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17 février 2006 5 17 /02 /février /2006 17:11

 

 

Pour se rendre chaque jour à l’IMP, James a acheté une voiture, l’ancienne était une véritable épave.
Il n’a plus de salaire, et je débute dans mon nouvel emploi. Après avoir payé le loyer et remboursé l’emprunt pour la voiture, il ne reste pratiquement plus rien. Je dois payer la nourrice et manger… Ma mère m’envoie de l’argent.

Mes conditions de travail sont terribles. Je suis au service courrier. Il y a un siège pour deux personnes car nous sommes debout tout le temps. Après avoir ouvert et trié le courrier nous sommes à la disposition des décompteurs pour chercher les dossiers. La recherche s’effectue sur trois étages et les fiches de remplacement sont mal tenues, il faut chercher partout ! C’est épuisant physiquement et nerveusement, nous sommes malmenés par tout le monde et considérés comme des esclaves.
Je suis éreintée. A la maison je dois m’occuper de mon petit et du chien qui a besoin de se dépenser et ne se contente pas de faire le tour du pâté de maison…
Au bord de la rupture, je trouve une solution. Une collègue facturière va partir en congé maternité. Je propose de la remplacer pendant son absence. Ma demande est acceptée. Je suis enfin assise !
Mon soulagement est de courte durée : le rythme est infernal. Comme je ne suis pas rapide je travaille avant l’heure et pendant mes heures de repas pour faire mon quota.


Après " ses classes " James rentre tous les soirs. L’avantage c’est qu’il peut s’occuper du chien, l’inconvénient c’est qu’il faut le nourrir et assurer la consommation et l’entretien de la voiture. Il n’a pas eu l’habitude de se priver. Il utilise la voiture pour faire 300 mètres, laisse la lumière allumée, gaspille la nourriture, enfin il achète de nombreux accessoires automobiles.
Quand ma paye est virée sur le compte, il ne reste déjà plus rien… cette fois ma mère n’est plus d’accord pour m’aider. Je demande de l’aide à mes beaux-parents. Avec eux, rien n’est gratuit, ils deviennent très envahissants. Ma belle-mère lit le courrier qu’elle prend dans un tiroir, mon beau-père intervient dans mon travail auprès de mon chef de service…

Je mets les choses au point : le fait de nous aider ponctuellement ne leur donne pas le droit de s’immiscer dans ma vie privée et professionnelle, même si leurs intentions sont bonnes.



securite sociale

 
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16 février 2006 4 16 /02 /février /2006 18:00


 

Je souhaite rentrer chez moi après un séjour de presque deux mois chez mes beaux-parents.
James  n’arrête pas de dire qu’il en a marre de Paris et que son job ne lui plaît pas. Justement (!) ma belle-mère lui a obtenu un poste de Maître auxiliaire dans un IMP (établissement qui a la charge d’assurer les soins, l'éducation et l'enseignement général des enfants handicapés ). Ce poste se trouve dans le département et il faudrait que nous nous installions à proximité. Je ne suis pas contre, j’ai toujours préféré la campagne à la ville.

J’ai appris quelques années après qu'en réalité, James avait été prié de démissionner afin d’éviter des poursuites judiciaires. Il a été surpris dévalisant les sacs de ses collègues. Cela durait depuis des mois. J’ai compris l’origine des billets qu’il sortait des poches, et le mystère des prétendus chèques envoyés par ses parents directement au travail.
Dans le soucis de m’épargner, mes sœurs ne m'ont rien dit.

Ma belle-famille nous trouve un appartement. C’est à 40 km de lchez eux, c’est une bonne distance. Nous nous installons. J’ai récupéré une partie des meubles de ma grand-mère.
J’essaie de garder un enfant en nourrice mais je ne suis pas faite pour cela. Je m’ennuie avec ces deux bébés…


James a commencé l’année scolaire. Il est satisfait. Il ne s’occupe toujours pas de son fils et je fais en sorte que l'enfant ne pleure pas.

Une mauvaise nouvelle arrive : James doit aller faire son service militaire. Comme il a fait la forte tête pendant ses trois jours, il est affecté dans un camp disciplinaire.

En passant devant un centre de Sécu je voit que l’on recrute. Je m’inscrit à l’examen et le réussi.


service militaire,securite sociale,ennui,pas d'argent

 

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15 février 2006 3 15 /02 /février /2006 17:41

 

  
 

Mon beau-père est inspecteur des impôts et Administrateur de plusieurs entreprises publiques.  

Il est fils unique, son père a été tué à la guerre, c’est grâce à une très grande volonté qu’il a réussi à se hisser à cette fonction. Sa mère est très pauvre. Il est complexé par ses origines modestes. C’est un homme renfermé et très violent.

Ma belle-mère est directrice d’école. Elle est issue d’une famille bourgeoise.
Elle a deux sœurs religieuses (elle ne portent pas le voile et font du bénévolat), une sœur mariée, un frère prêtre (c’est lui qui a refusé que nous nous marions à l’église) et une autre sœur qui est restée avec ses parents.
Elle est excentrique et violente surtout quand elle a trop bu, ce qui se produit assez souvent . Elle raconte volontiers qu’en frappant J. avec le talon de sa chaussure, elle lui a fait un trou dans la tête.

Ma belle-sœur a quatre ans de moins que James. C’est une jeune fille renfermée, timide et gentille. Elle ne participe pas aux scènes, elle préfère s’isoler dans sa chambre.

Mon petit beau-frère a trois ans de moins qu’elle, c’est le petit dernier. Il est bruyant, surexcité, fait de grands gestes, ses réactions sont imprévisibles et disproportionnées.
Il est la cible de la jalousie de son frère qui le frappe souvent avec beaucoup de violence, sous prétexte de lui apprendre la politesse et le savoir-vivre.

Dans cette maison on casse tout, la vaisselle, les meubles, les portes comme si c’était normal. On ne parle que rarement, on hurle en toutes occasions…
On se croirait dans un autre monde.



belle-famille

 
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14 février 2006 2 14 /02 /février /2006 19:00




 
 
Le chien est resté avec moi. Il me suit partout, nous allons nous promener, et je fais ce qui est interdit : je joue avec lui.
Il semble s’intéresser à sa gamelle, il la sent, la pousse du nez puis s’éloigne. C’est étonnant, d’habitude dès qu’il la voit, il va se cacher dans une autre pièce. Je vais essayer de le faire manger.
Au lieu de le " gaver " je plonge la main dans la pâtée et lui fait lécher ce qui reste collé. Petit à petit, je rapproche la main de la gamelle, je plonge le bout des doigts dans la nourriture et il mange, la truffe en contact avec ma main.
C’est la première fois qu’il mange… par petites quantités mais je pense qu’il profite plus d’une petite ration prise de plein gré, que d’une ration par gavage.


Quand James vient pour le week-end, le chien refuse de s’alimenter. Dès le vendredi soir le dressage reprend  : les cris, les punitions, les ordres et les menaces remplacent les jeux et la douceur. Malgré mes protestations, le chien est gavé, il vomit, il est gavé de nouveau… j’ai peur que tout soit à recommencer…


Heureusement, dès que James part, avec beaucoup d’encouragements, il mange, je tiens la gamelle sur mes genoux, les mains de chaque côté.
Au retour de promenade, il réclame même de la nourriture. Il mange peu, c’est insuffisant pour sa taille, il maigrit mais j’ai bon espoir. Bien que James l'interdise, je lui propose la gamelle plusieurs fois par jour. Il sera bien temps d’espacer les repas quand les choses seront rentrées dans l’ordre.


James est jaloux de voir que le chien est très attaché à moi. Il dit que je vais en faire un " toutou à sa mémère ", que je vais le rendre stupide, etc.
Il existe des cours de dressage en ville. Nous nous inscrivons, ce sont les maîtres qui dressent leur chien conseillés par un Maître chien.
Le chien prend beaucoup de plaisir aux séances. Il est doué et le dressage est maintenant structuré, il n’apprend plus sous la menace mais pour faire plaisir.
En bref, il est heureux et oublie ses problèmes relationnels avec la nourriture. Ce chien est un vrai bonheur.

C’est bizarre d’écrire qu’il est heureux mais c’est la réalité, les chiens à la différence des humains savent se contenter de ce qu’ils ont.




chien qui ne mange pas

 



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13 février 2006 1 13 /02 /février /2006 17:43

  





Après vingt trois jours interminables en maternité nous sortons enfin. Ma joie est de courte durée.

L’appartement est dans un état épouvantable, il y a de la vaisselle et du linge sale partout, même sous les meubles. Le sol est collant. Je ne peux même pas poser l’enfant dans le lit que j’avais pourtant préparé avant de partir. Il faut tout changer, tout nettoyer.

Nous n’avons pas de machine à laver, je lave le linge à genoux dans la baignoire, mon ventre me fait souffrir… Les couches jetables existent déjà mais elles sont trop chères. Je lave les couches en tissu.

Le petit, Miguel est très mignon, on ne l’entend pas.

Il a presque deux mois, il fait très chaud, une nuit il se met à pleurer. James me dit de pas aller voir sinon " le gosse " va nous embêter tout le temps. Je me lève quand même, recouche le bébé après avoir vérifié que tout allait bien. Je suis à peine au lit que les pleurs reprennent. Je lui tapote le dos pour provoquer un rot et me recouche. De nouveau des pleurs. James se lève furieux et me dit " je m’en occupe ". J’attends, étonnée, il ne s’est encore jamais occupé de son fils…
Il revient quelques instants plus tard et se couche tranquillement. Je n’entends plus rien, ce n’est pas normal, il n’a pas pris suffisamment de temps pour calmer un bébé…J’écoute attentivement. Je perçois des gémissements. Je veux me précipiter, James me retient, je me débats et arrive à lui échapper.
Je trouve le bébé dans sont lit, un coussin sur le visage solidement maintenu par les draps et la couverture enroulés autour du matelas. J’arrache tout, le bébé est rouge, il a du mal à retrouver sa respiration…
Je pleure, ce n’est pas possible ! Il a voulu le tuer ! Je reste près de lui toute la nuit pour le protéger mais aussi parce que je n’ai pas envie de m’allonger près d’un monstre.
Le lendemain je demande des explications, James dit en regardant ailleurs qu’il s’est énervé parce qu’il est fatigué et qu’il a besoin de dormir…

La peur qu’il tue mon enfant ne me quittera plus jamais.

Je décide de passer mes nuits sur le sol à côté du bébé. J’étais déjà très fatiguée, je suis épuisée. Nous ne nous parlons plus, je ne sais pas quoi faire.

Nous sommes invités chez mes beaux-parents. Ma belle-mère propose que je reste quelques jours à la campagne pour me reposer. J’accepte.

Malheureusement ma mère a déménagé, elle est maintenant repartie en région parisienne.






tentative d'infenticide

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11 février 2006 6 11 /02 /février /2006 17:51

 

 

Je me réveille, j’ai mal. J’ai un pansement sur tout le ventre. C’est bizarre qu’il monte aussi haut. Le gynéco passe, dans l’urgence il a ouvert mon ventre du nombril au pubis, il n'avait pas le choix, chaque seconde comptait.
J’ai mal. Je me demande dans quel état est mon ventre?
Mon petit est adorable, il ne pleure pas, je souffre tellement que je n’arrive pas à lui donner le biberon, ce sont les infirmières qui s’en occupent.
Une puéricultrice l’a mis dans les bras de son père, sans même le regarder il est venu le poser sur moi en disant : " tiens, ton chiard… "
Il ne s’en occupe pas, il l’ignore totalement. Il lui a donné mon prénom en troisième, " pour qu’il n’oublie jamais qu’il a failli tuer sa mère en naissant ".

Ma mère est venue. Elle s’est installée chez moi. Elle résiste une semaine. James est odieux avec elle. Elle part. Elle m’a annoncé qu’elle va déménager. Elle a vendu la maison de ma grand-mère et acheté un appartement en région parisienne.

Le petit fait une allergie au lait. On retire mon pansement. C’est une horreur. La cicatrice coupe mon ventre en deux… James me dit " tu étais déjà moche avant, là c’est complet… ". Je suis moche ? c’est bien la première fois qu’on me dit ça. C’est vrai que je suis devenue énorme pendant ma grossesse (j’ai pris 25 kilos) mais je vais les perdre…


Je tombe directement dans la déprime. Impossible d’arrêter de pleurer. Résultat je ne peux pas sortir de clinique… Je reste 23 jours.


Le vieux gynéco vient me demander pardon, il a une fille de 21 ans comme moi et je lui ressemble paraît-il. C’est pour ça qu’il n’a pas pu opérer… Je refuse de lui pardonner, si la césarienne avait été faite plus tôt mon ventre n’aurait pas été massacré. Je suis condamnée à cacher cette mutilation toute ma vie, sur la plage et en privé…

Je l’ai haï d’être venu me demander de soulager sa conscience mais plus tard j’ai compris qu’il avait fait un geste important. Si cela n’a pas soulagé ma douleur, j’ai la consolation de savoir qu’il s’est repenti. J’ai appris qu’il avait cessé d’exercer peu après.

Ma belle-mère est devenue très gentille avec moi, quand elle a vu le bébé elle a hurlé (avec sa délicatesse habituelle) : " c’est bien le fils de James ". Elle qui disait partout que je m’étais faite engrosser par un Espagnol… Elle est rassurée : l’enfant est le portrait de son père.




le gynéco m'a demande pardon

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10 février 2006 5 10 /02 /février /2006 11:12

 


 

J’arrive à la clinique au milieu de la nuit. La sage-femme m’examine, je peux revenir demain. Je parts, au moment où je monte dans la voiture, on m’appelle, on vient de consulter mon dossier, je dois rester.
Je dors. Le lendemain matin on me fait des radios, étrange, à l’époque on évite d’en faire aux femmes enceintes…on me dit que dans certains cas il faut en faire quand même…
Les contractions commencent. Je me suis jurée de ne pas crier. J’arrive en salle de travail, je ne me plaints pas. Arrive le moment crucial de " pousser " ça fait mal, je n’y arrive pas… les larmes coulent mais je ne crie toujours pas. On me prépare pour une césarienne. J’ai de plus en plus mal. Le gynéco vient, regarde et repart… Mon corps n’est plus que DOULEUR. Le personnel tourne autour de moi, tout le monde attend…
Je perds conscience, quand je reviens à moi je supplie que l’on fasse quelque chose : c’est insupportable. Le personnel est consterné. On me caresse, on me tient la main, on me dit des paroles apaisantes…Une infirmière prend l’initiative d’aller avertir l’autre gynéco qui est en consultations.

Il arrive à grand fracas, écarte tout le monde, m’ausculte, ausculte mon ventre : " ils sont en train de mourir tous les deux ! "
Je suis mise sur un chariot, les couloirs sont traversés au pas de charge, les portes claquent, les gens s’agitent, arrêt devant la porte d’ascenseur : la voix de James " où emmenez-vous ma femme? " " elle est en train de mourir et l’enfant aussi ", James crie : " sauvez la mère !".
L’énorme lampe au dessus de moi, les yeux bleus de l’anesthésiste, des gens là-haut dans la mezzanine, ce sont des élèves, on me demande si j’accepte qu’ils regardent l’opération, j’accepte.
Tout à coup le silence, plus personne ne bouge, les yeux bleus me disent de compter, je compte… le bistouri froid sur mon ventre, " attendez! je ne dors pas…je… "

De nouveau les yeux bleus, " c’est un garçon, il pèse 3k800 ", je dis " c’est bien " et me rendors.
Les yeux bleus me secouent, je vois le visage maintenant qu’elle n’a plus de masque. Je suis dans une chambre, elle me questionne pour savoir si je suis consciente. 
Tiens, l’enfant n’est pas là ? Il est en couveuse, il va bien mais il a beaucoup souffert. L’anesthésiste est énervée, elle est là depuis plus de 12 heures car elle n’arrive pas à me réveiller, je suis cohérente, elle part.
On amène mon bébé. Qu’il est laid ! tout rouge, sa bouche semble aller d’une oreille à l’autre, il a comme des cernes qui lui mangent la moitié du visage. Ce n’est pas mon enfant…je n’en veux pas…
L’infirmière dit qu’il a beaucoup souffert, il faudra plusieurs semaines avant que son visage perdent ces marques… Il se met à pleurer, je n’ai pas la force de m’en occuper, on l’emmène à la nurserie.
Des rires, des tintements de verres, c’est ma voisine de chambre qui fête la naissance de son bébé. La chambre est pleine de monde.
J’entrevois mes sœurs. Elles me parlent, je ne comprend pas ce qu’elles disent. On me change de chambre. Elle m’embrassent, leurs visages sont graves. Je reste seule, je dors.






naissance par cesarienne



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9 février 2006 4 09 /02 /février /2006 23:16
 
 
 
J’appréhende ce congé qui va m’isoler des collègues qui sont le dernier lien avec l’extérieur.
 
Je me sens moche, grosse et difforme. James ne manque jamais l’occasion de me confirmer que je suis bien ainsi.
 
Je m’ennuie. Mon appartement est presque vide. Je n’ai pas d’argent pour acheter des choses pour le bébé. Je ne peux même pas installer sa chambre car en dehors du lit donné par mes sœurs, je n’ai rien à y mettre. James refuse de libérer la petite chambre où il a entassé ses livres et ses disques. J’avais empilé les cartons pour faire de la place, il a tout éparpillé de nouveau. Il maintient que l’enfant dormira dans le couloir.
 
Pour tromper l’ennui, je tricote des vêtements, verts. C’est très laid ! La couleur me semblait originale, elle me fait horreur !
 
Je suis épuisée. Les contractions ne me laissent pas dormir une nuit complète.
 
Je voudrais que l’appartement soit propre, c’est impossible.
James laisse ses affaires là où il a envie de s’en défaire en continuant à avancer. On peut le suivre à la trace, ses vêtements sont partout. Il y a du linge sale dissimulé sous le lit, sous les coussins, derrière les meubles…
 
Quand il prépare la gamelle du chien, il utilise de nombreux récipients, il pose les cuillers souillées sur la gazinière, la nappe propre, sur le dessus du réfrigérateur… Il ne lave jamais la vaisselle.
Il écrase la nourriture qui tombe et ne ramasse jamais.
Comme le chien refuse de manger, il le force et le chien vomit. D’énervement, James lui jette à la gueule des récipients pleins d’eau.
L’eau, le vomi et la nourriture écrasée forment comme une boue sur le carrelage de la cuisine. C’est collant et glissant mais cela ne gêne en rien mon mari qui, indifférent aux traces qu’il laisse partout déambule dans l’appartement.
Me voir agenouillée avec mon gros ventre pour essuyer le sol, ne le dérange pas. Il trouve cela normal.
 
Je pleure, encore et encore… Ce qui me permet de ne pas craquer c’est d’imaginer que bientôt mon bébé sera là dans mes bras. Pour le moment rien n’est plus important.
 

 

 

congés maternité

 

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9 février 2006 4 09 /02 /février /2006 19:00
 



 
Je suis une future Maman bien triste. Je vais mal, je pleure beaucoup en secret. Je fais tout pour cacher que mon mariage est un échec. Je me suis mariée par dépit mais je ne pensais pas que les choses iraient si mal.
Je m’attendais à vivre une vie paisible aux côtés d’un homme gentil et aimant, j’ai une vie houleuse aux côtés d’un homme machiavélique.
 
Il prend plaisir à casser ou pire à se quereller avec à tout le monde : les voisins, les collègues, les passants. Pour lui, c’est la guerre tout le temps. Une porte qu’on ne lui a pas tenue, une personne qui l’a malencontreusement frôlé, un automobiliste qui n’a pas mis son clignotant… tout est prétexte à injures et menaces. Il ne se bat pas car il choisit ses victimes : des personnes faibles comme des femmes, des vieillards ou des enfants qui ne peuvent rien faire d’autre que de fuir sous les sarcasmes et les injures, parfois même les coups.
 
En famille ce n’est pas mieux. Mes sœurs, après avoir subi ses persiflages et son attitude abjecte ont fini par s’éloigner.
En remerciement pour un cadeau il dit « même si c’est moche, on est bien obligés de dire que c’est beau »
Quand j’apporte le plat que j’ai cuisiné, il prend un air dégoûté et rapporte de la cuisine de quoi se faire des sandwiches qu’il mange goulûment proposant aux convives scandalisés de partager son repas afin d’échapper à mon infâme « rata ».
 
Fier de son succès, il adopte l’attitude sandwiches à chaque fois que je cuisine autre chose qu’un menu de base. Il réussi si bien à me déstabiliser qu’en quelques mois je n’arrive même plus à faire cuire un steak sans le rater…
 
Pour tenter d’échapper à notre isolement, j’invite une amie de collège avec son fiancé. Nous rions beaucoup. Pendant quelques heures je suis heureuse, il me semble que James apprécie cette rencontre.
 
Malheureusement, dès que nous nous retrouvons seuls, James dénigre le couple et déclare qu’il ne veut plus les voir.
Je suppose qu’il s’est passé quelque chose entre les deux hommes car malgré plusieurs lettres, mon amie ne m’a plus jamais donné signe de vie. 
 

ma grossesse






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9 février 2006 4 09 /02 /février /2006 18:11

 

 
 
Nous obtenons un appartement de trois pièces à proximité immédiate d’un aéroport. C’est mieux que le studio où nous avions froid et le loyer est moins cher. 

Mes sœurs me donnent un lit et des vêtements de bébé.
Il ne veux pas que je prépare une chambre d’enfant disant qu’on a bien le temps puisqu’au début on va mettre le lit dans le couloir. Je suis étonnée. Il explique que c’est pour pouvoir fermer les portes et ne pas entendre les pleurs. Cela ne m’inquiète pas, je sais que quand il tiendra son bébé dans les bras, il changera d’attitude…


Il veut un chien, un Boxer. Nous l’achetons chez un éleveur (ses parents lui ont encore envoyé de l’argent). Le chien mange 500 g de viande par jour, notre budget est très serré mais James sort des billets de sa poche comme par magie.
Le chiot est traumatisé par sa coupe d’oreille, il ne mange pas seul, il faut le gaver comme une oie. Souvent il vomit ce qu’on vient de lui enfourner et il faut recommencer. C’est très difficile à supporter. 
Ce chien prend une place considérable dans la vie de mon mari qui impose des règles : interdiction de le caresser, interdiction de jouer car cela nuirait au dressage… 
Ce dressage dure des heures : assis, debout, couché… c’est trop, beaucoup trop, je demande pitié pour la pauvre bête qui finit par ne plus savoir ce qu’on attend d’elle…
Quand je m’interpose nous nous disputons et il a des paroles blessantes envers moi.
Je suis en congés postnatal et James n’a plus besoin de se quereller avec les gens à mon sujet mais il va reproduire le même scénario avec son chien. Celui qui veut faire une caresse (même si c’est un enfant) est prié méchamment de mettre ses pattes à son c**, celui qui a peur, se fait insulter et il lance le chien contre la personne pour l'effrayer encore plus.

James a beaucoup changé depuis notre mariage. Il pense probablement s’affirmer par une attitude odieuse. Quand il trouve sa victime, il s’acharne sur elle. Les gens nous fuient, les plus gentils sont découragés par ses paroles blessantes sans objet. 

Je crois encore que les choses vont s’arranger avec la venue du bébé. 


 
 
Boxer
 





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Présentation

  • : MA VIE EN PATCHWORK
  • MA VIE EN PATCHWORK
  • : C'est l'histoire d'une vie mouvementée, la mienne avec des joies et des peines. Le poids du silence devenait trop lourd, j'ai souhaité partager mes souvenirs avec d'autres pour qu'ensemble nous apportions des réponses à certaines de mes questions.
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Pour parler ! pour dire enfin ce que tout le monde me conseille de taire.

« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… » s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir. Si vous voulez lire mon histoire, cliquez sur le lien suivant :

 

 


J'ai créé une catégorie supplémentaire :

La médecine et moi 

Une rubrique indépendante dans laquelle je parle de mes relations conflictuelles avec la médecine et de ma façon personnelle de me soigner.


 

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