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17 avril 2007 2 17 /04 /avril /2007 17:17
 


 
Nul ne peut imaginer sans l’avoir subi, la souffrance ressentie quand on est victime de ce harcèlement.

Je rappelle que nous vivons en Afrique, sous une fausse identité et qu'il est donc impossible de porter plainte sans risquer d’attirer l’attention sur nous.
 
 
Un matin, je reçois un appel au cours duquel je n’entends qu’une respiration.
Je pense qu’une personne malade cherche du secours. Je n’ose pas raccrocher, attendant qu’elle réussisse à s’identifier. Je n’imagine pas un instant qu’il peut s’agir d’un appel malveillant.
 
La personne ayant raccroché, je retourne à mes occupations, soucieuse de n’avoir pu l’aider. Etait-ce une personne inconnue qui aurait composé un numéro au hasard ou une personne familière ? Le téléphone sonne de nouveau. Deux fois de suite, le même scénario se déroule. Je commence à soupçonner une mauvaise plaisanterie.
Au quatrième appel, je me fâche, disant que ce n’est pas drôle. Pour les appels suivants, je raccroche dès que j’entends la respiration et finis par laisser le combiné posé sur la tablette du téléphone. Le jeu dure une bonne heure. Dès que je raccroche, ça recommence.
 
Le lendemain et les jours suivants, les appels continuent à divers moments de la journée. Bien entendu, je ne prononce pas un mot, j’attends, espérant entendre un son qui me permette d’identifier l’appelant.
 
 
Après une quinzaine de jours, mon harceleur, probablement déçu du manque de réaction, commence à parler en transformant sa voix. Comme dans les films, la voix est tantôt grave, tantôt aiguë, impossible de savoir si j’ai affaire à un homme ou à une femme.
La voix crache des obscénités contre moi et ma famille. Lorsqu’une autre personne que moi décroche, le harceleur ne fait pas son numéro, l’action est donc dirigée contre moi.
 
Je soupçonne tout le monde. Nous ne parlons à personne de ce qui m’arrive, il ne faut pas que l’on sache à quel point ces appels me perturbent.
En fait, je ne dors plus. Dès que la sonnerie du téléphone retentit je tremble de tout mon corps, j’ai peur et dès que j’ai raccroché, je pleure pendant de longues minutes même si l’appel provenait d’une amie.
Je dois découvrir rapidement qui me joue ce vilain tour et pourquoi. Les insultes très crues peuvent s’adresser à n’importe qui, je n’ai aucun indice qui me permette de progresser dans mes investigations.
 
Voyant que rien dans mon attitude ne change (je me donne beaucoup de mal pour cela) le harceleur passe aux menaces.
La voix dit que mes enfants vont être victimes d’un chauffard à la sortie de l’école, que ma villa va être incendiée et mes chiens empoisonnés. Je ne réponds jamais, j’espère ainsi forcer la personne à se trahir.
Je note consciencieusement sur un carnet tout ce qui m’est dit ainsi que les heures d’appels.
 
 
Un soir de concours au Club hippique, je croise le regard d’une jeune femme rencontrée à diverses occasions et que je sais un peu « dérangée ». Son regard est tellement insistant et chargé de haine qu’immédiatement je comprends que c’est elle qui me tourmente depuis presque deux mois.
 
Je me renseigne discrètement sur ses activités et son emploi du temps. Le timing correspond aux appels. Avec mes enfants, nous montons un piège. Dès qu’elle sera en ligne, mon fils ira lui téléphoner de chez un voisin pour voir si la ligne est occupée. Pendant ce temps ma fille ira en vélo et sonnera à sa porte sous prétexte de chercher une copine.
Le plan fonctionne parfaitement : pendant que je la retiens au téléphone en la suppliant de cesser, mon fils vérifie que sa ligne est bien occupée et quand elle vient ouvrir la porte à ma fille, cela fait moins d’une minute qu’elle a raccroché d’avec moi…
 
Quand elle appelle, le lendemain, c’est mon compagnon qui décroche : il l’appelle par son prénom et menace de venir lui remettre les idées en place si elle ose encore appeler.
Elle n’a pas dit un mot et elle n’a plus recommencé.
 
Voulant connaître la raison d’une telle haine, je raconte l’aventure à tout le monde en me gardant bien d’exprimer ma souffrance. Je dis que cela m’a beaucoup amusée, que j’ai tout de suite compris que j’avais affaire à une folle…
Je n’ai pas attendre longtemps. Mon amie belge se souvient d’avoir entendu la jeune fille exprimer des menaces contre moi après avoir surpris une conversation dont sa mère était le sujet.
Sa mère est une excentrique qui traite tout le monde de haut. Elle est la risée de la communauté européenne. Le malheur pour moi est que sa fille m’ait entendue rire faire une plaisanterie que je reconnais de très mauvais goût. La pauvre femme avait perdu ses cheveux pour une cause inconnue et je me suis moquée de la perruque ébouriffée qu’elle porte systématiquement de travers.
 
Le fait que mon châtiment soit mérité m’a fortement aidé à surmonter l’événement. Même si d’autres que moi auraient dû être punis (tout le monde se moquait de cette femme), il n’en est pas moins vrai que j’avais bien mérité mon sort.
 




harcélement


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24 mai 2006 3 24 /05 /mai /2006 09:03
 

 
 
 
 
Miguel est déjà parti depuis deux jours quand je me présente à l’aéroport. Son départ n’a pas été facile, non seulement il quitte le pays qu’il adore mais surtout il me laisse seule. Il a pris l’habitude de me protéger contre tout ce qui peut me démoraliser mais aussi contre Boris qui fait des crises au cours desquelles il casse des objets, hurle et fait mine de vouloir me frapper. Avant de partir, mon fils lui a fait comprendre que s’il me touche une nouvelle fois, il aura affaire à lui…

Pendant les deux heures d’attente après l’enregistrement des bagages, je suis seule avec Boris, les amis ne sont pas venus car je ne veux surtout pas me faire remarquer.
Nous sommes gênés, nous n’avons plus rien à nous dire. 
Il me demande de pardonner, il n’a pas pu résister aux femmes mais c’est de ma faute car je n’ai pas voulu le suivre en brousse; d’ailleurs ses amis africains, et même la mère de ma filleule lui ont conseillé de prendre une autre femme sur place…

Je dis que je pardonne, que l’éloignement va nous permettre de réfléchir, que pour le moment je ne maîtrise pas l’avenir. Je promets de revenir… Au fond de moi, je ne sais vraiment pas ce que je vais faire… je n’y pense même pas.
Après le procès, il n'y a que le vide, et ce sera dans une éternité.

Un ami de Boris devait m’assister pour effectuer les formalités de police au cas où... Il est introuvable… On appelle les passagers, je dois y aller. Je suis morte de peur.

Boris pleure, il me parle de lui, lui et encore lui… Il me fait pitié. Il dit qu'il n’a pas d’argent. Il ne sait même pas s’il aura suffisamment de carburant pour rentrer à la maison et il ne peut pas en acheter. Je lui donne la totalité des CFA qu’il me reste en pensant qu’il va ainsi pouvoir se consoler en boîte et se payer une fille.
Il va déjà beaucoup mieux. Il repart à la recherche de son ami qui est quelque part dans l’aéroport.

Le policier prend mes papiers, demande mon passeport, je donne le laissez-passer. Il bloque sur la date, regarde le calendrier, lit attentivement tous les documents et au moment où il relève la tête pour poser des questions, il se met au garde-à-vous, son chef est derrière moi. Son chef me donne l’accolade, tend la main pour récupérer mes papiers, le policier tamponne les documents sans rien demander et les rend.

Nous passons la douane, l’ami de Boris répond pour moi que je n’ai rien à déclarer et il me laisse dans la salle d’embarquement. Je viens de franchir une étape très difficile.

Alors que nous attendons je ne sais quoi au bas de l’avion, des cars de police et une Jeep de l’armée arrivent, nous sommes cernés. Ca y est, c’est pour moi : quelqu’un a donné l’alerte ! mais non, nous devons tout simplement reconnaître notre bagage avant qu’il soit embarqué. Il n’y a pas de piège, je reconnais mon bagage comme tout le monde et personne ne vient m’arrêter.

Après un temps interminable, l’avion décolle enfin, je regarde pour la dernière fois les lumières de cette ville qui m’a offert son hospitalité pendant 13 années. Je quitte ce pays grâce auquel j’ai pu donner à mon fils une vie normale, sans coups et sans violences.
Merci cher Pays, merci à tous ces Africains, particulièrement à ceux qui savaient et qui ont compris.
  
 
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23 mai 2006 2 23 /05 /mai /2006 17:33
 
 
 
 

Miguel doit accepter de quitter ce pays où il a trouvé la paix après les violences infligées par son père. 
Il laisse ici son enfance, ses amis et ses chevaux qui ont été vendus quand nous n’avions plus d’argent, mais à qui il rend visite très souvent.
Il vend les poissons qu’il a élevés avec passion, les consoles de jeux qu’il s’est payées et enfin,  la voiture que je lui ai donnée.
Il doit laisser ses trophées sportifs et les photos de concours, treize années de souvenirs qu’il faudra garder uniquement en mémoire.

Il ne peut rien emporter, il faut que Boris croit que nous allons revenir. Boris qui s’inquiète de se trouver seul et qui pourrait empêcher mon départ. Il connaît beaucoup de monde. 
Si je ne me présente pas à ce procès ce n’est même plus la peine que j’essaye un jour de rentrer en France…

Je prépare mon retour point par point. Je ne peux donner de détail sur la façon dont j’ai procédé sans impliquer les nombreuses complicités dont j’ai bénéficié.
Après le quitus des impôts, il me faut une autorisation de sortie signée par le service de l’immigration. Cette autorisation ne devrait être valable que pour le vol précisé sur le laissez-passer. Je parviens à convaincre le Commissaire, en lui disant tout simplement la vérité,  de me donner une autorisation sans limites de temps.

Une entreprise retire un billet d’avion à mon nom pour un vol qui aura lieu trois jours avant le procès. Avec ce billet j’obtiens le laissez-passer du Consulat. Dès que je serais arrivée en france, l’entreprise annulera le billet pour ne pas avoir à le payer.

Mon plan me paraît solide :

- Prendre un autre billet sur une compagnie étrangère qui me fera arriver dans un pays limitrophe une semaine avant le procès.
- A l’arrivée, présenter ma carte d’identité à la police de l’aéroport en prétendant qu’on a volé mon passeport, logiquement je ne devrais pas être signalée puisqu’on m’attend une semaine plus tard.
- Etre reçue et hébergée par une amie pour la nuit,
- Prendre le train pour Paris,
- Loger chez Rosalie où la police ne risque pas de me chercher.
- Donner procuration à Miguel sur mon compte bancaire afin qu’il ne soit pas démuni pendant mon séjour en prison,
- Rencontrer mon avocate pour mettre au point les derniers détails,
- Acheter des vêtements de saison (on est en novembre).
- Me présenter le matin du procès, me constituer prisonnière et être mise en cellule dans le Palais de Justice en attendant l’heure de l’audience.

Après… je ne sais pas…




 
 
 
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22 mai 2006 1 22 /05 /mai /2006 14:34



 
 
 
LE POINT SUR LA SITUATION :

Ce qui est positif :

Mon avocate est assez optimiste. Elle pense que grâce " au " témoignage, ma peine sera assez légère, elle craint cependant une médiatisation de l’affaire qui pourrait entraîner un verdict pour " l’exemple ". 
Mon " ex " ayant souvent fait appel aux médias pour se poser en victime, il pourrait bien les convoquer pour le procès.

Mon fils et moi sommes très proches. Les relations sont inversées : bien que je reste décisionnaire, il est devenu l’élément fort qui me force chaque jour à avancer.

Rosalie m’envoie des lettres très gentilles et m’offre son aide. J’accepte volontiers son hospitalité à mon arrivée en France. Il semble que l’éloignement lui a fait du bien. Je suis très heureuse d’avoir retrouvé ma fille.

Mon cercle d’amis est très soudé, chacun se relaye pour que je ne reste jamais seule.



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Ce qui est négatif
 :

Mon avocat local ne se déplacera pas pour plaider l'affaire. Il dit que sa consœur fera cela mieux que lui. Il m’assure cependant que si les choses tournent mal, il viendra. En fait, il me laisse tomber. Lors de notre première rencontre il était convenu qu’il s’occupait de moi gratuitement à condition que mon affaire soit médiatisée et lui apporte une notoriété supplémentaire.
Mon avocate refuse la médiatisation : il se désiste.

Je suis écœurée par l’égoïsme de Boris qui n’a pas hésité à s’approprier l’argent que j’avais économisé pour acheter nos billets d’avion. Avant de partir, je vais me venger des humiliations endurées tout au long de ces années pendant lesquelles il m’a trompée.
Un soir, je prétexte, comme il l’a fait bien souvent, un rendez-vous de travail, pour rejoindre mon amant.
Quand je rentre, Boris m’attend, il a tout cassé dans la maison, il me frappe et met le canon de la carabine contre ma tempe. Je n’ai pas peur, la vie ou la mort, m’indiffèrent… 
Il me demande de rompre avec mon amant, j’accepte d’autant mieux que c’était notre dernière soirée avant qu’il parte en déplacement.
Une chose est maintenant certaine, quoi qu’il arrive je ne reviendrai jamais vivre avec lui.

Je n’ai plus de nouvelles de ma sœur depuis qu’elle m’a dit en avoir assez de mes histoires. Je vais devoir organiser mon arrivée sans son aide. Ce n’est pas évident, car en 13 ans beaucoup de choses ont changées.



 



 
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19 mai 2006 5 19 /05 /mai /2006 16:21
 
 


 
Au cours de ces derniers mois j’ai reçu des propositions un peu "spéciales". 
Deux personnes pouvaient faire "éliminer" James pour une somme modique. 
J’ai refusé car ma conscience n’aurait pas supporté le poids d’un tel acte.

Une troisième personne pouvait lui faire donner une correction pour qu’il retire sa dernière plainte et qu’il cesse de harceler ma famille. 
J’étais séduite mais connaissant James ,je crains qu’il se venge sur ma famille.

Une quatrième proposition m’est faite par celle qui a été mon amie pendant de longues années mais avec qui je suis en froid depuis qu’elle est entrée dans le jeu de Rosalie. Je ne lui pardonne pas son attitude hostile et sournoise alors qu’elle aurait dû venir tout simplement me parler pour comprendre.
Elle vient me donne son passeport pour que je rentre en France sans me faire arrêter.
Son idée est loin d’être stupide car nous nous ressemblons tellement qu’on nous confond souvent.

Mais je ne veux pas l’impliquer dans une affaire aussi grave. Son geste généreux nous réconcilie et me donne une idée :

- au lieu d’arriver en France, je vais simplement transiter par un pays voisin quelques jours avant le vol par lequel on m’attend,
- à l’arrivée en Europe, je présenterai ma carte d’identité en prétendant que l’on a volé mon passeport. Je ne devrais pas être signalée dans les aéroports puisque je suis attendue à Paris quelques jours plus tard,
- il me suffira d’aller à Paris en train ou en voiture.

Il reste de nombreux détails à régler, le premier (et pas des moindres) étant l’achat d’un deuxième billet d’avion.

Je fais part du plan à mon avocate. 
Elle dit qu'il est possible que je me constitue prisonnière le matin même du procès. Dans ce cas je resterai enfermée quelques heures dans une cellule du Palais de Justice en attendant l'heure du procès.

C’est une solution (bien que très risquée) pour tenter d'éviter de faire de la prison préventive.



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18 mai 2006 4 18 /05 /mai /2006 16:25
 
 
 
Je connais enfin la date du procès. Ce sera le jour de mon anniversaire ! J’essaye d’y voir un bon présage…

Mon avocate me réclame ses d’honoraires qui doivent être entièrement payés AVANT le jugement. Ce n’est pas une surprise. La surprise est que Boris s’achète un 4x4 pourri avec l’argent que j’avais provisionné. Je n’ai plus rien… ni pour l’avocate, ni pour les billets d’avion…
Boris dit qu’il avait besoin de ce véhicule car il continue à aller en brousse pour acheter des légumes qu’il revend à son ancienne société. Il est désolé mais il faudra dire à mon avocate d’attendre.
Il est inutile de demander des délais, les termes de sa dernière lettre sont très clairs : je ne paie pas, elle ne me représente pas.
Je paye mon avocate avec l’argent que j’ai envoyé en France et mon ami me donne de quoi payer les deux billets d’avion.
 
Curieusement, Boris ne me demande pas comment j'ai fait pour trouver l'argent nécessaire. Est-ce par indifférence ou se doute t-il qu'il y a un autre homme ? En tout cas, s'il a un doute, cela l'arrange bien pour le moment.

Je fais une demande de passeport au Consulat. Refusé. On me délivrera un laissez-passer dès que je communiquerai mon n° de vol afin que les autorités françaises puissent m’accueillir à l’arrivée.

M. partira seul par un autre vol, je ne veux pas qu’il assiste à mon arrestation.

Je veux partir le plus tard possible pour limiter mon séjour en prison. Malheureusement, il me faudra arriver au moins huit jours avant la date du procès. En raison des lourdeurs administratives, mon avocate craint qu’il soit impossible sinon que l’on puisse me présenter le jour dit. Cela entraînerait un report d’audience pendant lequel je resterais en détention préventive. Ce report peut être de quinze jours, comme il peut être de trois mois.

Je ne veux pas faire de prison avant…après non plus d’ailleurs, mais là ça ne dépend plus de moi !

 

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15 mai 2006 1 15 /05 /mai /2006 16:09
 

 
 

La peur qui me tenaille sans répit me pousse à vivre intensément, comme un condamné à mort. Je fume, je suis ivre tous les soirs et j’ai deux amants.
Tout le monde sait ce qui m’attend, beaucoup comprennent et très franchement je me moque bien de ceux qui je jettent la pierre.
La date du procès approche, il me reste moins de six mois.

Mon avocate me presse, il lui faut des témoins. Depuis le début je pense aux parents de la petite fille que ma mère gardait. Ils ont peut-être des choses à dire… Ma sœur m’interdit de les citer, elle est certaine qu’ils sont complices avec James.

N’ayant plus rien à perdre, je communique quand même leur nom à mon avocate. Elle les trouve et elle est ravie : la dame va témoigner. Son témoignage aura un poids énorme. Non seulement elle a vu James brutaliser l’enfant quand il venait le chercher mais le petit lui racontait les " choses " qui se passaient chez son père. Mon avocate m’assure que la dame est sincère.

En apprenant que j’ai cité ces gens, ma sœur se met très en colère, dit qu’il ne faut pas les laisser témoigner, que le jour du procès ils témoigneront à charge !


Je n’en crois rien, je retrouve l’espoir d’une peine légère, je cesse de boire exagérément. J’ai trouvé un second emploi à mi-temps. J’économise pour payer mon voyage et celui de Miguel.

Boris a encore perdu son travail. Plus exactement, maintenant qu’il a mis en relations tous les planteurs et la société d’exportation, qu’il a montré tout ce qu’il savait, on l’a remercié…

Mon fils s'est donné beaucoup de mal pour recueillir un grand nombre de témoignages de qualité auprès des amis et connaissances. Curieusement les gens sur lesquels on pense pouvoir compter refusent de témoigner alors que les meilleures attestations émanent de personnes à qui on n’a même pas osé s’adresser.



 

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12 mai 2006 5 12 /05 /mai /2006 13:49
 


 
Après avoir touché le fond du désespoir, je laisse les vêtements couleur muraille, me coiffe, me maquille et " accroche un sourire à ma face ".
Ce message de vie permet aux autres de venir vers moi, de leur donner envie de m’aider. L’aide que je ne trouve pas chez moi, je vais la trouver ailleurs.

Je suis entraînée dans un tourbillon d’invitations. Mme Parks vit seule maintenant et m’invite dès qu’elle voit que ça ne va pas. Nous faisons des soirées entre filles (elle soutient d’autres âmes en peine) le whisky et le champagne coulent à flot.
Nous restons des heures dans la piscine la nuit, avec une coupe de champagne, c’est un vrai bonheur.
Nous ne faisons pas que rire et chahuter, nous parlons beaucoup. La discussion permet de voir les choses sous un autre aspect, la mise en commun des problèmes nous donne du courage.

Je dois me partager entre Mme Parks, les amis qui sont nombreux et mon fils. Je vais en boîte avec lui, je bois beaucoup, beaucoup trop… 

Conscient que je lui échappe, Boris insiste de plus en plus pour que je le rejoigne en brousse. Je n’ai pas envie d’y aller. Je n’aurai plus de travail, plus d’amis, plus personne avec qui parler…si j’y vais, je vais de nouveau sombrer.
Boris a loué une maison et commence à l’installer. Je fais traîner le moment du départ.

Un samedi soir, je suis allée passer le week-end avec lui (il vit dans une villa avec quatre autres collègues) je vois entrer une africaine dont l’activité ne laisse aucun doute qui demande où est monsieur Boris et sans attendre la réponse, entre dans sa chambre et dépose son sac…
Tout le monde s’attend à un scandale mais je reste impassible. Boris la fait sortir. Il dit gêné qu’elle s’est trompée, qu’en fait elle venait en voir un autre, dont la chambre était là à l’origine et qui s’appelait aussi Boris.…

Si je reste si calme c’est parce que depuis quelques jours je suis très attirée par un homme. Toute ma vie j’ai été fidèle, d’abord parce que j’ai toujours préféré l’honnêteté au mensonge mais surtout parce que ma vie est déjà suffisamment compliquée…

Ce que je viens de vivre est un visa pour l’infidélité. J’ai prévenu Boris dès la seconde fois où il m’a transmis une MST. Si je venais à rencontrer un homme qui me plaise, moi non plus je ne résisterais pas à la tentation…

Dans l’attente de mon incarcération, JE VAIS VIVRE !



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11 mai 2006 4 11 /05 /mai /2006 16:23
 

 
 
Pendant ces mois mon " affaire " n’a pas beaucoup progressé. Depuis que mon avocate s’est faite connaître, la machine judiciaire s’est mise lentement en marche.

Le Juge d’Instruction me fait parvenir, par l’intermédiaire du Consulat, une demande de renseignements. Je dois expliquer mon acte. Elle me donne 8 jours pour répondre et bien entendu mes deux avocats (ici et en France ne sont pas joignables).
Innocemment, avec l’aide de Mme Parks, je m’empresse de répondre.

Innocemment - car mes deux avocats sont furieux en l’apprenant. Il fallait dire (comme dans les films) que "je m’expliquerai après avoir pris conseil de mon avocat". Je suis impardonnable car lorsque j’ai rapporté le document, le Consul a tenté de me persuader d’attendre et m’a même proposé d’écrire au juge pour demander un délai. Mais j’avais tellement peur que cela ne se retourne contre moi que je n’ai pas voulu l’écouter.

Ma réponse a beaucoup " plu " à la Juge d’Instruction. Elle ne pouvait espérer mieux pour instruire encore d’avantage contre moi. 
Toute les tentatives de mon avocate pour que la Juge entende les raisons de mon acte ont été vaines. Elle refuse de rencontrer Miguel qui est pourtant le principal intéressé. Elle veut bien m’entendre mais sans garantir que je ressortirai libre de notre entretien. Son intention de me mettre en prison est évidente, je ne veux pas courir ce risque.

Mon avocate ne parle plus de m’épargner la prison mais simplement d’en réduire la durée. Son dossier est vide, je n’ai pas une preuve à fournir des agissements de James.

Boris ne m’apporte aucun soutien. Il est pratiquement tout le temps en brousse. Il rentre le week-end mais reste au lit devant la télé à regarder des cassettes du matin au soir. Il prend même ses repas au lit… Aucune conversation n’est impossible. De toute façon quand je parle du procès, de mes angoisses, il me répond " haricot vert "…

Je pleure, il me console mais ne m'apporte aucun réconfort. J'ai le sentiment que tout cela l'ennuie.


La tristesse, le sentiment d'échec engendré par le comportement de Rosalie, le procès qui approche dont l’issue est fatalement l’emprisonnement, le manque de soutien de Boris me rendent bien fragile.
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10 mai 2006 3 10 /05 /mai /2006 22:51
 
 
Dès le lendemain des épreuves du BAC, " Papa " dépose les sacs de Rosalie dans la cour et part avant même que j’ai pu protester.
Avant qu’elle ne s’installe. Boris met les choses au point. Elle ne fait plus partie de la famille. Nous l’avons pleurée, maintenant c’est fini.
Nous ne l’acceptons que parce qu’elle est dans l’attente de partir chez sa mère. A la moindre agressivité envers qui que ce soit, manigance auprès de nos amis, ou même bouderie, elle retourne vivre chez sa tante.
Elle tente plusieurs petits boulots sans succès. Elle n’est pas fiable dans son travail, les employeurs ne se contentent pas de pleurnicheries.
A la moindre velléité nous lui rappelons nos conventions. Elle continue à se plaindre mais les gens sont moins enclins à la croire. Elle a vingt ans et on commence à la juger. Le billet d’avion tant attendu arrive, la mère a versé la caution sur un compte en France, nous avons refusé de payer.
Elle part joyeuse, pleine d’espoir.
Ses autres Papa et Maman l’accompagnent aussi, leurs adieux sont chaleureux. Ils ont pris notre place.


Elle nous envoie quelques lettres. Elle est déçue, l’appartement de sa mère est tout petit, tout est triste, le temps, les gens… les magasins sont magnifiques mais quand on a pas d’argent ils ne sont que des tentations inutiles.
Elle n’est pas partie depuis deux mois qu’elle nous demande de lui envoyer un billet d’avion pour les vacances de Noël… elle demande comme s’il s’agissait d’un ticket de métro.
Elle sait pourtant que Boris a encore perdu son travail et que le billet coûte une fortune…
Même " Papa et Maman " viennent nous demander la raison pour laquelle nous n’envoyons pas ce billet…
Un long silence suit notre refus. Quand les lettres reprennent, elles ne sont que des plaintes, rien ne va, elle est malheureuse…
Elle rend visite à ma mère qui est en maison de retraite et se plaint tellement que la pauvre femme bouleversée lui donne le peu d’argent qu’elle possède. Soeur n° 3 ordonne à Rosalie de cesser ses visites déprimantes et intéressées.


Maintenant qu’elle est loin, notre plaie se referme doucement.

 

fille adoptive



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Présentation

  • : MA VIE EN PATCHWORK
  • MA VIE EN PATCHWORK
  • : C'est l'histoire d'une vie mouvementée, la mienne avec des joies et des peines. Le poids du silence devenait trop lourd, j'ai souhaité partager mes souvenirs avec d'autres pour qu'ensemble nous apportions des réponses à certaines de mes questions.
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Pour parler ! pour dire enfin ce que tout le monde me conseille de taire.

« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… » s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir. Si vous voulez lire mon histoire, cliquez sur le lien suivant :

 

 


J'ai créé une catégorie supplémentaire :

La médecine et moi 

Une rubrique indépendante dans laquelle je parle de mes relations conflictuelles avec la médecine et de ma façon personnelle de me soigner.


 

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