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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 16:45


 

J’ai oublié une chose importante, fin septembre, notre meilleur employé, Manu, a démissionné.

Nous pouvions comprendre sa décision. Personne à sa place, n‘aurait hésité devant l’opportunité d’un poste en Mairie qui lui était offert et sa position aléatoire dans notre entreprise. L’entreprise était en passe d’être vendue et il était humilié d’être cédé comme un meuble. D’autre part, si la vente ne se faisait pas rapidement, compte tenu des difficultés financières, il irait bientôt pointer au chômage.

 

Nous comprenions bien, même si cette démission était une catastrophe.

Comment faire pour assurer les commandes avec seulement un employé qui contrairement à Manu, n’était pas polyvalent ? Il faudrait du temps pour former une autre personne, très longtemps pour qu’elle égale un Manu !

Ce départ imprévu compromettait gravement la vente car Manu était la mémoire de l’entreprise et une grande partie de son savoir faire.

Pourtant, malgré notre tristesse et les soucis que cela engendrait, la séparation aurait pû se faire dans les meilleures conditions.

 

Ce qui nous a encore plus surpris que la démission, c’est le revirement soudain de cet homme. En sept ans nous nous étions attachés à lui, nous lui avions accordé toute notre confiance.

 

A l’instant même où il a annoncé sa démission, son attitude changea. Tout dans son attitude exprimait la haine. Malgré cela,  Mick essaya de le retenir au moins un mois de plus pour assurer une passation de service correcte mais Manu lui tourna le dos en ricanant avec mépris. 

J’étais moins surprise que mon époux car j’avais senti un changement d’attitude depuis la reprise de septembre. Manu affichait  un désintérêt certain pour l’entreprise et j’avais surpris des sourires mal à propos.

 

Le jour même de sa démission, il se mit à chanter à tue-tête dans l’atelier, des bribes de chansons qui lui permettaient de nous crier ses sentiments. Il s’attendait sans doute à une réaction, il n’y en eut pas ce qui eut pour effet d’augmenter sa colère.

Il était devenu agressif, hargneux, méprisant, montant l’autre employé contre nous, essayant de le persuader de partir afin que nous nous trouvions sans personnel.

 

Nous avions un mois pour trouver un remplaçant en tenant compte du fait qu’il ne faisait pratiquement plus rien et que nous craignions un sabotage.

 

La personne que nous avons sélectionnée était loin de convenir mais nous n’avions pas le choix. Manu devait lui faire une formation et les jours filaient rapidement.

Le « nouveau » devait apprendre à faire de la gravure numérique alors qu’il ne connaissait que la gravure mécanique et n’avait pratiquement jamais utilisé d’ordinateur ! Il faut ajouter à cela que Manu faisait tout pour le décourager conseillant vivement d’aller ailleurs, disant que nous étions des arnaqueurs et que la société, au bord du gouffre, ne tiendrait pas trois mois.

 

Manu profita de son temps de préavis pour alerter nos clients contre nous. Sans lui, l’entreprise était finie, nous étions au bord du gouffre, les clients devaient faire vite pour trouver un autre fournisseur…

 

Bien entendu, les clients, voulant être rassurés, s’empressaient de nous téléphoner. 

 

Malheureusement pour Manu et heureusement pour nous, ces manœuvres destructrices n’eurent aucun effet sur les commandes.

Le seul effet, bien réel cette fois, c’est que Mick et moi avons beaucoup souffert. Même encore aujourd’hui, quand nous évoquons Manu c’est avec beaucoup d’amertume.

 

Un tel échec humain me fait comprendre le comportement impersonnel de mes chefs d’antan. Il est probable qu’ils aient connu pareille mésaventure et qu’ils se soient forgé une armure en conséquence.

 

 

 

 

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 Mimosas en fleurs au Guilvinec

 


   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Camomille - dans 2009
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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 16:20


 

Les résultats de l’entreprise pour 2008 montrent un très net fléchissement en fin d’année. Le premier semestre 2009 est très calme. Aidée du comptable, je décide Mick à vendre l’entreprise pour profiter du fait que le dernier bilan (200) est positif.

 

La crise venant s’ajouter au désintérêt de Mick pour le travail font que la probabilité de survie de l’entreprise est tout au plus de deux ans. Je suis fatiguée de me démener pour trouver des clients que mon époux refuse même de rappeler et quand il le fait,  il me faut réclamer encore et encore pour qu’il me donne les prix afin que je rédige une offre commerciale…

Je me croirais face à un enfant qui refuse de faire ses devoirs !

 

Je passe les premières annonces en juin 2009. On dit que la vente d’une entreprise dure quatre à cinq ans. C’est long, je me demande comment je vais trouver l’énergie pour tenir et je doute fort que nous puissions survivre tout ce temps.

 

Quelques repreneurs se font connaître. Cela me donne du courage mais il est clair que mon époux n’est pas prêt à vendre. Il ne veut plus travailler mais il ne veut pas encore vendre… Cette entreprise est son « bébé » ! Il l’a montée de toute pièce, c’est SA création ! C’est l’aboutissement de sa carrière !

La situation est dangereuse, nous risquons de tout perdre, s’il n’y a plus de chiffre, il faudra faire une cessation d’activité. On ne vendra rien du tout, on remboursera la banque, on paiera les impôts, les charges sociales, les employés et les fournisseurs et  ce sera fini !

 

Quelques jours avant la fermeture du mois d’août un contact sérieux se présente. Pour lui nous retardons notre départ en Bretagne. La rencontre est très satisfaisante, tout est parfait sauf qu’il ne connaît rien au marquage industriel… Mick n’y connaissait pas grand chose non plus, alors pourquoi pas…

 

Les vacances permettent à Mick d’accepter de vendre. Enfin il concrétise le fait mais il veut encore trop imposer sa manière de faire à son successeur.

 

 

 

 

100_3937.JPG

 

Un voilier composé de fleurs

 

 


 

Au retour des congés, les rencontres avec le repreneur se multiplient mais certains détails me chiffonnent : 

Il habite dans la banlieue de Paris opposée, son temps de parcours est long car très encombré.

Son épouse refuse catégoriquement de déménager.

Quand nous sommes en rendez-vous, son épouse l’appelle systématiquement pour lui dire de rentrer.

Il ne répond jamais à nos questions, il se retranche toujours derrière son beau-frère ou un ami expert comptable et avocat.

 

Je lui ai remis un certain nombre de documents, ce qui est normal mais il demande à venir passer 15 jours à plein temps avec nous, rencontrer les clients et notre banquier.

 

Ma petite sonnette d’alarme intérieure retentit ! Ce Monsieur a t-il vraiment l’intention de nous racheter ? N’est-il pas entrain de s’inspirer de nous pour s’installer comme concurrent à proximité de chez lui !

 

Nous stoppons tout. Il est temps de signer un compromis de vente afin de nous garantir au moins une indemnisation en cas de désistement. Le Monsieur n’est pas content, il part fâché.

Quelques jours plus tard nous recevons une proposition de compromis nous imposant de mettre toute l’entreprise en conformité (machines, ventilation, évacuation des eaux usées) assortie d’une obligation d’assistance bénévole pour mon mari et moi pendant six mois.

Suite à notre refus des conditions, le Monsieur ne donne plus signe de vie. 

 

 

 

 

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Published by Camomille - dans 2009
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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 13:21


Depuis qu’il est venu chez nous en Bretagne pour rechercher sa fille, nos rapports sont tendus. Ses appels téléphoniques s’espacent. Comme je suis très occupée par mon contrôle fiscal, je n’ai pas le temps de bavarder avec lui et encore moins lnvie de m’étendre sur la progression du contrôle.

Il a créé une entreprise de rénovation et d’aménagements intérieur. En septembre, comme il fait des travaux sur Paris, il nous rend visite. Tout se passe bien, les choses se passent toujours bien quand il est seul. 

Il faut savoir qu’en présence des enfants il est IMPOSSIBLE d’échanger deux phrases de suite sans être interrompu par des «  fais pas ci ! fais pas ça ! laisse ça ! Arrête ! » adressés aux enfants par Miguel ou par Kate.

Quand les enfants ne font pas de bêtises, les chères têtes blondes interrompent les conversations à tout instant en exigeant l’attention des adultes sur des considérations primordiales telles que le fait qu’un petit bonhomme Playmobil ait ou non un chapeau par exemple…

Pour mon fils et son épouse, répondre au moindre balbutiement d’un de leurs enfants est une priorité absolue. Quelque soit le sujet, quelque soit son importance, la conversation entre adultes est interrompue immédiatement. On peut ainsi recommencer une conversation interrompue quatre ou cinq fois sans jamais obtenir un minimum d’attention.

Que fait-on dans ce cas là ? On abrège et on se tait. On en arrive à ne plus parler de rien. On se tait et on s’ennuie en réprimant une envie folle de partir…

 

 

 

 

Lors de son passage à Paris, Miguel nous a invité à l ‘anniversaire de son épouse qui aura lieu en juillet 2009. Nous avons refusé : aucune envie de faire de la « figuration » derrière « ces dames » tout en bijoux et manteaux de fourrure comme au baptême de la petite.

Début décembre, Kate est licenciée pour raison économique. C’est un très gros coup pour eux. Miguel ne gagne pratiquement rien et le couple doit rembourser l’emprunt pour son matériel de chantier en plus des emprunts pour la maison et pour la voiture. Ils sont abattus quelques jours mais très rapidement retrouvent leur assurance. 

Comme nous passons la période des fêtes de Noël en Bretagne, Miguel annonce qu’ils vont venir nous voir et… je refuse. Oui, je refuse ! Je dis aussi pourquoi. Je ne veux pas revivre la même chose qu’en août : la mauvaise humeur, l’énervement, le sentiment de gêner dans ma propre maison, d’être mauvaise en tout, d’avoir tout raté, d’être à côté de la plaque en toutes circonstances…

Miguel est triste et déçu, je m’y attendais, ça me fait mal. Le lendemain, il demande des précisions car il ne comprend pas ce que je lui reproche. Son épouse lui a confirmé le sentiment que « tout c’est bien passé en août »… 

Non, désolée : les choses se sont mal passées et je ne souhaite ni les recevoir, ni leur rendre visite pour le moment.

Quelques jours avant Noël, Miguel apprend que Boris est décédé. C’est un choc, il le considérait comme son père – Boris l’a élevé pendant 13 ans, c’est grâce à lui qu’il a pu échapper aux violences infligées par son père biologique, c’est aussi grâce à lui qu’il a vécu une jeunesse hors du commun en Afrique.

Lors de l’enterrement où je ne suis pas allée, Miguel a revu Rosalie (la fille que j’ai recueillie et élevée en Afrique) qu’il considère comme sa soeur, d’ailleurs c’est elle qui l’a prévenu du décès de Boris. Ils n’ont échangé que quelques mots après 15 ans de silence. Elle ne souhaite visiblement pas renouer de contacts. 








 

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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 15:44


Au soir de mon anniversaire, un courriel me surprend beaucoup. Par l'intermédiaire d'un site de retrouvailles, je suis avertie qu'une certaine Marielle souhaite entrer en contact avec moi. Si je reconnais cette Marielle, il me suffit de payer une cotisation  pour avoir ses coordonnées.

Oui, je la reconnais, je la reconnais même très bien  Lire ici l'article. La colère se ravive en moi. Quel toupet de vouloir me parler !

Je réfléchis un moment puis décide de cocher la case, reconnaissant que Marielle est bien une ancienne relation. Je ne veux pas payer de cotisation, surtout que ce que j'ai à lui dire tient en quelques mots : tu m 'as trahie quand j'avais besoin de toi, tu ne m'intéresse plus...

Dès le lendemain, elle m'envoie un message plein de points d'exclamation sensés exprimer sa joie.  Elle a donc payé sans tarder pour entrer en contact avec moi. Elle va être très déçue.

Au moment de lui répondre vertement, je ne trouve pas le courage de l'envoyer promener comme je me l'étais pourtant juré. Ma vieille colère me semble tout-à-coup ridicule. Une simple explication devrait suffire. Elle avait peut-être un motif pour refuser son témoignage, elle a peut-être eu peur des représailles, comme tant d'autres ?

Je décide que cela peut attendre et le dialogue s'établit. Je reste sur la défensive. Je suis ainsi, tant que j'ai quelque chose sur le cœur, je reste crispée.

Nos relations sont malgré tout très fortes, très intimes comme elles l'étaient sans doute quand nous fréquentions le même lycée.






J'attends ses messages avec impatience. Il faut absolument crever l'abcès, je ne supporte plus d'avoir cela sur le cœur. C'est alors que je prépare mes arguments que je me pose (enfin) les vraies questions :

Qu'a t-elle fait  au juste ?

Elle a refusé de témoigner... mais de témoigner de quoi, puisqu'elle ne nous fréquentait pas ?

Son témoignage aurait-il changé quoi que se soit à mon destin ? Bien sur que non. Ce n'est pas parce qu'elle aurait déclaré que j'étais malheureuse que mon mari aurait été jeté en prison à vie...

Je me demande bien pourquoi j'ai gardé une telle rancune pendant toutes ces années.


La seule chose que je puisse reprocher à Marielle c'est de ne pas m'avoir soutenue par sa présence et son amitié. A sa décharge, je comprends que pour une jeune fille de 22 ans ce n'était pas une chose aisée. Je conçois très bien qu'elle se soit sentie effrayée et pas assez forte pour répondre à mon attente.


Je ne lui en veux plus du tout, je ne veux même plus aborder ce sujet. J'ai honte de ne pas avoir analysé plus tôt mon sentiment de façon sereine. Je suis vraiment heureuse qu'elle m'ait retrouvée, cela en valait la peine.

Je viens de lui donner l'adresse de ce blog et j'attends avec inquiétude sa réaction à l'article qui la concerne. J'aurai pu le supprimer mais cela aurait été lui mentir. J'espère qu'elle comprendra que si je lui ai consacré ces deux articles c'est que son amitié compte beaucoup pour moi...


 

 

 

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  • : C'est l'histoire d'une vie mouvementée, la mienne avec des joies et des peines. Le poids du silence devenait trop lourd, j'ai souhaité partager mes souvenirs avec d'autres pour qu'ensemble nous apportions des réponses à certaines de mes questions.
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Pour parler ! pour dire enfin ce que tout le monde me conseille de taire.

« c’est du passé, tout cela, il faut tourner la page, regarder vers l’avenir, etc… » s’il suffisait de dire « c’est fini », je l’aurais fait. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Parler fait du bien. Rencontrer d’autres personnes qui souffrent aide à guérir. Si vous voulez lire mon histoire, cliquez sur le lien suivant :

 

 


J'ai créé une catégorie supplémentaire :

La médecine et moi 

Une rubrique indépendante dans laquelle je parle de mes relations conflictuelles avec la médecine et de ma façon personnelle de me soigner.


 

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