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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 15:21



Il faut faire vite à cause des jours fériés. Nous avons commandé un sommier (le matelas est posé sur le parquet), un congélateur et divers appareils ménagers indispensables. A peine arrivés, nous déchargeons la voiture et montons le lit que nous avons apporté. Nous avons à peine fini que le livreur apporte le sommier...
Mick vient juste de mettre les prises de courant en place que le congélateur est livré. Tout est comme ça, il faut courir dans les magasins avant la fermeture pour trouver le petit matériel nécessaire. Tous, ferment tôt en raison des fêtes.
Nous avons tout juste le temps d'acheter de quoi faire un repas de Noël. Il sera accompagné de cidre - on est en Bretagne, non ? En fait c'est surtout moins cher que le vin.

Chaque jour nous travaillons jusqu'à épuisement pour mettre les choses en place. Me concernant c'est essentiellement le nettoyage qui m'occupe à plein temps. Pour ne pas sentir la douleur au dos et aux genoux, j'avale des analgésiques à tour de bras.

Kate fait du forcing pour que nous nous rencontrions. Comme je refuse catégoriquement d'aller chez eux, ils viennent le jeudi. Je n'ai pratiquement rien pour préparer un repas et nous n'avons pas les moyens de les inviter au restaurant.
Je fais une poule au riz, cela ne demande pas beaucoup d'attention et je peux la préparer la veille.
Quand ils arrivent (très tard, Miguel croyait que nous étions plus près de chez eux), c'est comme une tornade qui s'abat  sur la maison.
Les enfants, sans dire bonjour, se précipitent sur le canapé avec les chaussures et, comme s'ils se trouvaient sur un trempolling, se battent avec les coussins en hurlant. Alors que je reste quelques secondes ahurie par ce spectacle, des cris me font courir à l'extérieur.
Mon fils, ma belle-fille et mon époux crient tous en même temps. Mon époux tient notre chien bavant de rage sous le bras. Kate et Miguel examinent leur chiot à la recherche d'une morsure.
Notre chien est un « dominant ». Il considère mon fils et sa famille comme sa propriété. Alors qu'il faisait la fête aux arrivants, le chiot est descendu de voiture. Notre Fox, surpris, s'est jeté sur le chiot, heureusement sans le mordre.
Le ton monte entre Mick et Miguel. Tout le monde a eu peur. Les enfants pleurent. On met le chiot  terrorisé dans la cuisine pendant que notre Fox est tenu enfermé.

C'est dans cette ambiance électrique que nous prenons notre repas. Dans la panique j'oublie complètement de finir la sauce sensée accompagner la poule. C'est franchement mauvais, tout est raté...  
J
e suis énervée, épuisée, rien ne va. J'ai envie de pleurer, cette journée est complètement ratée, j'ai  envie qu'ils partent. J'ai hâte de retrouver calme et sérénité.
Nous faisons une petite promenade sur le port. L'air vif me fait du bien.






Quand ils nous quittent, je suis enfin calmée.
Il nous reste encore trois jours pour travailler à notre maison mais cette mauvaise journée nous a fait perdre le bel enthousiasme des jours précédents.

 

 

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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 14:33

 

 

Dès que nous cessons de penser au travail, notre esprit s'envole en Bretagne.

Quelles sont les choses indispensables ? Nous avons acheté l'électroménager de première nécessité. Certaine choses nous seront livrées aux vacances de Noël.
Nous avons besoin de meubles car il n'est pas question de déménager prochainement. Nous pensons prendre notre retraite dans cinq à six ans.

Ebay est tout à fait adapté à notre besoin. En plus, Mick prend beaucoup de plaisir à faire des enchères. La période d'avant fêtes est tout à fait propice à l'achat de meubles. Les gens vendent les vieux meubles pour s'en offrir des neufs ou acheter des cadeaux de Noël. Pour deux cent trente cinq Euros nous achetons une chambre complète. Notre chambre à coucher.

A l'appartement dès que j'ai un moment, je prépare des paquets. Je dois choisir les choses les plus utiles. Ce n'est pas facile. J'emballe des objets, les cale soigneusement dans les boîtes, les sorts pour en mettre d'autres puis, prise de remords je remets les premiers...
Mick est effrayé par la quantité de sacs et de boîtes qui sont dans le couloir, prêts à partir. Il va falloir choisir...

Mon fils insiste pour que nous passions Noël chez lui. Il ne comprend pas que ce que nous désirons le plus au monde c'est ETRE DANS NOTRE MAISON !
Mon refus le fâche mais cela m'est égal ;surtout que passer Noël avec ses beaux parents n'a vraiment rien d'attrayant. Sa belle-mère ne cesse de me rappeler que je n'ai pas souvent mes petits-enfants quand à son beau père, c'est une bombe à retardement. Il semble calme et tout-à coup, sans aucun motif, il se met à insulter et menacer une personne.
Il l'a fait à mon beau-frère le jour du mariage alors que celui-ci ne lui parlait même pas.
Quand il est là il faut peser ses mots, ne jamais faire la moindre allusion à la politique et nous savons bien que notre statut de « patrons » nous expose à sa vindicte.

Nous partons pour 8 jours en Bretagne. La voiture est chargée à mort (le lit et l'armoire, démontés sont sur le toit), le chien voyage sur mes pieds et la caisse de transport du chat est calée entre les sacs.

C'est la famille « Bidochon » qui part en vacances ! Par les vitres on voit des meubles, des gamelles et des fleurs. Nous avons essayé de cacher ce bric-à-brac mais en vain.

Tant pis pour la honte, laissons place à la joie !

 

 


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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 15:35


Une semaine après la signature de l'acte de vente, nous allons au Baptême de notre petite-fille. C'est la première fois que nous allons chez mon fils depuis le déménagement.

Mon fils et ma belle-fille sont très fiers de leur nouveau cadre de vie. Tout est joli, le quartier, la maison et les meubles neufs. Je suis heureuse de les voir si bien.

Miguel a invité des membres de sa famille, de mon ex-belle famille donc. Je m'entends bien avec eux, Mick aussi d'ailleurs. Ce sont des gens cultivés et simples.

Notre petit-fils reste fidèle à lui même. Il marmonne un « bonjour » tout en jouant avec sa Game boy. Il présente sa tête, les yeux rivés sur le jeu. Pour le reste, il nous ignore.

A la fin du repas du soir au cours duquel nous avons beaucoup ri, la marraine de la petite offre une gourmette. J'en ai pourtant offert une en sa présence pour les deux ans de ma petit-fille, quelques mois plus tôt. Elle ne peut l'ignorer puisqu'elle devait la faire graver...  mais elle a sûrement oublié. Je ne veux pas croire à une mauvaise intention de sa part.

Dimanche matin, au petit déjeuner, voyant mon petit-fils seul en bout de table, je m'assois à côté de lui en disant joyeusement « alors mon bonhomme, comment tu vas bien ? » Il répond, le regard tourné à l'opposé de moi « Et pourquoi ce n'est pas mon parrain qui s'assoit à côté de moi ? » Je lui demande « tu veux que je parte ? » Il répond « oui ».
J'ai du mal à refouler mes larmes. Quelque chose en moi vient de se briser.

Quand la famille de Kate arrive, elle investit toute la place. Nous sommes relégués en arrière plan. Ces gens rient et parlent fort... d'argent, de propriétés, de chevaux et autres luxes.
Les femmes exhibent bijoux et visons lançant des regards amusés et dédaigneux autour d'elles pour s'assurer que l'auditoire est bien là.

Dans l'église ils prennent possession des premières places. Nous devrions nous imposer en tant que grands-parents mais nous n'avons aucune envie d'être parmi eux. Alors que nous quittons l'église, ma petite-fille m'aperçoit et se jette dans mes bras. J'avais bien besoin de ce réconfort.

Mon petit-fils me demande de tenir son jeu pendant qu'il met ses gants. Je le fais sans dire un mot.

Le repas est organisé dans une crêperie. Quand nous entrons, des petits fours sont disposés sur les tables. Mon petit-fils se précipite sur celle des enfants et s'empiffre la totalité des petits gâteaux. Ses joues ressemblent à celles d'un hamster, il est rouge, réprime des hauts de cœurs tant sa bouche est pleine. Il soutient mon regard. Il croit que je vais intervenir mais je me détourne, tout simplement.
J'entends les pleurs des autres enfants qui n'ont pas eu de petits gâteaux. Les parents s'étonnent sans rien comprendre et on apporte d'autres gâteaux.
Je suis bien contente d'être placée de dos par rapport à la table des enfants.

Mick et moi faisons un repas très agréable en compagnie de mon ex belle-famille. Tout est délicieux.

Je ne me souviens même pas si j'ai embrassé le gamin quand je suis partie, peut-être ai-je eu droit à ses cheveux, comme d'habitude ?

Le retour, sous une pluie battante, est un véritable cauchemar.




 

 





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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 14:22

 

Je suis heureuse. Tellement heureuse que j'ai peur qu'une chose terrible n'arrive pour mettre fin à ce rêve.
Une maison à moi ! Une des choses que je n'osais même pas imaginer !

- que j'accompagne mon fils au bas de l'autel,

- que je sois grand-mère,

- que je me remarie,

- que nous ayons notre propre entreprise et maintenant notre maison... Rien de tout cela ne me semble réel.

En utilisant la totalité de nos avoirs, nous réunissons la somme nécessaire à l'achat de ce que nous appelons ironiquement « le château ». Il n'est pas question de retarder la date prévue pour la signature. Nous voulons passer la semaine de Noël chez nous. Nous pressons les cédants qui n'ont pas trouvé le temps depuis deux ans que leur Maman est en maison de retraite pour déménager les meubles.

L'agence immobilière menace de tout vider dans la rue et nous proposons - pour les arranger - de garder quelques meubles. En réalité, cela nous arrange beaucoup car nous n'avons pas de meubles et plus d'argent pour en acheter.

Nous sommes prêts à dormir sur un matelas et à manger sur une planche mais si les cédants laissent un lit et une table...

Nous avons une bonne surprise. Ils ont laissé une salle de séjour complète, deux lits sans matelas, une table et des chaises de cuisine ainsi qu'un canapé, les rideaux et un peu de vaisselle. Ce sont de vieux meubles des années 50 mais ils vont faire notre affaire.

 


 



 

En sortant de l'étude du notaire, après avoir trinqué avec les cédants et la directrice d'agence, fous de bonheur nous nous installons chez nous pour y passer la nuit.

On nous livre le matelas que nous avons commandé le matin. Impossible de le mettre sur le sommier qui est trop bombé. Le professionnel nous prévient : si nous posons le matelas dessus « nous allons le casser ». Il en faudrait plus pour gâter notre bonheur ! Nous mettons un drap sur le plancher et posons le matelas dessus.

Nous avons apporté le linge  et les objets nécessaires à cette première nuit.

L'agence a fait mettre l'eau et électricité. Nous avons acheté un four micro-ondes et des plats à réchauffer.

Nous sommes sur un petit nuage. C'est drôle, nous parlons d'un tas de choses, de la vente, de ce qu'il faudra réparer ou aménager, des formalités à accomplir mais même quand le sujet est sérieux, nos yeux continuent à rire. Nous éclatons de rire rien qu'à regarder la tête de l'autre.

On dirait des gamins le jour de Noël.




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14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 16:34

 

 

J'arrive en vacances très déprimée. Je suis épuisée. Depuis plus d'un mois nous avons eu énormément de travail.

Le week-end  Mick et moi exécutons des travaux simples mais fastidieux qui nécessitent beaucoup de temps et d'espace. L'atelier étant vide, nous pouvons occuper les tables qui habituellement sont prises et disposer de l'étuve qui est toujours pleine dans la journée.
A cause de cette étuve, nous partons tard le soir pour attendre que les pièces soient « cuites ».
Comme ce travail ne suffit pas pour répondre à la demande, je rejoins l'équipe dans l'atelier et sérigraphie des capots. Mick aussi fait sa part dès qu'il le peut. C'est difficile, il faut travailler vite avant que l'encre ne sèche sur les écrans et bouche les trous.

Ce qui m'est le plus pénible c'est la manutention : dépelliculer et empiler les 200 capots, les nettoyer et les placer soigneusement un à un sur la table de sérigraphie, appliquer l'écran, passer la racle, ranger le capot sur une claie et quand ils sont secs, les empiler et appliquer la deuxième couleur. Le dépelliculage et le nettoyage en moins, il faut répéter ces opérations pour la troisième et la quatrième couleur... J'ai mal partout ! je souffre du dos jour et nuit. Je ne dis rien, je tiens grâce à des analgésiques. Il faut que le travail soit fait.

Nous pourrions embaucher des intérimaires. Nous avons essayé les années précédentes. Le coût a absorbé en totalité le gain engendré par le travail supplémentaire! De plus, le client commande au jour le jour. Il peut décider de stopper du jour au lendemain et reprendre trois jours plus tard. Nous nous trouvons alors avec un intérimaire qui coûte cher et à qui n'a rien à faire.


Miguel ne me téléphone plus. Quand j'appelle il met rapidement fin à l'entretien. Il est fâché contre moi. Je lui ai dit des choses ignobles alors que pour lui aussi cet éloignement est une épreuve.

Ma rencontre avec Françoise a encore fait baisser mon moral. Même si je ne sais pas encore que cet événement restera sans suite, je n'ai trouvé auprès d'elle ni l'enthousiasme ni la chaleur que j'escomptais.


Je suis en vacances mais rien ne m'intéresse.


Mick propose de prendre des renseignements concernant l'achat d'une maison. Nous avons reconstitué peu à peu les économies que nous avions avant d'acheter l'entreprise. Depuis plusieurs mois nous prospections pour un appartement en région parisienne.
Les prix étaient hors budget. Impossible d'acheter sans faire un emprunt et pour un diabétique et une hypertendue de soixante ans... ce n'était pas gagné !

Les prix dans ce port de pêche de Bretagne sont beaucoup plus abordables. Nous aimons cette petite ville où nous passons nos vacances depuis de nombreuses années.
Nous ne visitons que deux maisons. Nous nous décidons en quelques heures. Il y a de nombreux travaux à faire mais nous n'avons pas les moyens d'acheter une maison neuve.
Il y a un petit jardin. C'est une merveilleuse surprise pour moi. Mick avait toujours dit que jamais il n'aurait de jardin et je m'étais résignée.

Les visites, les formalités, les rêves, la peur d'oublier quelque chose occupent nos deux petites semaines sans nous laisser un instant de repos. Impossible de dormir avec toutes ces pensées qui s'agitent.

 

 


Vers la fin des vacances, n'y tenant plus,  j'appelle Miguel. Je ne lui parle pas de la maison que nous sommes en train d'acheter. D ‘ailleurs je ne parle pas beaucoup, je ne fais que pleurer. Je ne peux supporter qu'il me boude ainsi.
Il comprend que c'est mon grand désarroi qui m'a fait dire des paroles si blessantes. Je lui dit que je l'aime, que j'ai mal de le savoir loin. Comme d'habitude, il proteste : il n'est qu'à trois heures de route !
Il me sert toujours le même discours. Une nouvelle fois j'insiste. Avant en moins d'une heure nous pouvions nous rencontrer, maintenant il faudra quatre heures et autant pour le retour. Ce n'est quand même pas la même chose !
Cette conversation m'a apaisée. Miguel n'est plus fâché. Il a fini par comprendre.

Nous rentrons de vacances sans être reposés mais avec au fond du cœur un sentiment de bonheur. Si tout va bien, nous allons devenir propriétaires.


 

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26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 16:19

 

Le lendemain j'adresse à Françoise un courriel de remerciements auquel je joints les photos de sa maison, d'elle et de sa sœur. Une semaine plus tard, n'ayant pas de réponse, je relance. Aurait-elle des ennuis ? Serait-elle malade ?

Elle attend quelques jours et répond brièvement qu'elle est très occupée...

J'envoie quelques courriels pour prendre de ses nouvelles ainsi que de sa famille. Sa réponse, quand il y en a une c'est « Excuse moi, je n'ai pas le temps, je suis trop occupée...

Je lui souhaite son anniversaire. Là non plus, je n'obtiens aucune réponse. Un mois plus tard, elle n'a toujours pas répondu et s'abstient de souhaiter mon anniversaire alors qu'elle avait noté la date...

Cette fois j'ai compris. Il n'y aura pas de suite à nos retrouvailles.

Un peu avant Noël, je suis contactée par un ancien du village qui m'a trouvée sur Copains d'Avant. Il est de l'âge de Françoise. J'envoie donc l'adresse e-mail de mon contact à Françoise au cas où cela pourrait l'intéresser. J'en profite pour lui dire que j'ai bien compris qu'elle ne souhaitait pas reprendre notre relation mais qu'elle resterai toujours dans mon cœur. Que si un jour elle avait envie de me parler je serai toujours là pour elle.

Elle me fait alors une réponse qui m'a beaucoup étonnée. Elle dit qu'elle n'a encore décidé de rien. Elle doit prendre le temps de réfléchir très sérieusement à la suite qu'elle donnera ou ne donnera pas à notre rencontre.

Elle est désolée de me décevoir mais il faut vraiment qu'elle réfléchisse...

Je ne comprends pas en quoi notre relation est si compliquée. Je ne lui ai quand même pas fait une demande en mariage !

Il est évident que nous ne pouvions pas redevenir amies ainsi du jour au lendemain. Il ne s'agissait que d'une relation qui pouvait évoluer ou non vers un rapprochement plus intime.

Françoise me semble être devenue une personne très compliquée. Je pense en avoir assez fait. Elle dit ne pas avoir fermé la porte, je ne l'ai pas fermée non plus mais je suis décidée à ne plus y toucher.

Les mois ont passé sans qu'elle donne signe de vie. Je ne lui en veux pas. Je serai toujours là pour elle sans rancune et sans rancœur.

Je ne regrette pas cette aventure même si elle n'a pas eu une fin heureuse.

Françoise était un petit morceau de Moi, oublié quelque part comme une pièce du puzzle égarée.

 

 

 

 

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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 16:03


 

Françoise m'emmène chez sa mère qui habite toujours le village de mon enfance.
Je suis submergée par les images de jeunesse. La tête me tourne, les larmes coulent sans que je puisse les retenir.

La sœur de Françoise, Michelle, est là pour quelques jours. Nous avons été amies avant l'adolescence. Les rivalités pour des garçons nous ont séparées. Elle affiche une nette indifférence à mon égard.
Les deux sœurs parlent entre elles sans se préoccuper de moi. La vieille Maman se lève de la sieste. Elle est ravie de me voir. Comme elle est sourde, la conversation est difficile.
L'époux de Michelle et leur plus jeune fille rentrent d'une promenade à bicyclette. Tout le monde m'oublie. La nièce de Françoise qui veut rentrer à Paris demande à sa tante de l'accompagner. Elles semblent très complices.

Après avoir laissé la jeune fille dans le train, nous nous promenons dans un parc. Françoise parle longuement de ses ennuis de santé. Nous prenons une boisson fraîche sur une terrasse. De retour chez elle, nous dînons, Françoise parle de sa fille qui vient d'avoir le bac et qui part à l'université. Elle a trouvé une chambre pour elle et s'occupe de son aménagement dans les plus petits détails. Je trouve étonnant  la façon dont elle assume cette installation dans son intégralité comme si sa fille avait douze ans. Je me garde bien de faire la moindre réflexion.


Je dors très bien. Françoise m'a laissé sa chambre. Je me refuse d'avoir la moindre pensée négative. Je ferai le point plus tard. Au matin nous allons chercher le pain à pied, cela me permet de visiter le village. Je constate que Françoise est très appréciée. Elle est sans cesse arrêtée par les voisins qui prennent de ses nouvelles..


Sa fille et son fiancé font une apparition. Je ne suis pas étonnée de voir que la jeune fille traite très mal sa mère. Elle jette ses affaires de droite et de gauche, exige de l'argent, parle d'un ton très méprisant, bref, se conduit comme une enfant gâtée et mal élevée. Elle repart après avoir mis un désordre sans nom. Françoise range sans se plaindre.
Elle a préparé un bon repas. Nous retournons chez sa mère. Il fait très chaud. Je fais des photos de mon ancienne rue, de la maison où vivait ma grand-mère.
Par politesse, Michelle me pose quelques questions mais il est clair que je ne l'intéresse pas. J'ai hâte de partir. Françoise me raccompagne à la gare et me laisse attendre mon train seule dans le hall. Elle ne vient pas sur le quai comme elle l'a fait hier pour sa nièce.

Je la regarde s'éloigner d'un pas rapide. Elle ne se retourne pas. Je me demande si je la reverrai un jour.

 

 

 

 

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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 13:26


J'ai refusé de convenir d'un signe de reconnaissance pour voir si nous sommes capables de nous reconnaître - dans la négative, nous avons nos portables... A la gare je passe devant elle puis fais demi-tout, elle aussi a le regard braqué sur moi mais elle ne fait pas un geste.

Je demande : « Françoise ? » Elle répond « Oui ». Je m'attendais à de chaudes effusions mais son visage reste fermé. Elle réprime même un mouvement de recul quand je l'embrasse. Je lis dans ses yeux que mon aspect lui déplait.  J'ai vieilli mais ça, elle devait s'y attendre...

Pendant que nous nous dirigeons vers sa voiture, je cherche quelle peut-être la raison de sa froideur. J'ai pourtant pris soin  de m'habiller sobrement, je ne porte pas de bijoux autres qu'une montre et une alliance... il ne reste donc que mon obésité qui puisse la dégoûter ainsi. Françoise a beaucoup changé, en bien. Elle est mince et d'allure sportive. J'aime la coupe très courte de ses cheveux, son jean et son tee-shirt rose décolleté assorti au gilet posé sur les épaules.

Elle m'emmène voir mon ancien lycée. Nous n'avons pas de souvenirs communs dans cette ville. 

C'est beaucoup d'émotions pour moi. Je tremble, j'ai envie de pleurer. Je ne suis pas certaine que mon trouble soit dû à mon retour aux sources, mais plutôt à la sensation que les retrouvailles vont être un fiasco.

Nous mangeons à la terrasse d'un restaurant sur la grand-place de la ville. Comme à Paris, le maire a fait installer « une plage ». C'est  agréable mais bruyant, il est impossible de parler. Après un dernier tour de ville, nous allons chez elle, dans son village.

Je veux qu'elle me raconte sa vie depuis que nous nous sommes quittées. Elle s'est un peu détendue mais les mots ont du mal à sortir. Je l'aide en posant des questions. Elle s'agite, s'énerve, montre des photos pour éviter de répondre. Elle a du mal à respecter la chronologie des faits. J'ai un avantage sur elle : mon blog dont l'écriture m'a permis de hiérarchiser les événements de ma vie. Le récit de Françoise part dans tous les sens, les dates se mêlent et j'ai quelques difficultés à comprendre.

La situation vis à vis de son ex me semble trouble. Elle dit qu'il est parti depuis plusieurs années avec une autre dont il a un enfant mais en même temps elle me montre le courrier qu'elle reçoit chez elle. Elle paye ses factures, pointe sa banque, gère ses impôts... Elle dit avec fierté que son ex lui a donné procuration car sa nouvelle dilapide l'argent. Françoise agit en tutrice des biens du ménage.

J'ai du mal comprendre, je questionne encore.

Acculée, elle tombe le masque. Elle avoue que ce type qui lui a fait un enfant, l'a trompée à de nombreuses reprises, puis finalement quittée, qui a plus ou moins vécu à ses dépends, continue à se servir d'elle. Elle conclut en disant « c'est ça l ‘amour » !

Elle ne semble même pas jalouse des autres femmes. Elle s'inquiète pour lui, le plaint d'avoir une femme qui dépense tout son argent. On croirait entendre une mère parlant de son enfant.

C'est à mon tour d'être déçue. Je dois accepter. Cela ne me regarde pas. Françoise mène sa vie comme elle l'entend. L'essentiel est qu'elle y trouve du bonheur.

Je suppose qu'elle attendait autre chose de moi. Que je la soutienne, que je la conforte dans son attitude.

Dire que je comprends ne lui suffit pas. Elle attendait une adhésion totale.

Elle a soudain honte de s'être montrée à nu devant moi. Elle déteste mon regard étonné. Elle avait presque pardonné mon obésité, elle ne pardonne pas ce qu'elle considère comme une nouvelle trahison.

Il n'est que cinq heures de l'après midi et j'ai le sentiment qu'elle a envie que je parte. Elle dit des banalités, ce que je fais ne l'intéresse plus, elle m'envoie « des piques » du genre « ton histoire n'a rien de surprenant, tout le monde savait que ton ex était cinglé... » .

Comme pour se donner une contenance, elle cherche des photos dans toute la maison. Je m'en fiche des photos de gens que je ne rencontrerai sans doute  jamais.  Les moments de silence sont de plus en plus pesants.

 

 

 

 

 

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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 15:25

 

Dès le lendemain je lui écris longuement. D'abord parce que sous le coup de l'émotion, je me suis trompée en donnant mon adresse e-mail.

Je dis combien j'ai pensé à elle, combien elle m'a manqué, comment j'ai été trahie par de prétendues amies et combien elle est toujours restée chère à mon cœur.

Une semaine plus tard, étonnée de ne pas avoir reçu de réponse, je lui demande si elle a bien reçu mon courriel, j'ai peut-être fait une erreur en notant son adresse...

Elle répond qu‘elle est très occupée, qu'il faut qu'elle trouve un moment pour répondre.

Les jours passent. Au moment où je crois que les choses vont en rester là, je reçois un long courriel. Elle est seule et doit assurer l'entretien et les études de sa fille. Elle travaille à mi-temps chez deux employeurs et doit s'occuper de sa mère qui est très âgée.

Je me résigne donc à attendre ses réponses.

Après quelques échanges très espacés, elle m'annonce qu'elle sera en congés en Août. Nous pourrions en profiter pour nous rencontrer. C'est une bonne idée.

Nous fixons une date.

Je me prépare à cette rencontre comme si j'allais à un rendez-vous amoureux.

 

 

 


 

 

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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 12:45

 

Quand je me présente, Françoise ne paraît pas surprise. Oui, elle se souvient de moi. Elle me demande pourquoi je l'appelle et « pourquoi maintenant ».

Je m'étais préparée à deux situations : 

1)  c'était elle qui avait pris l'initiative de la rupture et dans ce cas elle allait s'en expliquer.

2)  j'avais fait une chose qui l'avait profondément fâchée et je devrais m'en expliquer.

Dans les deux cas, nous avions toutes deux pris de la maturité et ce qui paraissait grave à l'époque l'était beaucoup moins aujourd'hui.

J'avais décidé de repousser le plus possible le moment où il faudrait parler du motif de rupture. Je commençais donc ainsi :


 Je ne me souviens pas de la raison de notre rupture mais je suis persuadée que j'ai fait une grosse erreur...

-  oui, en effet... Tu ne te souviens pas ?

-  non, vraiment pas. J'ai beaucoup cherché et fini par penser que je tu en avais eu assez de mes histoires sentimentales et d'être délaissée au profit de mes petits amis successifs.

Elle répond que ce n'est pas ça, mais que c'est « du passé » maintenant.

Comme je ne la sens pas prête à s'expliquer, je demande ce qu'elle est devenue. Je pose de multiples questions mais elle parle succinctement d'elle en me renvoyant  les questions.

J'en déduis qu'elle veut tout savoir de moi.

Moi aussi je veux tout savoir d'elle. Je n'ai pas envie de m'étendre sur ma vie, d'ailleurs il y a mon blog vers lequel je l'enverrais si cela l'intéresse.

Quand il faut raccrocher, nous échangeons nos adresses e-mail. C'est à ce moment qu'elle me redemande si je ne me souviens vraiment pas de la raison de notre rupture.

Je l'assure que non.

Elle dit qu'un jour elle est venue chez moi et que ma mère lui a dit de ne plus jamais revenir.

Je reste sans voix. Ce n'est pas croyable !

Pourquoi ma mère aurait-elle fait cela ? J'assure Françoise que je n'étais pour rien dans cette initiative et qu'en plus je n'en ai jamais rien su.

Cette révélation gâche toute ma joie.

Se souvient-elle du moment  où cela s'est passé ? Elle dit que c'était peu de temps avant mon mariage. Je crois comprendre ;

Quand je suis tombée enceinte, ma mère a certainement pensé que je risquais de confier mon état à mon amie qui aurait pu, par indiscrétion, en parler dans le village.

Il fallait que ma grossesse reste secrète car en 1969, une « Fille mère » comme on disait, était le déshonneur de sa famille.

Françoise ne se montre pas convaincue. Elle s'est refermée. Elle est redevenue froide et distante. La blessure de son cœur vient de se rouvrir.

Son adieu  est si distant que je doute même que ces retrouvailles aient une suite.

 

 

 


 

 

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Présentation

  • : MA VIE EN PATCHWORK
  • MA VIE EN PATCHWORK
  • : C'est l'histoire d'une vie mouvementée, la mienne avec des joies et des peines. Le poids du silence devenait trop lourd, j'ai souhaité partager mes souvenirs avec d'autres pour qu'ensemble nous apportions des réponses à certaines de mes questions.
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Pourquoi ce blog ?

 
 

Pour parler ! pour dire enfin ce que tout le monde me conseille de taire.

« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… » s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir. Si vous voulez lire mon histoire, cliquez sur le lien suivant :

 

 


J'ai créé une catégorie supplémentaire :

La médecine et moi 

Une rubrique indépendante dans laquelle je parle de mes relations conflictuelles avec la médecine et de ma façon personnelle de me soigner.


 

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