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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 13:18



Depuis un an, nous passons à 40 kilomètres de chez sœur numéro quatre presque une fois par mois, elle le sait mais ne m 'a jamais proposé de nous arrêter...

En juin, elle s'est faite opérer d'un genoux. Comme elle est seule, je lui ai téléphoné régulièrement pendant son hospitalisation et sa rééducation.

Elle a semblé très heureuse de cette attention et c'est elle qui cette fois, parle d'une rencontre prochaine en août. J'accepte  volontiers gardant quand même en mémoire de rendez-vous manqué des vacances 2007. J'avais alors proposé que nous nous arrêtions sur le chemin de nos vacances pour lui dire bonjour - juste une heure, à cause du chat et du chien qui étaient du voyage - mais elle avait refusé car justement ce jour là, elle recevait la marraine de son mari décédé. Elle avait dit de la rappeler pour que nous prenions rendez-vous, mais, vexée, je n'en avais rien fait. De son côté elle n'avait pas pris l'initiative de m'appeler pour nous inviter.

Je note que cette fois encore, elle ne prend pas date. C'est une invitation en l'air.

Début juillet je lui souhaite son anniversaire et de nouveau elle me lance son invitation sans date mais en précisant que nous irons manger au restaurant car elle sera trop fatiguée pour préparer un repas.

Fin juillet, je l'informe que nous passerons à proximité de chez elle le 1er août, que si elle a besoin que nous lui fassions des courses ou que nous l'emmenions quelque part, nous ferons un détour...

Elle s'affole : Non, non, non, ce n'est pas la peine, elle aura de la visite ce jour là et plein de rendrez-vous médicaux... inutile de passer, elle ne sera pas là ! Bing ! Je viens encore de me prendre un râteau ! Elle sent que je suis vexée et dit de l'appeler quand nous serons en vacances car elle tient à nous recevoir.

Le cœur n'y est plus mais vers la fin de notre séjour, je l'appelle. Nouveau recul apeuré, elle ne peut pas nous rencontrer car un de ses fils est là avec ses amis et précise t-elle, il ne veut pas être présent quand je viendrais... elle prend mon numéro de Bretagne, elle appellera dès que son fils sera parti.

Ainsi, mon neveu qui ne me connaît pas, ne veut surtout pas me connaître. Pourquoi ? Je suppose que c'est la conséquence de tout ce qu'il a dû entendre dire sur moi. Je ne suis pas la honte de la famille pour rien...

Les jours passent. Elle n'appelle pas. Enfin, à trois jours de notre départ, elle appelle, dit que le numéro que je lui avais donné était faux et qu'elle a beaucoup cherché avant de l'obtenir ... des renseignements téléphoniques !

Elle demande quand nous pouvons venir mais cette fois c'est moi qui me dérobe. C'est trop tard, nous sommes sur le départ. C'est probablement ce qu'elle espérait car elle semble soulagée. Elle dit que c'est de sa faute, que pour la peine, c'est elle qui viendra chez nous à Noël ; J'accepte.

Elle dit aussi, en pleurant, que l'idée de me revoir après plus de trente ans la bouleverse, que ce sera très dur pour elle... qu'elle redoute ce moment.









Elle téléphone en octobre. Quand j'évoque sa visite de Noël, elle dit que cela tient toujours mais qu'elle attend des nouvelles de ses amis de Bordeaux, s'ils l'invitent, c'est chez eux qu'elle ira... Encore  un râteau ! Heureuse d'apprendre que je peux  éventuellement servir de bouche-trou !

Quelques jours avant mon anniversaire, début novembre, sœur numéro trois m'appelle, elle est contrariée car elle a été contactée par la femme de son filleul (qui est aussi notre neveu) pour participer à une méga fête de famille organisée à l'occasion des 50 ans du dit neveu.

Elle est toute émue car cela fait une éternité qu'ils ne se sont pas vus. Dans la conversation elle laisse échapper que numéro quatre est invitée aussi. Elle répète plusieurs fois que TOUTE la famille sera là. Mon cœur bat très fort, ce pourrait-il que je sois invitée ? Je parle de cette invitation comme si cela ne me touchait pas, espérant qu'il soit fait allusion à ma présence, mais non ! Il semble que l'idée même que je fasse partie de la famille ne l'effleure même pas.

Pendant quelques jours je ne peux m'empêcher de croire que je vais recevoir une invitation. Il n'en est rien.

Le jour de mon anniversaire, sœur numéro quatre appelle, elle se dit très pressée car elle a rendez-vous à l'hôpital. Est-ce pour ne parler ni de la réunion de famille ni de sa venue à Noël ? Car elle aurait aussi bien pu me souhaiter un bon anniversaire APRES son rendez-vous, nous aurions pu ainsi bavarder tranquillement, non ?

Lassée par tous ces louvoiements et ces mensonges, j'attends d'être rentrée à Paris pour lui souhaiter la bonne année évitant ainsi une éventuelle rencontre en Bretagne. Elle dit qu'elle s'est inquiétée de ne pas avoir de mes nouvelles ( ?) qu'elle a essayé de me joindre sur tous les numéros qu 'elle connaissait, sans succès. C'est vrai, j'ai bien trouvé traces de ses appels sur les différents répondeurs.

Quand je demande si elle a passé de joyeuses fêtes  j'apprends non sans un certain plaisir, qu'elle était seule à Noël. Je comprends un peu mieux son soudain intérêt pour moi.

Désolée, sœur numéro quatre, mais je n'ai plus envie de te rencontrer. Cela se fera peut-être ou peut-être pas. De mon côté, je ne ferai plus rien pour cela.

Ma famille (sauf sœur numéro trois) m'a bannie, cela fait trente ans que je n'existe plus.

 


 

 

 

 

 

 



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7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 15:59



Un contrôle fiscal est une réelle épreuve. Bien que n'ayant rien fait d'illégal, je crains d'avoir commis une ou même plusieurs erreurs que le fisc seraient susceptible de pénaliser. Je suis comme une ado à la veille d'un examen, à la différence que ce ne sont pas mes connaissances qui vont être recherchées mais mes erreurs éventuelles.

Si pour moi ce contrôle est particulièrement traumatisant ce n'est pas seulement parce qu'il peut déboucher sur une somme importante à payer, c'est surtout parce qu'un redressement  serait synonyme de faute ce qui me ferait perdre la confiance que mon époux porte en mon travail.

Il est comme cela... Il n'accepte ni l'erreur, ni l'échec !

L'un des grands inconvénients du travail en couple est que les problèmes ne restent pas derrière la porte du bureau. Ils nous accompagnent chez nous et y restent sans respect ni pour le week-end ni pour les vacances. Ils surgissent à tout moment, à table, au super marché, en famille ou chez les amis...

Cette idée me terrorise. 

Ce contrôle devient une idée fixe. Ce qui est terrible, c'est le sentiment d'impuissance. Il n'y a rien à faire : les cartes sont jouées.

Je prépare les documents. Je vis dans un autre monde. Je n'entends plus rien, je ne vois plus rien, plus rien ne m'intéresse...

Enfin, arrive le jour où la contrôleuse sonne à la porte. Son physique est agréable, elle n'est pas agressive, juste professionnelle. Le courant passe entre nous.

Je dis comprendre qu'elle est là pour faire son travail et suis disposée à tout mettre en œuvre pour que les choses se passent bien. Elle apprécie visiblement cet état d'éprit et m'assure qu'elle fera en sorte de ne pas perturber l'activité de l'entreprise et de ne pas faire traîner inutilement le contrôle en longueur.

Les principes étant posés, la pression se relâche sensiblement. Bien entendu, je dois rester sur mes gardes sans me laisser abuser par l'attirance sympathique qui émane de la contrôleuse.

Mon époux, profite de mon apaisement pour m'emmener presque de force passer le week-end en Bretagne avec interdiction de prononcer les mots « contrôle fiscal ».

Le miracle se produit : épuisée par les travaux de jardinage, je parviens à dormir deux nuits complètes. Cela ne m'était pas arrivé depuis plus de quinze jours. Le dimanche matin, au réveil, une pensée s'impose à mon esprit : tout est joué, il n'y a qu'une chose à faire : attendre que la roue de la fortune ou de l'infortune arrête de tourner.

J'ai alors l'impression de sortir d'un long cauchemar et de reprendre une vie normale.

Quelle que soit le résultat du contrôle fiscal, il n'y a qu'une chose à faire : assumer.







Entre la réception de l'avis de contrôle et l'appel téléphonique de la contrôleuse m'annonçant qu'il n'y aurait pas de redressement , il s'est écoulé seulement deux mois, qui m'ont semblés une éternité.

Je craignais tellement de perdre la confiance de mon époux que je n'avais même pas envisagé qu'en cas de non redressement j'allais gagner son estime. C'est ce qui s'est produit. Il est très fier de moi et ne manque jamais l'occasion de vanter ma capacité à bien tenir la partie administrative de l'entreprise.

Je n'aurai jamais pensé qu'un contrôle fiscal pouvait m'apporter un tel bonus...





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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 15:16



Bien décidée à laisser toutes ces tracasseries de côté, je me lance à fond dans la remise en route de l'entreprise. J'en ai à peu près pour une semaine.

Les vacances, gâchées sur le plan émotionnel l'ont été aussi sur le plan financier.

Nous avions remarqué une odeur nauséabonde dans la maison. Avec les pluies du mois d'août, l'odeur était devenue insupportable.

Décidés à faire vider la fosse d'aisance, nous avons contacté les services techniques de la Mairie qui semblaient habilités à faire ce genre de chose. C'est à ce moment que nous avons appris qu'il ne nous restait que quelques mois pour nous raccorder au tout-à-l'égout sous peine de sanctions.

Quand nous avons acheté la maison, le vendeur et l'agent immobilier s'étaient bien gardés de nous en parler.

L'opération n'étant pas budgétisée, nous avons décidé de faire vidanger la fosse, remettant les travaux à plus tard.

Malheureusement, contrairement à nos espérances, l'odeur persistait.

Les travaux ne pouvaient êtres différés. En hiver, portes et fenêtres fermées, nous n'aurions pas supporté.

Nous avons trouvé une entreprise qui pour pas loin de 2 000 euros fera le raccordement en notre absence.

Les ennuis « techniques » théoriquement résolus, il ne manquait plus que la veille du départ, que le volet déroulant de notre chambre reste coincé, impossible à relever.







Les chats ont eux aussi contribué à pourrir nos vacances. Le plus âgé en faisant une occlusion intestinale, la petite chatte recueillie en juillet a faisant une allergie. Dans notre malheur nous avons été ravis de constater que les frais vétérinaire sont nettement moins élevés en Bretagne qu'en Région Parisienne.

J'espérais que cette mauvaise période pendrait fin dès notre retour mais PAS DU TOUT !

Le vendredi matin, alors que je commence à retrouver le moral, que tout est à jour, arrive une lettre recommandée qui m'avise que l'Administration va procéder à un contrôle fiscal de l'entreprise.

C'est le coup d'estocade !

Tout se bouscule dans ma tête. Je n'entends plus rien, je ne vois plus rien... Une seule phrase revient en boucle dans ma tête : J'AI UN CONTROLE FISCAL !




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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 11:32



Je suis heureuse de reprendre le travail. Même si c'est très difficile de laisser la maison de Bretagne, j'ai hâte de ne plus repenser au passage de mon fils. D'autres détails me sont revenus, très douloureux.


Je suis persuadée que Miguel a été à deux doigts de me frapper. C'est effroyable mais je suis certaine de l'avoir lu dans son regard. Je cherche encore à m'expliquer pourquoi il a réagi avec une telle violence.

Depuis que ses parents sont arrivés, notre petite-fille semble nous haïr. Elle ne supporte même plus que nous la regardions. Elle fronce le visage et va se réfugier dans les bras de ses parents... Pas question non plus de lui donner un verre d'eau ou de l'aider à mettre ses chaussures par exemple, elle nous lance un regard haineux et la bouche tordue par la rage hurle  'Non ! pas toi ! c'est Papa ou c'est Maman ! '

Elle n'a rien inventé, tous les enfants font cela, à la différence que là, les parents n'interviennent pas, sans doute flattés de se voir préférés.

C'est dans cette circonstance, la petite vient de me repousser méchamment alors que je voulais l'aider à nouer sa serviette, que je dis tristement à la petite : « tu es vraiment vilaine avec moi... »

Miguel, qui était assis, se lève d'un bond, se place à quelques centimètres de moi et me toisant de toute sa hauteur, le regard fixe, les mâchoires serrées, dit entre ses dents « pourquoi tu dis ça à ma fille ?»

Je bredouille que je suis déçue qu'elle me repousse ainsi alors qu'elle a été si mignonne pendant son séjour...

Pour éviter le conflit, je préfère quitter la pièce avant qu'il ne me réponde.

C'est bien ! La petite vient d'être confortée dans son attitude agressive.








Cela me rappelle un dimanche après midi chez Miguel, il y a de cela deux ans, alors que je montais l'escalier, les bras chargés de paquets, mon petit fils m'avait lancé violemment un coussin en plein visage, pas par jeu, non, simplement comme ça...

Comme son père avait vu la scène, je m'attendais à ce qu'il intervienne. Mais comme il n'en faisait rien, j'avais juste dit à l'enfant, doucement, « tu n'est vraiment pas gentil... ».

Miguel m'avait alors demandé, menaçant  : « Pourquoi tu dis ça ? »

« mais parce qu'il vient de m'envoyer un coussin au travers de la figure... »

Miguel avait répondu : «... et il a raison !  tu n'as pas à lui dire qu'il n'est pas gentil ! ».

J 'avais alors surpris le regard de l'enfant qui arborait un sourire satisfait. Son attitude à notre égard se modifia très rapidement car si j'avais bien compris que mon fils m'interdisait de dire quoi que se soit à l'enfant, l'enfant avait compris que mon mari et moi n'étions pas dignes de respect.

A propos de notre petit-fils, j'avais acheté pour lui un jeu des 7 familles. Alors qu'il s'apprêtait à partir de la maison de Bretagne, je lui présente le jeu. Il demande

« c'est le jeu des 7 familles de quoi ? »

 « des familles de régions Bretonne, les personnages sont très amusants... »

Il ne prend même pas la peine de saisir la boîte que je lui tend, il tourne les talons en disant :

« Je n'en veux pas, j'en ai déjà plein... ».

Pendant ce temps, à l'étage, Kate rassemble les affaires de sa fille, Mick qui l'aide, se prend lui aussi son "rateau". Kate sort le DVD que nous avons acheté à notre petite-fille du sac de jouets : elle ne veut pas l'emporter, « les jouets que vous avez achetés, doivent rester chez vous ».

Il en sera de même du seau,  de la pelle et des petits jouets que la petite à demandés.

« Nos cadeaux, on se les garde ! ».


Mick a réussi à placer le DVD dans le sac de jouets, à l'insu de Kate, bien entendu, quant au seau et à la pelle, nous les avons placés au-dessus de nos poubelles, cela fera  peut-être le bonheur d'enfants moins gâtés !





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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 16:07


 

Les mois passent sans événement exceptionnel. Mick et moi sommes partagés entre l'entreprise et notre maison bretonne. En mai nous y passons onze jours.

Onze jours à travailler dur. Mick m'aide pour les travaux de jardinage. Normalement, c'est mon job mais je ne n'ai la force de tailler les haies et  d'arracher les arbres qui ont envahi notre petit jardin.

Il commence à réparer les « urgences » et  fait la liste de tout ce qu'il fera en août.

Nous travaillons tellement que le soir nous avons toutes les peines du monde à monter l'escalier pour gagner la chambre tant les muscles des jambes nous font mal. Durant ces onze jours, c'est à peine si nous avons le temps d'aller voir la mer. Quand il fait du vent et que la mer est « mauvaise » nous l'entendons de chez nous. C'est merveilleux !

Quand il faut rentrer à Paris, c'est un déchirement. Sur le chemin du retour nous pensons aux travaux qui nous attendent pour « la prochaine fois ».

Le tourbillon du travail ne nous permet pas d'escapade en Bretagne avant les vacances d'août.






Bien que le programme des travaux à réaliser soit très chargé, nous avons accepté de garder notre petite-fille une semaine. Ce qui aurait dû être une joie devient rapidement un problème.

La première difficulté est de trouver une date compatible pour récupérer la petite. Miguel veut tout contrôler, l'heure, le jour, notre disponibilité...

Après maintes discussions allant jusqu'aux pleurs, nous imposons nos conditions. Nous irons chercher la petite le lundi et ils viendront la reprendre le samedi suivant.

Les cinq jours de garde se passent bien. Nous regrettons seulement de ne pas pouvoir nous reposer après deux mois de travail intensifs à l'entreprise.

Nous avons hâte de nous retrouver seuls, au calme. Le samedi matin, nous avons acheté une grande quantité de produits locaux et  attendons sereinement que Miguel,  Kate et notre petit-fils arrivent. J'ai préparé les chambres.


Miguel arrive de mauvaise humeur. C'est encore pire quand j'annonce que nous n'allons pas au restaurant comme cela avait été évoqué avant que Miguel dise qu'ils mangeaient déjà au restaurant à midi. Pensant que cela ferait trop, j'avais préféré faire un repas tranquille à la maison.

Il insiste, Kate insiste. Il est clair qu'ils se moquent bien que nous ayons acheté plein de nourriture.


Tout-à-coup, Miguel décide que la petite doit manger sans plus attendre.

Comment ? il n'y a pas de menu pour elle ? Je comptais lui faire manger quoi ?

Mais tout simplement la même chose que nous...

Miguel et Kate se lancent un regard entendu.

Je prépare vite fait un menu pour l'enfant. Pendant ce temps Miguel fait cuire (en vidant la moitié de mes boîtes de condiments) la trentaine de Bigorneaux que sa fille a rapportés de la plage.

Le repas est un véritable fiasco. Miguel ne mange que les bigorneaux qu'il s'est préparés. Kate refuse les charcuteries car elle en a trop mangé chez « Môman » ce midi.

Miguel dit :  Quoi ? tu n'as rien prévu d'autre que des chips en légumes ? Tu nous reçois avec des chips ?

Il devient tout-à-coup urgent que notre petit-fils mange des crudités. Miguel prépare une demi-tomate qu'il assaisonne de thym et de laurier... le pauvre môme a bien du mal à avaler cette curieuse préparation.

Le Far n 'est pas bon (Môman en fait un délicieux) , le Kuing-aman non plus bien entendu (chez Môman, il est meilleur).

Nous remettons la quasi totalité des denrées au réfrigérateur. Au moins cela va nous éviter de faire des courses pendant une semaine !

Mike et moi avons compris qu'en fait, quand ils sont arrivés, ils n'avaient pas faim. Ils sortaient de table !

Fin juin, ils étaient venus à Paris et avaient fait le même coup. Ils étaient arrivés moins d'une heure après avoir pris un copieux petit-déjeuner dé-li-cieux à l'hôtel où ils dormaient et n'avaient pratiquement pas touché au repas..

Mike et moi allons nous coucher tristement mais non sans avoir subi divers reproches : les escaliers craques, il n'y a pas de penderie, enfin rien ne va...

Nous sommes vraiment désolés si nous ne sommes pas à la hauteur ! Nous nous installons petit à petit avec nos petits moyens,


Le lendemain matin alors que Mick et moi prenons le petit déjeuner, Miguel passe en tenue de jogging avec un « salut » en guise de bonjour.

Les enfants et Kate descendent prendre un petit déjeuner qui n'en finit pas. Alors que tout est débarrassé, Miguel rentre enfin et s'étonne que la table soit desservie. Nous ne savions pas que nous faisions « pension de famille » !

Il ne comprend pas non plus que nous n'ayons pas un assortiment de yaourts et de boissons lactées aux fruits...

Découvrant un pansement sur sa fille, il m'interroge sur son origine.

Je ne sais pas.

Comment ? Tu gardes ma fille et tu ne sais pas comment elle s'est blessée ? Il est atterré.

Kate qui a entendu intervient, c'est normal, cela s'est produit hier en mon absence. C'est elle qui a soigné sa fille.


Enfin, Miguel charge sa voiture. Il est infecte. Nous voulons l'aider, il nous envoie promener.  

Après leur départ j'ai le « bonheur » de trouver 2 kg de crottes de chien bien molles dans le jardin (Miguel est pourtant très stricte :  chez lui, notre chien ne doit pas crotter dans le jardin).

Ce n'est pas tout : tous les jolis coquillages (des spécimens énormes laissés nos prédécesseurs) ont été réduits en bouillie et les galets qui garnissaient l'entrée des dépendances ont servi de projectiles pour faire tomber un ballon perché dans la haie. Je retrouve des galets partout : dans les haies, dans les fleurs, sur le trottoir, il y en a même un sur le toit de notre voiture. Nous avons eu de la chance qu'aucune vitre ne soit cassée.


C'est le genre de visite qui laisse un goût amer et qui vous conforte dans l'idée que vous êtes mieux seuls.




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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 12:45


Depuis le mois d'août -date à laquelle elle n'a pas « pu » me recevoir, même pas juste le temps de se dire bonjour, sœur n°4 ne m'a parlé qu'une seule fois, en novembre, pour me souhaiter un bon anniversaire.

J'ai décidé de ne pas la forcer, je n'espère rien d'elle.

Je suis donc étonnée qu'elle me souhaite une bonne année. Nous échangeons des banalités. Elle a appris par sœur n°3 que j'avais une maison en Bretagne et elle s'en réjouis.

D'apprendre que nous passons à 20 km de chez elle ne l'incite pas pour autant à nous inviter à lui rendre visite. Je ne demande rien non plus.

Sœur n°3 est hospitalisée pour une intervention sérieuse. Elle me téléphone de l'hôpital puis me laisse sans nouvelle. Folle d'inquiétude, au bout de deux jours j'appelle chez elle. Elle est là, car la personne qui devait veiller sur son mari n'a pas entendu qu'il avait un malaise, il est tombé et resté au sol plusieurs heures. Ma sœur, appelée d'urgence a quitté l'hôpital pour mettre son mari en sécurité.

Elle est complètement accablée, sans solution. Je lui conseille de téléphoner aux maisons de retraite qui pratiquent de courts hébergements pour permettre au conjoint ou à la famille de s'absenter ou de se faire soigner.

Trois jours plus tard, ma sœur m'appelle de l'hôpital où elle est de nouveau rentrée après avoir placé son mari dans une maison de retraite médicalisée. Elle me remercie et m'annonce que son mari va me tenir au courant du résultat de l'opération.

Deux jours passent. Rien ! Pas de nouvelles ! J'appelle mon beau-frère qui commence par me demander d'un ton agressif comment j'ai eu son numéro puis dit qu'il a bien pensé à tenir sœur n°4 informée mais qu'il n'a   pas   du   tout   pensé à moi !

C'est toujours agréable à entendre...

Je suis bien stupide de m'inquiéter de personnes pour qui je ne compte pas vraiment.





Quelques jours plus tard, n°4 m'appelle. Pour la première fois elle se laisse aller aux confidences. J'ai bien fait de jouer l'indifférence.

Elle me parle de ses enfants et petits enfants, elle dit que c'est plus facile avec moi qu'avec n°3 qui, sans enfant, « ne peut pas comprendre ».

Je devrais me réjouire de ce rapprochement mais au travers de nos conversations jaillissent  des révélations qui contredisent ce que n°3 m'a fait croire pendant des années.

Je me pose toujours la même question : « pourquoi n°3 a toujours prétendu avoir rompu toute relation avec n°4 alors qu'elles se fréquentaient assidûment » ?  Je ne trouve pas de réponse et je me sens... trompée.

En fait je suis jalouse. N°3 m'a toujours fait croire qu'elle entretenait avec moi une relation particulière alors qu'il n'en était rien. Je découvre que n°4 sait tout de moi jusqu'au plus petit détail alors que l'inverse n'est pas. J'ai été tenue à l'écart de tout.

Je dois me retenir pour ne pas crier à la trahison sous peine de perdre les deux sœurs qui me restent.

Plus le temps passe et plus le doute s'insinue en moi... Qu'en est-il de mes deux autres sœurs qui d'après n°3 ne veulent plus entendre parler de moi ? Se voient-elles en cachette ? 

N°3 n'a jamais été capable de me donner la raison pour laquelle elles ne voudraient plus me voir. Je n'ai jamais compris quel pouvait-être leur motif. Je vais devoir attendre que n°4 le dise mais il me faudra ruser car dès que je pose une question directe elle change de sujet. Le terrain est miné, je dois être patiente bien que ce ne soit pas dans ma nature.


 

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  • : C'est l'histoire d'une vie mouvementée, la mienne avec des joies et des peines. Le poids du silence devenait trop lourd, j'ai souhaité partager mes souvenirs avec d'autres pour qu'ensemble nous apportions des réponses à certaines de mes questions.
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« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… » s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir. Si vous voulez lire mon histoire, cliquez sur le lien suivant :

 

 


J'ai créé une catégorie supplémentaire :

La médecine et moi 

Une rubrique indépendante dans laquelle je parle de mes relations conflictuelles avec la médecine et de ma façon personnelle de me soigner.


 

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