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8 février 2006 3 08 /02 /février /2006 12:07

 





Nous voilà avec deux petits salaires, un loyer, des charges et un budget à gérer… c’est dur, nous avons froid, pas grand chose à manger, pas d’argent pour sortir.

Rapidement mes sœurs espacent les invitations car sans être aussi odieux qu’avec ma mère, il leur fait comprendre qu’elles doivent s’occuper de leurs affaires… Il ne comprend pas que je respecte mes sœurs simplement parce qu’elles sont mes aînées.

En sortant d’une boutique d’alimentation je vois qu’il a mis un saucisson dans sa poche… Je suis furieuse, je préfère manquer de tout mais il n’est pas question de voler…

Les conditions de transport en métro sont difficiles. Je suis bousculée, malgré ma carte prioritaire, un usager refuse de me laisser sa place James l’insulte, le menace et va chercher le chef de train qui oblige le Monsieur à se lever… j’ai tellement honte…cet homme semble si fatigué, il suffisait de demander à une autre personne…

L’agressivité de James est grandissante. Mon état est un prétexte pour jouer au redresseur de torts : on m’a bousculée, on me refuse la priorité, on m’a manqué de respect, etc. Au début je suis flattée d’être ainsi protégée puis j’ai honte d’attirer l’attention sur moi surtout parce que cela finit généralement en drame.

Je dois rester alitée trois semaines. Notre situation financière semble s’améliorer, c’est certainement parce que nous arrivons à mieux gérer. Je m’étonne un peu qu’il n’ait plus besoin d’argent pour acheter son titre de transport ni pour payer son repas de midi. Il dit que ses parents lui envoie parfois des chèques directement au travail et que ses collègues l’invitent à déjeuner.

Il ne veut pas rendre visite à ses parents, par conséquent je ne vois plus ma mère.

Nous ne fêterons pas Noël, il dit que c'est un jour comme les autres, d’ailleurs à l’avenir nous ne fêterons plus rien : ni fêtes, ni anniversaires il dit que c’est stupide! Je pleure tant qu’il accepte d’aller chez une de mes sœurs pour le réveillon du Jour de l’An. Il gâche la soirée par une attitude méprisante et négative. 




nous ne fetons pas noel


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6 février 2006 1 06 /02 /février /2006 08:12

 

 

 



Peu de temps avant de quitter le village il m’est arrivé une mésaventure. 

 

 
Un soir en rentrant du travail, je descends du car et je marche dans une petite ruelle mal éclairée. Il n’y a aucune habitations, rien qu’une école, déserte à cette heure. Mes beaux-parents habitent à 200 mètres. J’ai un peu faim et pour lutter contre la nausée je mange une orange.

En face de moi je distingue une silhouette hésitante sur un vélo qui avance doucement dans ma direction. Lorsqu’il me croise je vois que c’est un des ouvriers agricoles qui travaille pour le maraîcher. Ces ouvriers sont d’ex délinquants en réinsertion sociale.
Je suis sur mes gardes. J’entends le bruit du vélo qui tombe, je me retourne et vois le gars se précipiter sur moi. Il me jette dans le fossé et se couche sur moi. Avant de tomber j’ai commencé à hurler et je continue et me débattant de toutes mes forces. J’ai toujours mon orange à la main et je m’en sert comme d’une pierre. Par chance je le frappe sur l’œil, l’acidité le pique tellement qu’il me lâche. Pendant qu’il se frotte l’œil je me relève et prend la fuite.

Je croise mes beaux-parents qui ont entendu des cris et arrivent en courant. Ils me réconfortent et m’amènent directement à la gendarmerie pour porter plainte.

Je suis pleine de terre et je tremble. Dès les premiers mots je comprends que ma démarche est inutile. Le gendarme dit que ma tenue vestimentaire (mini-jupe et talons hauts) sont la cause de cette agression. Il est clair que j’ai provoqué ce pauvre garçon… d’autre part, ma réputation de fille facile lui a certainement laissé penser qu’il pouvait " tenter sa chance ".
Je suis abasourdie : tenue provoquante, fille facile, tenter sa chance ! mais alors c’est lui la victime!
Le gendarme insiste : si je porte plainte, je vais causer un préjudice à ce garçon qui concrètement n’a rien fait d’autre que de me faire tomber dans l’herbe. Il suffit de laver mes vêtements et il n’en restera rien…
Comme je persiste à vouloir porter plainte il me dit de revenir la signer le lendemain, après avoir bien réfléchi…
Le lendemain quand je me présente pour signer, le gendarme que j’ai rencontré est absent.
Je dois revenir une autre fois.


Pendant les mois qui suivent, je relance pour savoir où en est cette affaire, on me répond que c’est " en cours ". Un jour on me dit que l’affaire a été classée sans suite… 


N’ayant jamais reçu la moindre preuve écrite ni de la transmission de l’affaire, ni de son classement je crois être en droit de penser qu’elle n’a jamais été transmise à qui que ce soit.




agression sexuelle

 



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4 février 2006 6 04 /02 /février /2006 00:00
 
 


Nous habitons chez ma mère. Mon ancienne chambre est grande et confortable, elle se trouve au bout d’un couloir avec un accès direct pour sortir. Pourtant, dès le deuxième jour James décide que la proximité avec ma mère est trop pesante et me persuade de nous installer au grenier dans une petite chambre mansardée.  
C’est exiguë, glacial l’hiver et irrespirable l’été mais nous sommes en automne, la température y est encore agréable. J’ai une mauvaise grossesse, beaucoup de nausées, ce n’est pas commode de descendre quatre à quatre à chaque fois. Il persiste à vouloir rester au grenier, il prétend que ma mère nous épie.
 
Il n’est plus question de gentillesse ou de prévenance. Elle est devenue l’ennemie. Je ne me rends pas bien compte de la situation car égoïstement je focalise sur mes malaises.
Ma mère fait tout son possible pour nous être agréable car elle a très peur de rester seule. Elle prépare les repas, s'occupe de tout, du linge, de la vaisselle, du ménage... il laisse ses vêtements et ses affaires traîner partout, ne range rien, il agit comme si elle était à son service…
Il ne lui adresse plus la parole et répond par des grognements, quand il daigne lui répondre. Un soir qu’elle lui demande gentiment si sa journée s’est bien passée (il est instituteur remplaçant) il lui dit " occupez-vous de votre c** "… Personne ne lui a jamais parlé comme ça, elle ne supporte pas un tel manque de respect. Elle pleure, à ma demande, il s’excuse.
Il n’a plus besoin de lui dire des grossièretés, son regard suffit. Il va jusqu’à la bousculer sournoisement dès qu’elle s’approche de lui.
Quand il rentre à la maison, ma mère part dans sa chambre et n’en sort qu’après que nous soyons couchés.
En allant l’embrasser pour lui dire bonsoir je la trouve souvent en pleurs mais elle dit de ne pas m’inquiéter…

 
Je préviens mes sœurs : cette situation ne peut pas durer, il faut trouver rapidement une solution.
Soeur n°2  nous obtient des emploi dans un Ministère à Paris, sœur n°4  nous cède le studio en banlieue parisienne qu’elle s’apprêtait à quitter. Nous partons pour Paris.

Ma mère pleure beaucoup, elle est seule et surtout elle est très inquiète pour moi. Elle entrevoit maintenant qui est vraiment James. 




habiter chez ses parents

 

 
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3 février 2006 5 03 /02 /février /2006 09:07



Je ne veux pas avoir un enfant de James ! Il n'en est pas question! 

Sauter à la corde pendant des heures n’est pas plus efficace que les comprimés que j’avale toutes les deux heures et qui me font uriner bleu…
Je parle de mon état à James. Nous allons chez le médecin qui me fait une piqûre, il y en a deux autres à faire. James m’en fait une : j’ai la fesse transformée en passoire sanguinolente… La 3ème est faite par une copine. Les piqûres sont sans effet.
La copine accepterait de me fournir un médicament pour " faire passer " mais si ça ne marche pas, le fœtus peut être endommagé. Je refuse.


Je dois avouer mon état à ma mère. Je demande à mes sœurs de venir. J’ai bien fait car en apprenant la nouvelle, elle fait une syncope.
Il y a trois solutions : l’avortement en Angleterre (en France c’est interdit), rester " fille-mère " comme on dit à l’époque ou me marier.
J’ai pris conscience que le fœtus n’est pas un furoncle dont il faut se débarrasser mais un enfant, un petit être vivant… Je ne veux plus avorter. 
Rester fille-mère serait une honte pour moi et pour ma famille.
Il ne reste que la dernière solution : le mariage.

Ma famille est persuadée que je vais être heureuse avec James car il a su se faire apprécier. Il est serviable, attentionné, prévenant et il m’aime tant … Il est bien un peu excité mais c’est parce qu’il est jeune et tellement malheureux avec des parents qui le battent… 
James se joint au conseil de famille. Il a tout avoué à ses parents et leur a annoncé qu’il voulait m’épouser. Les parents débarquent à grand fracas, m’insultent, insultent ma famille, disent que l’enfant n’est pas de leur fils, je me suis faite engrosser par un espagnol et si j’avorte ils nous dénonceront… ma mère les met dehors.
Quelques jours après, ils reviennent sur leur position et acceptent le mariage. Les formalités sont accélérées il est important de cacher " aux gens " que je suis enceinte.


Le frère de ma future belle-mère est prêtre. Il me fait passer un " examen " afin d’évaluer si je suis suffisamment croyante. Bien que je sois croyante, il déclare que je ne peux me marier à l’église. Ma mère m’a déjà acheté une robe, elle tente de s’expliquer avec le curé du village : je viens régulièrement à la messe, je fais même partie de la chorale, comment peut-il refuser de me marier? Le curé est gêné mais son collègue a pris contact avec lui et il ne peut aller contre son avis… il est évident que c’est surtout qu’il ne peut risquer de perdre les enveloppes que ma future belle-mère lui remet . La machination a fonctionné.


Le mariage civil est triste et vite expédié, nous n’avons même pas d’alliances. Le repas très ordinaire organisé chez mes beaux-parents est morne, l’ambiance tendue, les deux familles ne se parlent pas.
Nous allons passer notre nuit de noce dans un Hôtel de la ville proche. Je pleure beaucoup sur cette journée ratée, sur mes rêves perdus de mariage joyeux et sur la tristesse de ma famille.


Je suis mariée à un type que je n’aime pas, j’attends un enfant de lui, il n’a pas de travail et pour couronner le tout depuis quelques jours je travaille dans une Perception où règne un climat détestable.

 



mariage par dépit

 
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1 février 2006 3 01 /02 /février /2006 15:04

 

 

Parmi les quelques personnes qui m’ont soutenues, il est un garçon intelligent mais dont l’attitude excessive provoque le rejet du groupe de jeunes. Dans sa famille les choses les plus banales prennent rapidement les dimensions d’un scandale, mêlant la police aux faits les plus anodins.

Je trouve en James une épaule compatissante. Rapidement sa présence devient envahissante. Il dit qu’il m’aime, je ne suis pas prête à entendre cela et je ne l’aime pas. Il me fait une cour pressante qui tient du harcèlement. 
Greg continueà venir me chercher quand il a envie de moi. Je suis incapable de refuser de le suivre. Je sais que je dois mettre fin à cette relation qui ne fait qu’entretenir ma souffrance. 

Je m’efforce de le voir tel qu’il est réellement : froid, calculateur et égoïste.
Un matin qu’il a beaucoup bu et qu’il conduit très vite à la sortie d’une ville, probablement accompagné d’une de ses conquêtes, il tue le père de cinq enfants qui se rendait au travail en vélo. Quand il me raconte, je suis effarée car il ne montre de l’émotion qu’en mentionnant le montant qu’il a donné à la veuve pour étouffer l’affaire… 
C’en est trop pour moi. Je le laisse à sa vie, nous n’avons rien à faire ensemble.
 
James n’a pas cessé de me poursuivre de son amour, je le chasse et il revient sans arrêt. Le hasard d’une soirée bien arrosée fait que nous devenons amants. Je n’ai aucun sentiment pour lui si ce n’est de la pitié. 

Je ne veux plus continuer le lycée, j’ai 20 ans, j’ai raté le BEP, je veux travailler. Je vais en vacances avec ma sœur en Espagne.

Au retour, j’ai décidé de rompre avec James. Il pleure, supplie, menace de se tuer, de me tuer, se cogne la tête et les poings sur un mur, il saigne, j’ai peur…Pour le calmer, et échapper à son hystérie, nous faisons l’amour.
J’évite ensuite de me trouver seule avec lui. Je veux bien rester amie mais maintenant il me fait un peu peur…
 
Quelques semaines après je constate que je suis enceinte.
 





enceinte

 

 

 

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31 janvier 2006 2 31 /01 /janvier /2006 20:24




Dans le village, j’ai le sentiment d’être une pestiférée. Même ma meilleure amie refuse de me parler et je ne sais pas pourquoi. Elle considère peut-être que mon suicide est une trahison ou… un pêché ?
J’apprendrai quarante ans plus tard que pendant que j’étais entre la vie et la mort, elle est venue chez moi, ne sachant rien de la TS et que ma mère l’a chassée, lui interdisant de revenir.
 
Je pourrais tenir ma mère pour responsable mais je connais trop bien Paco pour savoir que ce simple interdit ne pouvait pas suffire à la décourager. Elle a profité du prétexte. Depuis des mois déjà je n’avais plus de temps à lui consacrer. Je vivais dans un autre monde avec Greg.
 
 

solitude, fol amour

 


Après la vie tumultueuse, le quotidien me semble morne, je m’ennuie. Mes amis me manquent. Je les ai abandonnés, leurs activités me paraissant bien ternes à côté des miennes.
 
En réalité, je ne suis pas vraiment seule, sachant que je suis libre, de nombreux garçons extérieurs au village me courtisent. Je sorts avec eux uniquement pour montrer que tout va bien pour moi.
Mon cœur est mort. Il est froid et insensible aux déceptions qu’il inflige. Je me moque de leurs sentiments, sans état d’âme.
 
Ma mère proteste : il m’arrive de donner rendez-vous à plusieurs garçons le même soir et de partir avec le premier qui se présente ou pire encore, avec Greg qui vient sans s’annoncer m’inviter à partager une de ses folles nuits. La pauvre femme doit éconduire et parfois même consoler le malheureux qui arrive trop tard.
 
Car Greg est revenu. Notre relation est différente. Je sais qu’il sort avec d’autres filles et qu’il me laisse libre de faire de même.
J’ai envie de lui, j’aime plus que tout au monde être avec lui mais la magie s’est envolée.
Je sais que je ne dois pas continuer à le voir car si l’instant présent est merveilleux, le lendemain est toujours triste.
Je dois faire ma vie sans lui. Il le faut !
 
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31 janvier 2006 2 31 /01 /janvier /2006 17:13


 
Ma mère m’en veut d’avoir voulu mettre fin à mes jours. Elle n’accepte pas. Au lieu de me réconforter, elle m’accable de reproches. Ce n’est pas de ma détresse dont il est question, c’est de la sienne… 
Elle ne cesse de répéter : Pourquoi tu m’as fait ça ? tu n’as pas pensé à moi ?
Non, je n’ai pas pensé à elle ! et je n’arrive même pas à culpabiliser…
J’ai l’impression qu’elle me vole ma douleur.
Elle dit que je suis lâche mais ce n’est pas vrai. J’ai seulement perdu la raison.
 
Elle semble croire que mon amour pour Greg n’est qu’une simple amourette. Ses reproches empêchent toute confidence. J’aurai voulu lui dire mon secret, que je me suis donnée à lui, que sa petite fille a perdu sa virginité par amour. 

Je n’ai pas été lâche, j’avais simplement trop mal ! Je ne voulais plus voir les images qui m’obsédaient. Mon Greg faisant l’amour à cette grosse vache stupide. Je voyais ses cils recourbés, ses lèvres, son sourire, ses cheveux bouclés… et je l’imaginais avec cette fille, nus, enlacés.

 

 

TS

 
 

En revenant peu à peu à la vie, je me découvre autre. Les choses n’ont plus d’importance, je promène un regard indifférent sur tout.
La mémoire me joue des tours, j’ai du mal à retenir les cours, mon esprit reste engourdi.
Quand je marche j’ai la sensation d’avoir bu.
 
Cela m’importe peu, de toute façon ma vie n’a plus d’importance, elle sera ce qu’elle sera et tant mieux si je sombre au fond du gouffre.
 

Personne ne voit que je vais très mal. Pour ma mère ma TS n’est « qu’une grosse bêtise » d’adolescente. 

 

 

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31 janvier 2006 2 31 /01 /janvier /2006 16:18

 

 





Ma première année de scolarité s’est bien passée. Le lycée est très accueillant, après le préfabriqué et l’ambiance détestable, je suis ravie. J’ai plein d’amis et d’amies, quelques " petits amis ", la vie est belle…
Pour ma mère c’est moins bien. Elle s’ennuie. Elle a perdu ses repaires : le marché, les commerçants, le cimetière, les visites de mes sœurs et de ses petits-enfants…
J’invite mes amis à la maison, elle nous fait des gâteaux, prépare des boissons et participe aux discutions car elle continue à lire assidûment le journal et nous éclaire sur un tas de sujets. Elle réconforte aussi mes petits copains éconduits mais là je n’en suis pas très fière…

Je fais la connaissance de Greg, dont je devient très amoureuse. Il a tout pour lui, un physique agréable, un esprit d’initiative qui me fascine, il est drôle et pour ne rien gâter, il est très riche. Je suis éblouie, le champagne coule à flot, les restaurants, les dîners, les voitures de sport, je suis prise dans un tourbillon enchanté.
Concernant Mai 68, je ne vois rien… je suis sur un nuage…Dans la journée avec les jeunes du village nous faisons des sorties à vélo, nous rénovons le Club de jeunes, et nous refaisons le monde… ce qui prend beaucoup de temps.
Le soir Greg vient me chercher, nous allons dans la boîte de nuit que ses parents lui ont offerte pour ses 20 ans… Dans la journée il travaille (il est déjà très impliqué dans la gestion des différentes entreprises de ses parents).
En août, je vais en vacances en Italie avec sœur n°3 (celle avec qui je ne suis pas fâchée). Greg doit passer me voir, mais finalement il ne vient pas.
Au retour il m’explique qu’il s’est attardé en chemin. Ses explications ne sont pas très claires, il finit par dire quen chemin il a rencontré une autre fille. De mon côté je n’ai pas été très sage, je préfère ne pas en savoir davantage.
La fête reprend. Les cours aussi. Souvent je rentre le matin me laver, me changer, prendre mes affaires scolaires et courir au lycée après une nuit blanche.


Un dimanche un ami me révèle que Greg a fini sa soirée avec sa serveuse de bar. Le monde s’écroule. 
Quand il vient me chercher le soir, il confirme les faits, dit que ce n’est pas grave, c’est moi qu’il aime… je n’accepte pas ses explications et nous nous séparons. Je passe la nuit à pleurer, j’ai tellement mal… le lendemain matin voulant en finir avec cette souffrance, j’absorbe toute une boîte de Valium.
Je ne me souviens de rien d’autre que d’être tombée, d’avoir été traînée sur mon lit par ma mère et de m’être réveillée plusieurs jours après, j’entendais souvent ma mère dire : " pourquoi m’as-tu fait ça ".

J’ai perdu ma joie de vivre, mon esprit vif et moqueur.

Quelques amis (très peu) m’ont aidée à survivre. Greg n’est pas venu, il a refusé…


 

chagrin d'amour, tentative de suicide

 

 
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30 janvier 2006 1 30 /01 /janvier /2006 11:08

 






Sœur n°4 vient assez souvent avec son mari (celui qui mange comme un porc).
Il a toujours un problème mécanique et passe des heures à réparer sa voiture. Curieusement, il n’a jamais d’outils et emprunte les nôtres.
Après quelques visites, les deux boîtes à outils sont vides… ça ne peut être que lui qui a tout emporté…On peut perdre quelques outils mais pas la totalité de deux boîtes bien remplies à l’origine.
 
Je ne supporte pas qu’il vienne ainsi nous dépouiller de nos affaires. Je lui demande si par " inadvertance " il n’aurait pas emporté les marteaux, les tournevis, les pinces de différentes tailles, les clefs à molette et autres bricoles… il me regarde bien dans les yeux et dit qu’il a tout remis en place à chaque fois…
Ma sœur, scandalisée par ma question, me demande si j’insinue que son mari est un voleur. Je propose que nous allions regarder, afin de dissiper tout malentendu, dans le coffre de la voiture si par hasard il n’y a pas quelques objets " oubliés ".
Nous ouvrons le coffre. Je reconnais les derniers outils que nous avons achetés la semaine dernière ainsi qu’une douzaine de rouleaux de papier toilette (par la fenêtre j’ai vu mon beau-frère aller les mettre dans son coffre. Chaque fois qu’il sort des toilettes ; il emporte 2 rouleaux qu’il va ranger soigneusement dans son coffre..) Nous trouvons aussi 2 serviettes éponge, 1 serviette de table et un couteau à viande qui nous appartiennent.


Concernant la monnaie qu’il s’approprie systématiquement en la faisant glisser dans sa poche, je n’en parle pas car il est impossible de le confondre. Le matin même je l’ai surpris : il ramasse la monnaie comme on ramasse des miettes sur une table et le regard lointain, comme si cela était la chose la plus naturelle, il vide le contenu de sa main dans la poche de son pantalon.
Il fait cela avec tellement de naturel qu’on a presque honte d’avoir la " mesquinerie " de protester…

J’ai encore déclenché un scandale. Je ne suis pas très fière du résultat : j’ai " chassé " 2 de mes sœurs. Ma sœur aînée n’est jamais venue car elle ne pardonne pas l’épisode de la maison vendue en douce à ma mère. Ma troisième sœur vient très rarement car elle n’a pas de voiture et sa vie sentimentale l’occupe beaucoup.
 
 

petits vols en famille, goujat

 




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28 janvier 2006 6 28 /01 /janvier /2006 15:01

 

 


A l’occasion d’un week-end prolongé sœur n°2  et son mari nous rendent visite. Je garde ma ligne de conduite : ne jamais être seule avec lui et surtout ne pas chahuter. 
Je suis inquiète car visiblement, il cherche mes amies qui sont très flattées qu’un adulte s’intéresse autant à elles.

Je suis allée chercher le pain au village avec mes amies, ma sœur nous rencontre et propose de nous ramener car nous sommes encore loin de la maison. Je suis assise à l’arrière de la voiture, une copine de chaque côté de moi. Impossible de faire autrement que d’avoir les jambes légèrement écartées.
Alors que ma sœur est à la pharmacie, mon beau-frère se retourne, il devait m’observer dans le rétroviseur et brutalement il agrippe mon sexe. Je le frappe sur la tête et l’insulte sous l’œil perplexe de mes amies.
Je ne dis pas un mot, la honte et la colère me font trembler. Nous déposons les amies devant la ferme de leurs parents.
Arrivée à la maison je raconte à ma mère ce qu'il vient d'arriver. Mon beau frère joue l’étonnement, il ne comprend rien à ce que je dis. Il m’a simplement pincé le genou en un geste paternel.
Ma sœur est furieuse, elle me traite de folle et dit que c’est une idée d’adolescente qui prend ces désirs pour des réalités.
Ma mère me demande de réfléchir à la gravité de cette accusation et d’en peser les conséquences. Je n’ai pas besoin de réfléchir, d’ailleurs j’ai des témoins. Ma mère déclare alors qu’elle me croit et que la conversation sur ce sujet est terminée. Elle demande à mon beau-frère de ne plus JAMAIS me toucher car si cela se reproduisait elle pourrait le tuer…
Ils repartent pour Paris le jour même. Ma sœur dit qu’elle est très déçue car elle ne pensait pas que je pouvais inventer une telle histoire, qu’heureusement elle aime son mari et que mes calomnies n’y changeront rien…
Ces mots me brisent le cœur. Elle ne me croit pas et j’ai perdu son affection… c’est la première fois qu’elle me parle comme à une adulte, il n’y a plus aucune tendresse ni dans sa voix, ni dans son regard.
Après leur départ, ma mère essaye de savoir s’il ne s’était rien passé avant. La sachant incapable de garder un secret, je préfère me taire. Tout ce que je veux c’est que ça cesse, inutile de revenir sur le passé.

J’ai bien fait de parler car le silence est toujours perçu comme une acceptation et par conséquent comme un encouragement à recommencer. 






attouchements sexuels, pervers



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Présentation

  • : MA VIE EN PATCHWORK
  • MA VIE EN PATCHWORK
  • : C'est l'histoire d'une vie mouvementée, la mienne avec des joies et des peines. Le poids du silence devenait trop lourd, j'ai souhaité partager mes souvenirs avec d'autres pour qu'ensemble nous apportions des réponses à certaines de mes questions.
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Pour parler ! pour dire enfin ce que tout le monde me conseille de taire.

« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… » s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir. Si vous voulez lire mon histoire, cliquez sur le lien suivant :

 

 


J'ai créé une catégorie supplémentaire :

La médecine et moi 

Une rubrique indépendante dans laquelle je parle de mes relations conflictuelles avec la médecine et de ma façon personnelle de me soigner.


 

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