n'a rien remarqué d'anormal.
 
 
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Lundi 2 octobre 2006
- Communauté : De la Vie - Publié dans : 2000
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Brusquement, la grossesse de Kate se complique. Elle manque de perdre son bébé et doit rester couchée.

Le repos ne suffit pas, en décembre elle est hospitalisée, la naissance prévue mi-février peut se produire d’un jour à l’autre.
La veille de Noël elle est autorisée à sortir. La mère de Kate a organisé une fête à laquelle nous sommes conviés. Je suis inquiète pour ma belle-fille mais je comprends qu’elle ait envie de voir du monde après deux mois au lit dont un passé en clinique (oui, elle a les moyens, elle !).
Le père de Kate n’a jamais accepté son gendre. Miguel m’avait dit que son beau-père ne l’aimait pas mais je ne pensais pas que c’était à ce point.
Il sert l’apéritif à tout le monde sauf à Miguel, lui coupe la parole, s’assoit sur sa chaise, retire son verre, en bref, il lui montre à chaque instant qu’il est indésirable.
Miguel se rend dans la cuisine pour aider sa belle-mère qui est seule à préparer les plats pour une quinzaine de personne. Le beau père entre et hurle " fout le camp d’ici ! " " tu n’as rien à foutre dans ma cuisine ! ".
Miguel est épuisé physiquement par le parcours maison/clinique pour voir sa femme et moralement par peur que l’accouchement se passe mal pour Kate ou le bébé.
Depuis des mois il encaisse les mesquineries de son beau-père, aujourd’hui comme nous sommes là, qu’il n’est pas seul contre tous, il se rebiffe. Il dit qu’il en marre de se faire traiter ainsi et il éclate en sanglots.
Personne ne prend parti pour lui, je suis révoltée par cette attitude lâche. J’ai envie de partir. Tout le monde continue à parler et à rire comme si c’était normal.
Mick et moi sortons dans la rue pour calmer Miguel. Nous le persuadons de remettre les explications à plus tard, Kate est si fragile.
Laisser passer de tels incidents est un encouragement par l’agresseur. Les choses vont inévitablement évoluer dans le mauvais sens.
Je fais croire à Miguel que je suis persuadée que la venue d’un petit-fils va mettre son beau-père dans de meilleures dispositions.
La soirée est gâchée. Nous nous hâtons de partir. Nous n’avons pas d’autre moyen de signifier notre colère.



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Samedi 30 septembre 2006
- Communauté : Les périodes sombres - Publié dans : 2000
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Kate et Miguel sont revenus de leur voyage de noces au Canada. Mes relations avec les filles restent tendues. Il m’est d’autant plus difficile de les pardonner qu’il ressort des nombreuses conversations, que leur comportement a été normal mais que c’est moi qui les harcèle.

 

La date de naissance du petit-fils de Mick approche, l’enfant est mal placé, il faut faire une césarienne.

Quand je vais à l’hôpital (elle n’a pas les moyens de payer une clinique, elle !) au lieu de trouver une maman comblée de bonheur par la naissance de son bébé, je trouve une jeune femme à l’agonie. Depuis quatre mois qu’elle vit sa grossesse comme une maladie, le prétexte de la césarienne lui permet de jouer les prolongations.
Je suis la seule à qui on ne propose pas de tenir le bébé. Mon cadeau (un très joli pyjama) m’a valu un merci très sec et je suis persuadée qu’il n’a jamais été porté.
 
Les trois premiers jours le mari de Clarence reste auprès d’elle et s’occupe de tout.
Le quatrième jour, il doit reprendre le travail. Clarence ne parvient pas à mettre la couche à son bébé (ce n’est pourtant pas si difficile à notre époque), elle appelle une sœur pour qu’elle lui montre comment faire. La sœur refuse, dit qu’elle doit se débrouiller seule. Vexée, elle sort de l’hôpital le soir même.

Elle sait qu’elle va trouver chez elle toute l’assistance voulue. Maman pour toutes les taches ménagères et son mari pour s’occuper du bébé.
Ils se relaieront pour tout assumer car elle est trop fatiguée…

 

 

 

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Jeudi 28 septembre 2006
- Communauté : De la Vie - Publié dans : 2000
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Je suis furieuse contre les filles. Je regrette amèrement d’avoir imposé leur présence à Kate et Miguel qui n’en voulaient pas.

Quelques mois auparavant, Kate et Miguel ont invité Clarence et son mari à dîner. Comme nous étions invités aussi, nous avons emprunté le même véhicule. Pendant tout le parcours ils se sont gavés de chocolats. Bien entendu, ils n’ont rien pu avaler du repas pourtant très réussi.
Kate et Miguel sont désolés de remporter systématiquement les deux assiettes pleines. Ils pensent que ce n’est pas bon.
La conversation est tendue. Il suffirait d’un rien pour que la dispute éclate même sur les sujets les plus anodins.

Sur le chemin du retour, la fille de Mick ne contient plus sa colère.
Si elle a bien compris, K ate est propriétaire de son appartement ?
- Oui, enfin, elle vient de prendre un crédit sur dix ans.
Comment a t elle fait pour obtenir un crédit à son âge ?
- Elle est expert comptable, elle a une bonne paye.
Tu parles ! Ce sont ses parents qui ont payé,
- Non, ses parents n’ont rien à voir dans cela, elle avait un PEL et elle a fait un emprunt, c’est tout… elle travaille depuis plusieurs années.
Elle enchaîne sur les enfants " qui ont tout " et que les parents aident, en plus… Ce n’est pas comme elle qui n’a pas de chance, qui ne peut compter que sur elle-même, et qui même en travaillant toute sa vie n’arrivera jamais à se payer un appartement…

Le lendemain, elle appelle son père disant que j’aurai pu lui dire que j’apportais des cadeaux à Kate et Miguel. A cause de moi, elle et son mari se sont sentis humiliés d’être venus les mains vides, cela leur avait coupé l’appétit et gâché la soirée.

Voilà comment cette manipulatrice, renverse la situation ! Elle se gave de chocolats, arrive sans même un bouquet de fleurs et c'est moi la responsable !
Mick me transmet ces paroles sans exprimer d’opinion comme à son habitude car dès qu’il s’agit de ses filles, il est résolument neutre.

 
Le même type de scénario est utilisé quelques jours après le mariage. Comme je refuse de lui parler, l’aînée demande en toute innocence ce qui motive ma colère. Mick lui explique.

" Mais non, ce sont des mensonges, elles n'ont rien dit !
D’ailleurs elles en ont assez : je fais une fixation sur elles. Les autres personnes ont critiqué tout autant qu’elles mais je ne les ai pas vues tellement j’étais occupée à les épier… "
De nouveau, la situation est inversée, je deviens coupable de tout..

En prenant Mick comme intermédiaire, elles sont certaines de le rallier à leur cause et comble du bonheur, elles mettent la zizanie dans notre couple.




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Mardi 26 septembre 2006
- Communauté : De la Vie - Publié dans : 2000
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Avant de partir les filles ont une longue discussion avec leur père. Quelques instants après, Mick déclare qu’il a la migraine et qu’il veut partir. Je me demande bien ce que ses deux pestes filles ont raconté…

Il n’est pas question que je parte avant la fin du repas. Pas en ce si beau jour ! S’il veut partir, qu’il parte, je me débrouillerai. Il décide de m’attendre.
 
Pendant que je danse, je vois bien que la famille de mon ex s’arrange pour toujours se trouver près de moi. Des sourires, des petits signes de connivences puis enfin quelques mots sont échangés.
Le frère de mon ex belle-mère me demande de venir à sa table. Sans préambules, il me demande pardon… Je ne sais pas exactement de quoi. D’avoir empêché que je me marie à l’église ? d’avoir soutenu sa famille contre moi ? de m’avoir mal jugée ? Je ne sais pas, d’ailleurs peu importe, j’accepte.
Alors ses sœurs, chacune à leur tour, me demandent pardon. Nous nous étreignons et pleurons (décidément, je n’arrête pas de pleurer !).
Je leur pardonne car ils ne sont coupables que d’un manque de discernement.
Ils m’ont mésestimée. Ils ont cru ce qu’on leur a dit pendant des années.
L’attitude de mon fils leur a fait comprendre qu’ils s’étaient fait abuser. Quand à son retour il est allé vers eux sans haine, sans préjugé, qu’il a évoqué la raison de notre fuite, ils ont compris.
Je suis bouleversée.


Mick est de plus en plus malade. Un repas est organisé chez les parents de Kate le lendemain midi, si je veux y assister, il est préférable que nous rentrions.

Je parts à contre cœur.
Je garde aujourd’hui le regret de ne pas avoir profité pleinement de cette soirée et j’en tiens les deux pestes filles pour responsables.
 
 
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Jeudi 21 septembre 2006
- Communauté : De la Vie - Publié dans : 2000
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